23.01.2008
Fashion mission...
En général quand ça commence comme ça le shopping, ça finit mal.
Le 6 janvier encore, j’ignorais que j’en voulais une, ça ne m’avait pas traversé l’esprit, c’est tout. Lorsque je pensais écharpe, je pensais à l’opus Vuitton en léopard siglée en fushia vue autour de tous les cous fashions cet automne, et qui n’avait pas atterri encore dans ma garde-robe, parce que tout de même ça coûte un bras pour un accessoire qui est pile dans la saison, et qu’un dernier brin de bon sens bourgeois m’empêche de considérer comme un basique, un vrai… De toutes façons, je m’en fiche, l’an prochain une fille la vendra un quart de sa valeur sur e-bay et là telle une tireuse embusquée cachée dans la toile, à la dernière minute j’enchérirais et je l’aurais…
C’est alors que je l’ai vu elle… à son cou à lui… Une sublime écharpe de cachemire noire, qui n’en finissait plus de faire le tour de son cou, et de douilletter langoureusement sur ses épaules… C’est son cadeau de Noël a-t’il dit… et moi j’ai pensé, il me la faut…
Un cadeau de ma fille, a-t’il dit, ce que j’ai immédiatement traduit par elle doit coûter un bras où l’a-t’elle acheté ? où l’a-t’elle acheté ?
Inspection minutieuse de la chose d’où ne dépasse aucune étiquette, aucun sigle délicatement brodé, un seul indice c’est une création de ce styliste qui expose à Florence ce week-end, soit vers le 10 janvier 2007… Evidemment il a beau essayé de se souvenir du nom du créateur, le chéri n’y parvient pas, inutile de compter sur un homme pour retenir les détails essentiels… Je l’interroge en pratique où ? quand ? comment ? il me répond finition…pfff…
Bref, « your mission is »…
Et bien après enquête, l’écharpe a été achetée à New York, et elle coûte 300 dollars ce qui est la preuve irréfutable que les femmes poissons ont un goût très sûr, quand au nom du styliste tout occupé à tirer des conclusions astrales, il a oublié, autant dire que dans ma quête du fashion Graal, je ne suis pas arrivée…
Or cette écharpe en cachemire noire absolument basique, douillette, merveilleuse, il me la faut… Absolument car elle ira à merveille pour réchauffer ma petite veste en peluche imprimée léopard… so Monica Vitti…
Je suis allée au Bon Marché, il y avait trop de monde ça m’a énervé, je suis allée aux Galeries Lafayette, infernal, c’est fini les soldes les filles rentrez chez vous, je suis allée au Printemps et j’ai cru mourir étouffé c’est par où la sortie, je suis allée au BHV en ce moment je vais tous les jours au BHV car je décore, enfin, je suis allée chez Eric Bompard, c’est quoi cette écharpe ridicule de 20 cm de large par un tour de cou de long et c’est tout ?
Z’avez pas une piste, les filles ?
20:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, blabla de filles
10.01.2008
Riccardo dans son bain avec Mario*

* Riccardo in the tub with Mario
Certains d’entre vous connaissent sûrement Big un magazine américain de design et de mode… mais moi j’ignorais son existence jusqu’à ce jour du mois de mai 2007, quand Mario Sorrenti reçut un mail de Tony Gomez qui lui disait en substance : « je suis en train de préparer une nouvelle sortie pour Big, qui va s’appeler Big Man et dans le premier numéro j’aurais aimé publier un article sur ton père, je me souviens de lui, je l’avais rencontré à New York, le jour où vous aviez déménagé le loft de Soho, tu crois qu’il accepterait… Mario appela donc Riccardo qui accepta l’idée de faire quelque chose ensemble, et il fût convenu que les photos seraient faîtes lors du prochain séjour de Mario à Paris, ne restait plus qu’à trouver la personne qui réaliserait l’interview… et mon meilleur fan, mon seul fan conviendrait mieux dans mon cas, dit qu’il avait déjà quelqu’un ce dont il m’avisa dans la foulée…
Passé le premier moment d’excitation panique à bord : « mais c’est un magazine américain ! il faut que j’écrive en anglais ? tu es sûr, tu sais mon anglais, heu… à l’écrit, etc… »… Mais Riccardo fit fi de toutes mes tentatives de fuite en avant (je ne serais jamais à la hauteur autant décliner royalement) en me proposant deux traducteurs, sa fille, de langue maternelle italo-anglaise, son meilleur ami traducteur d’anglais, et napolitain vivant à Naples, certes ils partagent tous deux la vie d’un ressortissant de notre beau pays… mais moi dans un pur réflexe de chargée de prod, je ne pouvais m’empêcher de penser que l’affaire prenait une vraie tournure d’usine à gaz et que si je ne voulais pas me mettre en délicatesse avec ces deux-là dont, par ailleurs, je doutais fort qu’ils aient été prévenus de ce qui les attendait, je me disais il va falloir trouver une astuce…
Et c’est ainsi qu’un jour du mois de mai, je rejoignais Riccardo Sorrenti installé à une table au Flore, je le prévenais que pour l’interview, l’on ne se connaissait pas du tout, j’étais une french dragueuse qui m’installait à sa table… puisque nos lecteurs seraient principalement américains, un italien et une française qui se rencontrent au Café de Flore, si la fille veut draguer le garçon il y a de bonnes chances pour qu’elles baragouinent en patois dans la langue de Marlon Brando….
Et un moment plus tard on relisait ensemble mes notes griffonnées sur un moleskine, puis retranscrite sur mac et send by mail direct dans la boîte de Mario Sorrenti… Il en revint un mail qui disait quelque chose du style : You’re great, i love it…
Restait à faire les photos, et après un premier shooting avorté faute de temps au mois de juin, nous nous retrouvâmes un soir de juillet 2007 au Ritz… à la deuxième bouteille de Sancerre Mario proposa de rajouter peut-être un peu de texte, de développer certains points notamment sur l’art, et plus particulièrement sur la manière dont Riccardo le conçoit, ce que j’acceptais volontiers, il me semble que ça fait parti du jeu, mais mon unique agent-Riccardo refusa de changer une seule virgule à ce texte, c’était une joke et ça devait rester comme ça. Pourtant un moment de la conversation qu’ils eurent tous les deux ce soir-là me semblait intéressant et d'une certaine façon, j’aurais aimé le développer, il était question de l’art comme recherche d’une représentation de la beauté, une volonté de rendre le monde dans ce qu’il a de beau, de rechercher cette beauté dans l’objet représenté pour en rendre compte (Riccardo) face à une autre démarche qui voudrait rendre compte d’une réalité telle que l’artiste la regarde (Mario), Botticelli et Boucher versus Caravage et Francis Bacon… En très résumé, parce que en vrai c’était plus intéressant que ça… Mais de toutes façons, j’étais fatiguée par une journée de tournage qui avait été intense, j’avais un peu bu, et j’ai laissé Riccardo me décharger gentiment d’une petite heure de travail supplémentaire… Et puisque l’interview était légère, et que Riccardo avait émis la volonté d’être photographié dans son bain au Ritz, façon Marilyn Gardner, deux jours plus tard, un chaud dimanche de juillet (le seul à vrai dire) nous retrouvâmes Mario dans sa chambre au Ritz…

drink a rhum and coca cola, hou la hou hou lala...


Le garçon à la cicatrice, portrait de Davide Sorrenti ,
une de mes peintures préférés avec celle-ci juste en dessous

Portrait de Shanon, et tout en bas ma première signature



là Riccardo se prend pour Einstein
et Mario ne cesse de répéter : "I love it, i love it, je n'ai jamais
fait de photos comme ça, c'est la première fois"
Mon exemplaire est arrivé de New York, Big est normalement distribué à Paris au moins chez Colette et à l’Agora, et comme il y a peu de chance que je sois remarquée par Anna Wintour pour mes immenses qualités d’intervieweuse, je ne peux m’empêcher d’en reproduire le contenu ici, en espérant que cela n’offensera pas tous ceux à qui je n’ai pas demandé l’autorisation pour le faire en l’occurrence le photographe et le rédac chef…
Quant à ceux qui voudrait en savoir un peu plus sur le travail de Riccardo Sorrenti, c'est par là.
01:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
08.01.2008
Ma table illusion

Bien sûr il lui manque une petite copine lampe, très belle, ou un chandelier ancien qui viendra se poser sur elle, un objet lourd et massif qui semblera flotter sur cette nappe, cette illusion divine… designée par John Brauer…
Smuaaaack… je t’aime ma table…
16:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
01.01.2008
Vague à l'âme, mais ça va passer, tout passe...
Quand on vit ses amours back street, il y a des moments dans l’année qui sont souvent un peu délicats à passer, les vacances, le 31 décembre, Noël, tous ces moments que l’on réserve habituellement à ceux que l’on aime…
La première année, on a bien un pincement au cœur, mais dans l’euphorie, l’illusion d’un amour naissant, on a un petit haussement d’épaules, on se dit : « c’est pas bien grave… Oh ! je m’en fous… » et on bat le rappel des amis, de tous ceux que l’on a un peu négligé ces derniers temps pour cause d’amours naissantes et de coupes de champagne en apéros qui s’éternisent, on rit… La deuxième année on fait contre mauvaise fortune bon cœur parce que dans le fond on a le meilleur, un amour presque au quotidien, des bras aimant, des rires, et pas d’engagement, pas d’habitudes, pas de « quotidien »… La troisième année, « we were on a break »… Mais quand vient le quatrième été, le quatrième Noël, le quatrième réveillon de fin d’année, on se dit : « mais qu’est ce qui ne va pas chez moi ? à quel moment un truc a vrillé, au départ j’étais quand même très claire dans ma tête je veux dire entre 3 et 8 ans, je jouais à la poupée, j’étais une très bonne maman, j’adorais les dînettes, j’avais même un aspirateur… c’est après que ça a vrillé quand j’ai eu mes premières Barbie, et qu’elles ont commencé à vivre des histoires pas claire avec des Ken, ma copine Valérie, elle, elle voulait toujours jouer avec Tinnie, mais moi j’avais déjà plus envie, je trouvais que mes blondes avaient des vies nettement plus fun, et je m’éclatais beaucoup plus dans leurs vies, résultat, Valérie, aujourd’hui, elle est mariée, elle a deux enfants…
Sainte Rita, si tu existes, je t’ai fait brûlé une bougie Diptyque, mais s’il te plaît aide-moi : le coucher de soleil, tu sais, je voudrais le regarder à deux, le petit chianti délicieux, tu sais, ce que je voudrais vraiment c’est le partager les yeux dans les yeux, et pour le Nouvel An, je vous laisse les paillettes et le champagne, je veux bien renoncer à me trémousser sur I will survive, encore une fois - à la réflexion, je garde le champ’, par contre, en signe de contrition et de reconnaissance, je renonce à la petite robe noire, parce que moi ce que je voudrais vraiment c’est un 31 décembre au lit avec un homme qui n’aimerait que moi, et une bouteille de Mumm rosé, quand même…
Et au lieu de ça, moi cette nuit, j'ai compulsivement checké mon portable, j'ai pesté contre les milliers de mes compatriotes qui envoyaient des textos impersonnels à tout leur carnet d'adresse pour dire : Bonne année 2008, avec un point d'exclamation à la fin pour le fun, ils se prennent pour Sarkozy ou quoi ?
C'est pas bien : ça encombre les lignes de mon opérateur... alors qu'il suffirait d'ouvrir un blog pour dire :
BONNE ANNEE 2008 QUE TOUS VOS SOUHAITS SE REALISENT !
04:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime

