21.11.2007
L'amitié un truc de mecs ?
Les chaussures, les sacs à main, la fantaisie d’un dressing, l’absence de pénis, tout tout j’aime tout dans le fait d’être une fille… et ça toute petite déjà…
Mais il y a un truc qui me fait regretter parfois de n’être pas un mec, ce sont les potes… Je trouve que l’amitié, la camaraderie est un truc que les mecs font bien mieux que les filles, entre mecs les vannes fusent, entre filles c’est plus délicat, généralement on préfère attendre que Jeanne-Marie ne soit pas là pour lui dresser son portrait psycho en béton armé et lui asséner ces quatre vérités…
Prenez 4 filles chez Ladurée, un samedi après-midi, vous voulez savoir de quoi elles parlent : 1) les régimes, 2) ça balance à Paris… et en regardant le Cœur des Hommes 2, ce soir moi je me disais mais pourquoi avec mes copines on ne se fait jamais des lotos sportifs au PMU en s’envoyant des scuds, sans que personne ne s’énerve, ne fonde en larmes ou ne prétexte un rendez-vous urgent auprès de sa pauvre mère agonisante (en clair: "si tu crois que c’est vraiment le moment de me dire ça saleté, je me casse et je te laisse macérer dans ta culpabilité méchante...").
C’est peut-être un truc très personnel, c’est peut-être moi qui suis trop solitaire, sauvageonne, trop indépendante pour avoir su développer ces amitiés indéfectibles, à la vie, à la mort, on s’appelle, on se textote, on se voit… mais si je regarde autour de moi, à une ou deux exceptions près, j’ai l’impression qu’il y a une différence fondamentale dans la manière dont nous envisageons l’amitié selon que l’on est un garçon ou une fille…
J’ai l’impression que la valeur refuge pour nous les filles c’est plutôt le couple, et lorsque l’on se retrouve en bande c’est bien souvent pour LE chercher, LUI, ensuite on se scotche à LUI comme une moule à son rocher et l’on retrouve le numéro des copines, le jour où :
- mmm… j’ai bien une petite idée, mais…
Bref… je connais d’avantage d’histoires de garçons amis à la vie, à la mort que d’histoire de filles… C’est peut-être aussi que les mecs changent moins, ou qu’ils évoluent de façon plus rationnelle que leurs amitiés durent… moi j’ai l’impression de devenir une autre tous les 3, 4 ans, donc forcément pas facile à suivre... c’est moi ou bien ?
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17.11.2007
Jeudi, vendredi & samedi à Positano

Je dois avouer que je ne m’étais pas attendu à trouver autant de marches au paradis, sans quoi j’aurais laissé ma valise à l’hôtel à Naples pour n’emporter avec moi que mon maillot de bain, ma serviette, une crème solaire, deux petites robes, un paréo et La belle Romaine de Moravia, car j’ai l’intution que je n’aurais besoin de rien d’autre ici.

Le premier contact avec Positano c’est le petit centre commerçant qui au-dessus de spiaggia grande s’élance à l’assaut de la montagne qui plonge dans la mer… J’avais lu quelque part que l’on se croirait à Carnaby street dans les années 60, mais je dois dire que ce n’est pas ainsi que j’imagine Carnaby Street dans les années 60…. Les cotonnades et les crêpons sont à l’honneur, souvent hors de prix, pourtant je ne vois pas sur les portants de quoi se composer une garde-robe hippy chic… C’est un shopping de station balnéaire avec des fringues à porter à Positano et c’est tout…Et puis une boutique qui vend du Prada et du Dolce Gabbana… Et puis des citrons, des citrons savons, des citrons bougies, des citrons magnet’ et bien sûr du limoncello… Au-delà, le panorama est sublime, typique de la côte sorrentine…

J’avais réservé une chambre dans une grande maison au dessus de la spiaggia del Fornilo, mais c’est à Spiaggia Grande que j’ai décidé de ne rien faire… La spiaggia del Fornilo est toute petite et très jolie, mais le soleil après 15 heures va se balader de l’autre côté de la colline laissant la plage à l’ombre de la falaise, ce qui récompense bien mal les efforts qu’il faut faire pour y accéder… car pour descendre à la plage del Fornilo il faut descendre des milliers de marches… mais c’est surtout le soir enfin après 15 heures donc que ça se complique, lorsqu’il faut affronter un dénivellé de… au moins… bref comme il n’y a pas écrit Catherine Destivelle, personnellement j’ai vite fait mon choix…

A Spiaggia Grande, j’ai passé de longues heures étendue sur une chaise longue orange à bouquiner Moravia un drink posé sur la tablette à côté de moi, et protégé du soleil par un parasol orange aussi… Le confort des plages privées italiennes, j’adore… je n’ai jamais pu décoller…
Moravia et moi nous ne nous sommes pas quitté, on est allé de mon lit à la terrasse de l’hôtel, et du pullman piccolo à Spiaggia Grande et c’est tout… C’est tellement agréable de lire autre chose que le Lonely Planet… Je me sens en vacances, et c’est bien agréable le farniente…
Et puis lorsque j’ai eu fini mon gros pavé, j’ai repris le bateau pour Naples…
Une bonne adresse à Positano,
Da Vincenzo, sur la route principale, au milieu de la colline… les pâtes sont sublimes, l’insalata di fritta di mare est à mourir…
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07.11.2007
Mercredi 12 septembre - Pompeï
Il était déjà tard, 11h31 lorsque j’ai franchi les grilles du mur d’enceinte de Pompeï. J’étais arrivée par le Circumvesuviano qui part toutes les 30 minutes de la gare centrale Garibaldi. Je pensais que deux grosses heures voire 3 me suffiraient pour faire le tour du site car l’Antiquité souvent m’ennuis et j’avais en tête de passer l’après-midi sur les pentes du Vesuve tout proche. Je voulais voir un volcan en vrai. Mais je ne suis jamais repartie de Pompeï, enfin si mais quelques heures plus atrd alors que le soleil déjà déclinait et que les portes du site allaient se refermer… En voyant les corps pétrifiés, l’émotion m’a saisi…

Toutes ces vies, tous ces gens venus là pour se détendre et s’amuser, ont-ils compris, ont-ils vu… Le Vesuve les a surpris dans leur sommeil, et leur corps pris dans la lave est devenu leur tombeau… Celui-ci surpris dans son sommeil semble se réveiller d’un horrible cauchemar, celui-là dormait si bien qu’un volcan en éruption n’aurait suffi à le réveiller… Il y a ce corps encore recroquevillé sur lui-même, le bras recouvrant la tête, il semble vouloir échapper à l’horrible réalité : la lave brûlante qui avance et engloutit tout sur son passage.

Plus personne ne se souviendrait de Pompei aujourd’hui si la lave en se pétrifiant n’avait protégé le site des outrages du temps… Le site en lui-même n’aurait aucun intérêt si la lave qui l’a enseveli ne l’avait protégé si durablement des outrages du temps, et même si les premières fouilles effectuées au dix-huitième ou dix-neuvième siècle dans un amateurisme total, puis les années d’abandon qui ont suivi ont causé des dommages irrémédiables, on reste tout de même saisi par la qualité des vestiges…

J’ai déambulé des heures durant dans les allées d’une ville fantôme, je me suis arrêtée sur le seuil de cette maison où l’on lit encore cave canem (attention au chien), sur les façades de certains magasins les enseignes sont encore lisibles… il reste encore les lits dans certaines maisons… C’est d’autant plus émouvant que sans faire montre de trop d’imagination, on voit que la ville était entièrement dédiée au plaisir et que le volcan en traître, et sous le joug de je ne sais quel courroux les a surpris la nuit…


Sur les murs du lupanar, des dessins très explicites racontent encore quelle était la spécialité de l’occupante… Et je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il en serait de notre sexualité aujourd’hui si l’église catholique n’avait pas existé… à quoi ressemblerait deux millénaires d’histoire de l’art si l’on n’avait pas durant des siècles représentés des saints, un christ crucifié, des papes, des rois, des princes, etc… à Pompeï, on se rend bien compte que le bordel faisait partie de la vie, il n’est pas écart de la cîté, il est au coin de la rue, près d’un bar à côté de la maison d’un prince, tout près de la villa d’un poête, il est dans la ville au même titre que le marchand d’alcool, de viande ou de légumes…
Une bonne adresse à Naples :
Da Ciro : à Mergellina ou à Castel dell Ovo, un à chaque bout du Lungomare, donc... Ne pas se laisser décourage par les nœuds papillons des serveurs, la déco tristounette, et l’accueil guindée, c’est une bonne adresse pour des fruits de mer ou des pâtes à Naples… côté prix, comptez l’équivalent de ce que vous auriez dépensé dans n’importe quel restaurant italien à Paris pour des produits de la mer d’une fraîcheur totale
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05.11.2007
Mardi 11 septembre - à la découverte du vieux Naples
Il m’avait dit ne va jamais dans ces quartiers la nuit, et puis ne va jamais dans ces quartiers tout court… mais comme il me connaît bien quand même, il avait dessiné sur mon petit moleskine un plan schématisée de la vieille ville avec d’un côté les quartiers où l’on vole et de l’autre les quartiers où l’on tue et puis les quelques incontournables : l’église Pieta Monte della Misericordia qui abrite derrière une façade modeste une époustouflante composition du Caravage, plus loin San Severo et son Christ voilé plus haut la cathédrale où coule le sang de San Genaro etc…
Il savait bien que je n’en ferais qu’à ma tête et que j’irais me perdre dans ces ruelles, parce que c’est ici que j’allais trouver « Naples » …

Je flippais un peu quand même…J’avais laissé mon guide au fond de mon sac à main avec mon appareil photo et j’avais jeté mon blouson par dessus mon sac monogrammé pour ne pas trop attirer l’attention… et puis assise toute seule à l’intérieur de la petite Eglise de la Miséricorde, j’ai réfléchi et je me suis dit… Je ne vais tout de même pas revenir de Naples avec pour seul souvenir photographique une photo interdite des 7 œuvres de la Miséricorde, qui ne rendra jamais hommage à la force de la construction, aux couleurs, à la puissance du Caravage… Voyons si l’on laisse un tel chef d’œuvre, sans surveillance ou presque dans une petite église du quartieri, c’est que ça craint pas… qui pourrait s’intéresser à un sac en toile hors de prix, à un ixus qui ne vaudra plus rien dans quelques mois alors qu’à deux avec une camionnette on pourrait embarquer une toile de maître… e basta la prudence, de toutes façons avec tous les faux "spy", les faux Prada, les faux « Dix », les faux "bambou", les faux machins, trop cacher le monogramme pourrait attirer l’attention, quant à l’appareil photos et bien on n’a rien sans rien…
J’ai déjà l’impression d’être passé à côté de tant de clichés… Au fil des voyages, je m’aperçois que ce que je vais chercher ailleurs, ce n’est pas tant le dépaysement que le plaisir de voir en vrai une image, une histoire qui m’a touché, de retrouver intacte une émotion antérieure , sans que personne ni le peintre le plus génial, ni le photographe le plus doué, ni le cinéaste le plus talentueux, ni l’écrivain le plus sensible ne vienne se placer cette fois entre l’objet et moi… Je viens voir « en vrai ». Je voyage pour retrouver des clichés et j’éprouve un plaisir maniaque, compulsif, à les photographier…
De Naples, j’avais rêvé l’album photo d’une ville baroque, d’un volcan sur les flancs duquel s’élançaient des façades branlantes reliées entre elles par des cordes à linges chargés de draps, de taies d’oreiller, de descente de lit, de vieilles chemises, de culottes géantes et de maillots de corps… Il y aurait des gamins dépenaillés avec des grands yeux noirs et des cheveux bouclés qui joueraient au football sur le parvis des églises… Des familles entières juchées sur des scooters… Un autel dédié à Maradona… Un pizzaiolo jovial qui chanterait o sole mio, et moi et moi et moi…

Naples & Paris














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03.11.2007
Lundi 10 septembre - de Rome à Napoli !

Ce matin j’avais décidé aux premières heures du jour, d’aller prendre quelques photos de la fontaine de Trevi avant que les hordes en short et en bob ne débarquent. Mais aux premières lueurs du jour, je décidais de rester au lit, et à 9h00 il m’a fallu hâter le pas pour parvenir à la fontaine à peine une minute avant ce car du troisième âge… J’ai pensé à André Dussolier : "p… de carte vermeil !" Et il y avait de toutes façons déjà une foule épaisse qui se pressait autour de la Fontaine où Anita Ekberg avait pris un bain de minuit…



Et puis je suis revenue à San Luigi dei Francesi, je voulais revoir avant de partir les 3 Caravages, et puis l’église des français se trouve à côté de Santa Agostino où se trouve un autre tableau de Caravaggio que je n’ai pas encore vu.



Et puis, j’ai quitté Rome pour plusieurs jours et pour Napoli…
Il y a des gens qui ont des certitudes, moi je suis de ceux qui se construisent et avancent dans le doute, mais il y a une chose au moins dont je suis sûre : les trains italiens ne sont jamais à l’heure !
Et c’est donc avec une grosse vingtaine de minutes de retard que mon horrible train a fait son entrée en gare de Naples…
Pas d’eau, pas de toilettes, pas de clim’ et pas de panino vendus à bord de ce train… Le ticket n’était pas cher, c’est vrai mais ma stratégie du premier train en partance m’a un peu planté sur ce coup là… Ces deux heures se sont transformées en enfer, pas de place assise, deux heures sur ma valise dans un espace inter compartiment bondé… Une chaleur infernale, et j’appréhende un peu l’arrivée à Garibaldi que Riccardo m’avait recommandé d’éviter au profit de la gare de Mergellina, plus jolie et mieux fréquentée… De toutes façons dans l’état d’énervement où je suis je défie quiconque de se frotter à moi… Garibaldi ne me déçoit pas, l’enfer du touriste ressemble un peu à cette gare dont mon train n’était que le purgatoire… Je me félicite de m’être intéressé aux deux dernières coupes du monde, si j’étais restée totalement hermétique au foot je n’aurais pas su quoi dire au comité d’accueil qui s’est précipitée sur ma valise et moi à ma descente du train… Encore que « fuck » ça doit marcher aussi, mais une fille en robe avec un sac speedy qui dit « va fanculo ! » ça vous cloue un rabatteur sur place ça… et j’ai pu comme ça choisir mon taxi…
D’abord il y a l’accent napolitain inimitable, sauf par mon chéri napolitain qui fait ça très bien… après mon chauffeur et moi on a eu une communication assez limitée mais quand il me montre le Vesuvio et qu’il me dit : « e basta napoli »… Le ton est donné… Je crois qu’à cet instant je saisis l’esprit de la ville, Riccardo aime à dire que le Vesuvio donne son énergie à cette ville, qu’il en est le poul, mes yeux sont grand ouvert sur le golfe et sur cette ville qui semble s’être élancée à flanc de colline avec une fougue incroyable et puis s’être laissé aller à l’exercice du temps, à la fatalité parce que de toutes façons si demain le bouchon saute : "e basta napoli…" alors à quoi bon… à quoi bon prendre soin de ces palazzo, de ces immeubles… Naples plus qu’une ville c’est un chaos…
Alors que mon taxi quitte lungomare pour s’engager le long d’une artère cossue, je me félicite d’avoir laissé mon autochtone choisir pour moi l’emplacement de mon hôtel, via Crispi… Le centre historique si pittoresque attendra un peu, ce soir j’ai envie de sérénité, de terrasses et d’un coucher de soleil…







J’ai remonté la via Crispi vers le centre au bout de la Via Crispi, je savais que je trouverais la Piazza Amadeo et puis la Via Chiaia et la Via dei mil, les grandes artères commerçantes de Naples… je savais que dans le prolongement de celle-ci je trouverais la Via Calabritta, l’artère chic, l’avenue Prada-Vuitton et tout au bout le lungamare, alors j’ai fait à la napolitaine une spiasegiatto, je suis partie vers la villa communale et puis en revenant sur mes pas j’ai longé le lungamare jusqu’au Castel dell ovo…
Je pensais dîner Via Santa Lucia mais la pizzeria que m’avait recommandé Riccardo était fermé, alors je suis reparti en direction de la via Calabritta dans l’autre sens et au détour d’une ruelle j’ai fini par découvrir par hasard au tout début d’une ruelle une terrasse charmante où dîner d’une pizza…
Lorsque j’ai ouvert la carte, j’ai découvert que je m’étais assise à la terrasse de la maison Brandi, pas besoin de consulter le menu puisque j’étais assise dans la pizzeria où fût inventé la pizza pour célébrer la venue à Naples de je ne sais plus quelle Margherita qui avait épousé je ne sais plus quel Bourbon Sicile, il était exclu de commander autre chose qu’une Margherita ! Du reste, fréquenter un Napolitain m’a rendu assez exigeante en terme de pizza et je ne suis pas loin de penser que la pizza à la tomate, au basilic et à la mozzarella di Buffala est la meilleure d’entre toutes parce que la plus simple… quant à la maison Brandi disons qu’ils n’ont pas perdu la recette, et puis le vin, les chansonnettes napolitaines, la chaleur de l’été, une terrasse dans une rue pittoresque… ça le fait !
20:45 Publié dans Carnet de voyage... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime

