22.04.2008
ou : je déteste le "ou"
Mais qu’est-ce que je n’aime pas avoir à faire des choix… Combien je les plains celles qui vont hésiter pendant des semaines entre deux robes, deux jeans, deux papiers peints, prendre douze avis et hésiter encore avant de se fier aux dire de la vendeuse… Qu’est-ce que leur vie doit être difficile à ces filles-là…
C’est que ces derniers jours je n’ai pas eu d’autres choix que celui d’avoir à faire un choix… Moi qui suis du genre à me fier à mon instinct et agir sur une impulsion, il m’a fallu cogiter des heures durant et consulter mon jules, mes cops et ma maman et mon papa, avant de prendre une décision qui allait m’engager pour quelques mois, plus peut-être… Pour un peu j’aurais presque demandé son avis à madame Irma… La boule au ventre, j’avais… 60 856 cigarettes, quelques verres de vin, deux tartares avec leurs petites pommes de terre, et une plaque de chocolat, plus tard, j’ai décidé de me fier à mon instinct…
Ça valait la peine tiens de cogiter comme ça et tourner en boucle sur à droite, à gauche c’est quel côté la plage… Et c’est comme ça que j’en suis arrivée à me dire que tant que la vie n’est pas fournie avec un itinéraire Mappy, j’avais beaucoup de chance d’être comme ça, dans l’instinct, un peu fataliste face aux évènement, le genre à penser que que sera sera…
17.04.2008
Millenium
A quoi ça tient exactement un succès littéraire… Qu’est-ce qu’ils ont de si particulier ces livres phénomènes que tout le monde lit, même et surtout ceux qui n’aiment pas lire… Une histoire bien menée, une intrigue palpitante, des personnages attachants... Mais Millenium contredit toutes mes idées sur le sujet… Moi qui avais retardé le moment de commencer ce livre de peur de ne plus pouvoir le lâcher, j’ai tenu très facilement mes cinq pages le soir avant de m’endormir, puisqu'il m’aura fallu arriver à la page 100 du tome 1 pour commencer à me poser pour une énième fois le problème du sac trop petit et amener avec moi Millenium en ballade dans Paris parce que quand même oui j’avais envie de savoir ce qui était arrivé à Harriet Vanger… Mais jusque là, je m’en foutais un peu de super Blomkvitz et Lizbeth Salander… Un journaliste donneur de leçon qui a salopé un vrai sujet, et une hackeuse complètement cracra, pas facile de s’attacher à ces deux ours-là… Alors j’ai quand même continué pour les raisons évoqués en début de paragraphe, à quoi ça tient un succès littéraire…
Et puis petit à petit, presque à mon insu, je suis rentrée dans Millenium… Parce que Stieg Larson a défaut d’avoir la plume fluide, délicate, musicale est un très bon conteur, un de ceux qui vous laisse avec la satisfaction d’être un lecteur très intelligent puisqu’en gros un lecteur un minimum attentif devinera avec une bonne centaine de pages d’avance une révélation clé, parce qu’au fond on s’en fout un peu ici de l’intrigue ce qui importe c’est la façon dont l’histoire est racontée et Larson est l’un de ces auteurs sans concession presque aussi chiant que son journaliste de héros, presque aussi asocial que sa hackeuse…
Et puis soudain tome 2 p 221, il s’est passé un truc, un de ces retournements de situation que pour le coup, je n’avais vraiment pas prévu et là ça y est c’est comme ça que l’on prend du retard dans tous ces projets, que l’on trimballe sa vie avec une super mauvaise conscience, comment ça finit, comment ça finit, plus le temps de rien sinon de finir Millenium… Là au moment où je vous écris j’ai l’affreuse impression de perdre mon temps, je devrais être en train de lire et c’est tout…
J’ai bien vu que le mignon Bob Dylan de la Nouvelle Star s’était fait éliminé, que cette minaudeuse de Lucille et cette brailleuse d'Amandine qui avaient respectivement choisi de massacrer Piaf et Brel sont restées mais pour être parfaitement honnête je ne peux me prononcer là-dessus je n’ai écouté leur prestation que d’une oreille très distraite… Même Amy Winehouse et Karl Lagerfeld n’ont pas su me ramener à la télé, et pourtant Amy c’est tout ce que j’aime, mais moi je n’étais pas tranquille tant que je savais que Zalachensko était laissé sans surveillance dans la chambre à côté…
12:25 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille
15.04.2008
Elle et moi...
Mon buraliste s’il était un tantinet sensible à l’esthétique d’une chemise, d’une veste ou d’un jean serait très sceptique quant au contenu de certains magazines, comment une fille si mal attifée peut se jeter sur Elle le lundi dès potron minet et ne sembler n’avoir rien retenu de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas… C’est que mon buraliste connaît tout des pyjamas que je n’ai pas, il connaît tout de mes fringues roulées en boule dans la corbeille du linge sale, enfilée à la va vite sur la nuisette qu’il faut cacher… J’ai un peu honte quand même car si en traversant la rue, je me faisais renverser par une voiture quelle souillon transporterait-on à l’hôpital… Pas un lundi matin où je ne traverse la rue sans me faire cette réflexion, si cela devait arriver j’espère au moins que ce ne sera pas Georges Clooney le médecin de garde aux urgences, et si c’était le cas, il faudra bien qu’il comprenne que le lundi matin moi je feuillette Elle en sirotant mon thé, et que je prends mon thé avant de prendre ma douche, et que le lundi matin, je finis toujours par être en retard, c’est pleins de photos et de très courts textes les pages Elle info hebdo, et je préfère les lire avant de m’habiller c’est comme ça, c’est un rituel et un rituel on n’y coupe pas.
Après je file à la salle de bain car ça y est je suis déjà en retard, je prends ma douche et j’ai déjà quelques idées de comment je vais m’habiller : je lis Elle. Je glisse le portable dans le sac, les cigarettes, le briquet, la carte orange, je peste contre mon speedy joliment patiné vintage mais décidément trop petit* et mon Elle sous le bras, je file dans le métro…
Comme je suis déjà très en retard, l’heure de pointe est déjà passée alors je peux m’asseoir tout de suite et commencer mon Elle à l’envers d’abord pour lire mes trois horoscopes parce qu’il faut bien que je me tienne un peu au courant de ce que la semaine me réserve sur un plan personnel à moi n°5, lune en vierge, soleil en poisson. Et hop come back vers les pages du début, je repasse à la va vite les pages hebdo, les pages culture, etc… Je cherche Fonelle, parce que ça me contrarie d’être en retard mais il faut bien qu’il y ait au moins une personne qui sourit dans cette rame, c’est important, il faut que ce soit joli… ça y est j’ai ri alors comme je ne suis pas qu’une fille futile, je repars tout au début pour lire l’édito, avant de feuilleter page après page et m’arrêter ici ou là parce qu’un titre ou une photo aura retenu mon attention, parce que j’aime bien le regard sur la vie du docteur Aga, etc…
C’est pourquoi lorsque Catherine Nivez m’a proposé de participer à un petit raout de blogueuses au siège de Elle parce que Valérie Toranian voulait nous présenter Very Elle le nouveau bébé de la rédaction**, évidemment j’ai tout de suite dit oui trop curieuse de découvrir la rédaction, de voir « en vraie ».
Sophie Fontanel dans sa note d’aujourd’hui dit qu’elle nous a trouvé très timide, mais tu m’étonnes Fonelle, je suis venue comme à un premier rendez-vous moi, le genre de premier rendez-vous comme on en vit qu’à l’adolescence avec Dimitri qui est en seconde B, qui est très beau et fait l’objet depuis des mois et à son insu d’une enquête personnelle très poussée, le genre d’enquête qui ferait passer Lizbeth Salander pour un amateur… Alors évidemment comme avec Dimitri dont je sais tout de la vie et que j’ai rencontré finalement à l’anniversaire d’Aurélie qui est en seconde B aussi, moi je suis restée avec mes copines, pourquoi ?
* Recherche désespérément speedy vuitton 30 ou 35 vintage /patiné, si vous souhaitez vendre le votre...
* En kiosque et en ligne à partir du 17 avril, Very Elle est un bi-mensuel haut de gamme qui s’intéresse aux héroïnes quand Elle s’intéresse aux femmes, ceux qui connaissent ma fascination pour les muses et les égéries se doutent déjà que je vais acheter ce premier numéro… On y retrouve les journalistes de la rédaction et des photographes comme Kate Barry à qui la rédaction a laissé carte blanche pour mettre en scène leur héroïne, ou encore Martin Parr que j’adore à qui le Alix Girod de l’Ain a demandé de photographier une table à repasser, c’est ce que j’aime bien chez Martin Parr c’est qu’on peut lui demander des trucs comme ça !
15:12 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille
11.04.2008
J'ai pris une veste...
Un manteau léopard, un blazer bleu marine, un petit blouson en cuir de motarde mais chic, une veste de smoking, et aujourd’hui un loup… Je préfère ne plus tenir le compte du nombre de vestes que j’ai acheté ces derniers mois, c’est indécent et je crois que j’en oublie…
Il y a eu une époque dans ma vie où je compulsais sur le chocolat, aujourd’hui ce sont les vestes, moins dangereux pour les hanches mais je crois qu’au fond ça découle du même ressort : accumuler des couches, se protéger, se dissimuler des regards… Tout ce vide me stresse alors je me remplis, me pare, me planque, il y a toujours une veste entre le monde et moi… A la manière d’une Adjani qui planque ces yeux derrière des lunettes noires pour mieux se montrer, je choisis l’imprimé léopard sur peluche espagnole et le loup vintage comme tenue de camouflage pour mieux aborder la jungle urbaine…
Je stresse donc j’achète, c’est pas nouveau mais je crois que c’est la première fois que j’arrive à formuler ça… Dans un monde qui ne satisfait pas immédiatement à toutes mes demandes, et me laisse seule sur le bord de la route à m’agiter en tout sens pour prendre en marche le train de la vie, ma carte bleue c’est comme maman, elle ne me résiste jamais bien longtemps… Dans les magasins pas besoin d’attendre ce coup de fil qui ne vient pas, cet e-mail resté sans réponse, dans les magasins, j’ai un projet, une envie, et hop c’est fait… Pourquoi la vie c’est pas aussi simple que chez H&M…
M’en fous, j’ai ma veste… Le soleil a disparu, la température s’est nettement rafraîchie, je ferme la fenêtre et je me mets à espérer une chute rapide des températures, ça c’est pas complètement insensé comme espoir ça devrait pouvoir être satisfait assez rapidement, le baromêtre est devenu fou… Il faudrait aussi qu’il arrête de pleuvoir, la pluie c’est pas terrible pour le loup, c’est un temps de chien la pluie… Non mais franchement faire emplette d’une fourrure au mois d’avril, est-ce que tout tourne bien rond chez moi ?
* je ne résiste pas à vous inciter à aller faire un petit tour chez Intox la nouvelle friperie vintage de la rue Saint-Denis, la sélection est intéressante et l'accueil sympa...
18:06 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
10.04.2008
Tuxedo ÔÔÔ !!!
Sur Ebay, un de mes jeux préférés consiste à laisser les autres filles emporter au prix boutique du Zadig qui vieillit aussi mal qu’un Marlon Brando qui bouloche pour aller fureter du côté de la couture, chez Saint-Laurent par exemple…
Pour une raison qui m’échappe enfin pas complètement, le Saint-Laurent se vend très mal sur Ebay, et alors que des vendeuses naïves déposent à des prix très raisonnables des articles qu’elles pensent voir s’envoler dans les enchères, on se retrouve à 3 ou 4 à convoiter l’objet et réaliser quelques vrais bonnes affaires… C’est qu’il en faut de la patience pour guetter le trésor vintage Saint-Laurent sur Ebay, j’en ai vu passer des imprimés improbables et des robes de mémère, un jour en désespoir de cause j’ai même acquis pour rentabiliser mes longues heures de traque vaines, une blouse dont la couleur un joli bleu Klein très tendance et la douceur de la soie, ne réussirent pas en dépit d’une coupe pourtant impeccable à faire oublier les épaulettes et le gros nœud qui lui conférait un petit air très tata Jacqueline, quand moi ce que j’aurais voulu c’est avoir un petit genre Françoise Fabian des seventies… Mais ce n’est pas très grave, je l’avais eu pour le prix d’une petite robe H&M et je l’air revendu au même prix, dés que j’ai eu trouvé ma saharienne…
Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui alors que je ferais mieux de garder le bon plan pour moi et bien parce que je vous en parle aujourd’hui seulement, parce qu’après des longs mois de traque patiente, ça y est je l’ai, je l’ai reçu ma veste smoking, mon tuxedo !
Je l’adore à tel point que je me demande si je ne vais pas la porter comme ça, un poil trop grande plutôt que de risquer de l’abîmer en a confiant aux bons soins d’un retoucheur… ou alors je la confie quand même aux bons soins d’un retoucheur celui que m’avait conseillé le vendeur du stock Chloé à qui j’avais déjà fait reprendre 2,3 articles pour un résultat très satisfaisant, ou alors je la garde… Vous en pensez quoi ?
14:26 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
01.04.2008
Breezy
Sur le papier, comme ça vous y croyez vous à cette histoire d’amour entre une jeune hippy à peine sortie de l’adolescence et un agent immobilier quinquagénaire, cynique et revenue de tout… Vous n’y croyez pas vous non plus, et pourtant l’amour est enfant de bohême, il se défie de tout… surtout quand c’est un grand metteur en scène qui nous raconte une histoire, et parce qu’Eastwood aime bien cette gamine, sa Breezy et parce qu’il y a beaucoup de lui-même dans cet agent immobilier cynique mais avec un cœur gros comme ça dans le fond, et bien on y croît : juste parce que c’était lui, parce que c’était elle, évidemment qu’ils étaient faits pour s’aimer…
C’est ce que je me disais hier soir en enfilant mes escarpins et en déployant mes membres engourdis par une position improbable alors que défilait sur l’écran le générique de fin… Et qu’est-ce que cette salle est jolie, je me disais aussi, toute rouge avec des moulures dorés, ma salle de cinoche préférée à Paris et en y réfléchissant je me disais que je n’avais jamais vu là, à la Filmothèque du Quartier Latin, un film qui m’est déçu…
Et j’en ai vu des films dans cette salle, des chefs d’œuvres incontournables, et des pépites méconnues, Breezy appartient à cette seconde catégorie. C’est peut-être le film le plus méconnu d’Eastwood, Breezy. C’est qu’à sa sortie en 1973, cette bluette avait dû passablement déconcerté le public de Dirty Harry. On dit que Clint avait songé à jouer lui-même le rôle masculin de son film, avant d’y renoncer et d’en confier l’interprétation à William Holden, évidemment magnifique dans le rôle d’un quinqua tellement Eastwood, et d’engager pour le premier rôle féminin, la jeune Kay Lentz à qui j’aurais probablement promis une grande carrière cinématographique si j’avais découvert le film à sa sortie, malheureusement sauf erreur de ma part, je crois que sa carrière a tourné un peu court suite à l’échec commercial du film.
Raison de plus pour courrir à la Filmothèque pour y voir Breezy…
Si vous aimez les seventies, si vous avez aimé La route de Madison, alors vous aimerez Breezy…
16:46 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

