16.10.2007

Dimanche 9 septembre - Rome

 

 

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J’ai fait 10 000 plans et puis j’ai fait autre chose…  Trop d’art, peut-être… Aujourd’hui j’avais envie de vivre un dimanche romain, alors j’ai laissé à l’hôtel le wallpaper et le National Geo parce que je ne me baladerai sûrement pas avec ces trucs si je vivais la ville, et j’ai décidé de faire ce que j’aurais pu faire si j’habitais à Rome, les puces, un brunch et … on verra…

 

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J’ai pris un bus à termini qui m’a conduit au bout du bout du Trastevere là où se tient le marché aux Puces de la Porta Portese.

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Amateurs d’antiquité passez votre chemin mais si comme moi vous aimez chiner et dénicher pour quelques euros quelque objet charmant au milieu d’une pile de vieilleries sans valeur et le plus souvent cassées, vous pourriez faire quelques emplettes… Pour le prix d’une pizza et de quelques antipasto, j’ai acquis 4 longs sautoirs de perles, un petit blouson en daim avec des manches ballon et une blouse à lavallière en crêpe de couleur crème…Très Bunuel, très Saint-Laurent, très automne hiver 2007-2008 !

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Et puis, j’ai dû me forcer c’est vrai, mais avec moi le « ce serait dommage d’être à Rome et de ne pas avoir vu le Colisée », ça marche toujours –remplacez Rome et le Colisée parce que vous voulez ça marche toujours je vous dis…

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Il faisait beau, il faisait chaud alors j’ai décidé d’aller faire bronzette au Forum Romain… qui depuis le capitole vous mène au Colisée… à ma grande surprise, j’ai été émue par ces vieilles pierres, peut-être parce que pour la première fois, j’ai laisser mon esprit remonter le temps, j’ai imaginé la vie de ces gens dans ces maisons dans ces rues, dans ces temples… Il faisait si chaud que je me suis assise souvent, il fait si bon rêver à l’ombre des figuiers ou des oliviers…

 

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Jusqu’à arriver au pied du Colisée, que je n’ai pas visité par manque d’envie… cela aurait fait un peu trop d’antiquité romaine en une seule journée à mon goût, j’ai préféré m’offrir une petite gelatte, à la Cremeria Don Peppe, derrière le Colisée, la meilleure je crois de tout mon séjour à Rome… Figue, fraise des bois, citron… Une tuerie !

 

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Je n’ai jamais réussi à trouver la roche de Tarpée, mais c’est vrai que je ne l’ai pas beaucoup cherché, ce que je venais voir au Capitole c’était les trois Caravage de la collection.

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Et puis comme c’était dimanche, et que j’aime le dimanche observer certains rituels, je suis retournée à l’hosteria Romanica, sur la place de Campo di Fiori… J’aime bien l’idée d’avoir des habitudes, ailleurs… Les serveurs m’ont reconnu et salué comme une habituée, en me recommandant les lasagnes…

 

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Plus tard en retournant à l’hôtel, j’ai dévoré avec mes yeux un énorme gâteau de mariage avec tout plein de fioritures : la fontaine de Trévi… je n’ai pas pu me baigner il y avait encore une fois trop de monde !



14.10.2007

Un samedi après-midi au Trastevere

 

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J’ai flâné tout l’après-midi au Trastevere… J’avais envie de ne rien faire, simplement déambuler dans les rues le nez au vent, prendre un verre en terrasse, d’ailleurs j’avais faim… Il faisait chaud, très chaud, le Trastevere est réputé pour ses pizzas mais moi je rêvais de mozarella di Buffala, je sais que l’on n’en trouve vraiment qu’à Naples, tout à côté du site de production, là où les restaurateurs les plus consciencieux, la servent fraîche, très très fraîche… Mais Rome est si proche de Naples, ce serait un avant goût… En vrai j’avais envie de ne rien faire, pas de programmes à remplir, un après-midi à flâner, à me mêler aux gens, humer Rome, enfin…

 

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On décrit toujours le Trastevere comme un quartier très pittoresque, très romain, etc… et je craignais de débarquer dans une version pasolinienne du quartier de la Huchette, mais non… le Trastevere c’est très agréable pour y passer un après-midi, une soirée… Le Trastevere c’est Ménilmontant, aujourd’hui. Pas de petites gens, mais des bobo, des artistes, des wanna be… Moi qui vit à deux pas de Ménilmontant, je ne suis guère dépaysée, il ne me viendrait pas à l’idée de parler de pittoresque - franchement ils exagèrent, vous trouvez ça pittoresque vous un intermittent du spectacle… Ces romains-là, je les connais, ils ont le même genre d’envie et le même genre d’em… que moi, le même genre de vie, en fait…  Et en ce samedi après-midi, il semblerait qu’ils ont tous décidé de se marier, alors toutes les églises sont ouvertes, et leurs intérieurs sont charmants, il aurait été dommage de passer à côté… Même si à Sainte-Cécile au beau milieu de l’office, je n’ai pas osé chercher plus longtemps l’extase du Bernin que l’on dit pourtant sublime, à un moment le prêtre à tourné son regard vers moi, j’étais vu et j’avais moyennement envie d’essuyer une humiliation publique même en latin !



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Une bonne adresse pour une pizza au Trastevere, YVO, Via San Francesco à Ripa, 158. La Marguerita y est légère et goûteuse et l’addition scandaleusement bon marché : 10 euros avec le vin !

 

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Un musée : le palazzo Corsini, via della scalla,  à voir tout spécialement pour le Saint-jean Baptiste du Caravage, la Judith tenant la tête d’Holopherne de Gerard Seghers et Venere Sopra il Corpo di Adone de Giuseppe Ribera.

 

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 un des nombreux Saint-jean Baptiste peint par Caravaggio,

celui-ci est à Rome au palazzo Corsini, c'est un de mes préférés

 

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Venere sopra il corpo di adone, Giuseppe Ribera 

06.10.2007

La méthode à l'Italienne

Dans ce post je vais vous raconter comment un groupe d’une trentaine de personnes, en une dizaine de minutes peut doubler sans violence une queue d’environ quelques kilomètres, puisque le bout de la queue à 100 mètres s’avéra être en fait le bout de la rue, l’entrée des musées se trouvant à 3 rues de là…

Les plus opportunistes de mes lecteurs en tireront quelques conseils utiles pour resquiller à Monoprix ou au MK2, je vous conseille juste de ne pas essayer de jouer à ce petit jeu devant moi : à Paris vous vous faîtes tuer pour moins que ça !


Souvenez-vous dans le précédent post, alors que je m’affolais de cette queue interminable, un ange blond qui se présentait comme un guide m’avait proposé pour 29 euros de rejoindre au tout début de la  queue, un groupe qui avait eu à subir quelques désistements, pour une visite guidée de 2 heures… Je n’aime pas du tout ce genre de plan, mais d’un autre côté je n’arrrivais pas à me faire à l’idée de ne voir de Rome ni la Chapelle Sixtine, ni les Chambres de Raphaël, ni la Pieta de Michelangelo… Un jeune couple originaire de la banlieue parisienne, un américain et moi avions donc accepté de suivre la blonde… Perplexes et contraint…



L’agence était située à mi-queue. Un emplacement très judicieux : derrière nous des centaines et des centaines de mètre d’une queue épaisse, devant nous pareil jusqu'au coin de la rue et après le coin de la rue, combien de rues encore, combien de gens… Bref lorsque notre ange qui se révélait peu à peu pour ce qu’elle était une rabatteuse s’excusa dans un anglais parfait de ne pas savoir dire en anglais que les 13 euros de l'entrée ne sont pas incluues dans les 29 euros de la visite (tu dis no devant included chérie et ça devrait le faire) : on broncha à peine… 42 euros pour éviter 4 heures d’une inutile attente –puisque les caisses ferment dans une heure- et visiter l’essentiel du Vatican… d’une certaine façon c’est pas cher… + 10 euros de caution pour le prêt d’un audioguide, c’est à dire un casque relié à un émetteur qui nous permettra de rester en contact avec notre guide car dans une église un guide ne peut hurler comme une poissonnière à Louxor ! Et par ailleurs,  pour ce que nous nous apprêtons à faire, un minimum de discrétion s’impose, à son signal, nous devrons  réagir bien ensemble aux consignes chuchotées  de notre guide, sans quoi on pourrait quand même se faire attaquer par une horde qui elle patiente depuis des heures !


- Alors voilà susurre la brunette à nos oreilles interloquées, dans un premier temps nous allons rejoindre un autre groupe dans la queue… Pour des raisons de sécurité ( !), on va se séparer en petits groupes de 5 ou 6 personnes, un premier groupe vient avec moi et puis à mon signal un second groupe nous rejoint, pas plus de 6 personnes, c’est le règlement, mais vous allez voir c’est très rapide

 

à son signal, un jeune couple de français, un américain, deux personnes ayant fait vœu de silence et moi nous rejoignons l’intrépide brunette et le premier groupe parti avec elle à deux rues de là, à une trentaine de mètres de l’entrée.

Ils ne sont pas exactement dans la queue. Il sont en bordure de queue. En voie d’intégration, on va dire… Les gens qui nous entourent n’ont pas d’oreillette, nous ne rejoignons aucun groupe, on double c’est tout ! On a commencé à s’en douter un peu à l’agence quand nous nous sommes retrouvés à une trentaine   avec d’autres touristes amenés par d’autres « guides » qui s’excusaient dans un anglais très correct de n'être pas très à l'aise dans la langue de Shakespeare et de s’être mal exprimé sur le coût de l’entrée, une trentaine de personnes ça faisait quand même beaucoup de désistements dans ce « groupe constitué ». Je suis secouée par un immense fou rire… La méthode à l’italienne, j’ai hâte de raconter ça à mon italien à moi !

Toute l’astuce consiste à se tenir en bordure de queue suffisamment longtemps pour que l’on s’habitue à nous voir… Lorsque l’on commence à faire partie du paysage, entendez lorsqu’une bonne vingtaine de personnes sont passées devant nous… La resquilleuse en chef chuchote alors à notre oreille de prendre place dans la queue et d’avancer, comme si l’on se réveillait d’un long moment d’absence … C’est un jeu d’enfants en fait, derrière nous personne ne moufte : on imagine que nous nous sommes fait doubler par au bas mot une vingtaine de personnes, et que l’on reprend simplement notre tour dans la queue…

C’est dégueulasse, hein mais le monde est injuste et seuls les meilleurs rentreront à l’intérieur… je repense au jules américain de Julie Delpy dans « 2 days in Paris » quand dans la file du taxi gare de Lyon, il envoie un groupe de compatriotes fans du Da Vinci Code à pied au Louvre, juste au bout de la rue… qu’est-ce qu’il dit déjà,  peu importe… et place aux images…

 

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 et c'est ainsi que je me suis retrouvée à suivre un parapluie !

 

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inutile d'espérer un tête à tête avec les trésors du Vatican, cet espace est protégé par un cordon! 

 

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Cour intérieure du Vatican, un tout petit pays, mais en Italie tout de même ! 

 

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l'une des nombreuses fresques des chambres de Raphaël 

 

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Le Jugement Dernier, à l'intérieur de la Chapelle Sixtine 

 

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La Chapelle Sixtine, telle que vous ne la verrez jamais : vide 

les photos sont interdites à l'intérieur de la Chapelle de Michelangelo

 

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La Pieta, sublime, Michel Ange encore...

 

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à l'intérieur de la Basilique Saint-Pierre, une surprenante composition

05.10.2007

Un samedi matin à Rome...

Puisque ni mon National Geo –et encore moins mon Wallpaper- ni le gérant de mon hôtel, ni les quelques personnes avec qui j’avais eu l’occasion de m’entretenir sur le sujet n’était très clair sur les horaires d’ouverture du vatican et des musées, j’avais décidé ce samedi de me lever tôt… J’avais la très vague impression que les horaires d’ouverture et fermeture du vatican variaient avec l’humeur des gardes suisses et subissait de très légères variations selon l’horoscope du pape, bref je m’étais mis en tête de me lever tôt… Et j’avais exceptionnellement réglé la sonnerie de mon portable à 7h30 de façon à pouvoir profiter au maximum de la journée… Alors que je réglais l’horloge, l’idée  me traversa que ce bip le lendemain allait m’énerver, mais je décidais de me bipper quand même pour grapiller une demi-heure de Rome supplémentaire…  j’aime lorsque je voyage me coucher tôt et me lever tôt, c’est la curiosité, l’enthousiasme  qui me fait ouvrir l’oeil , et le soir je me couche remplie, fatiguée, satisfaite… Bref j’avais donc réglé le réveil…

Evidemment à 7h30 cette sonnerie qui me tirait des bras de Morphée, me fit tout juste hausser un sourcil agacé… et je décidais aussitôt de m’accorder une petite heure de sommeil supplémentaire… à 8h30, je me levais naturellement et sans effort parce que de la cour, j’avais laissé les fenêtres grandes ouvertes les bruits des voisins me parvenaient : le voisin du troisième cherchait son pull jaune qui était dans la machine à laver, le gamin du second hurlait parce qu’il ne voulait pas, je ne sais trop quoi au juste mais il n’était pas d’accord, dans la cour quelqu’un s’obstinait à faire démarrer une voiture dont le moteur semblait irrémédiablement noyé, et partout en cuisine on s’affairait, métal contre faïence, portes que l’on ouvre et que l’on claque… La vie quoi… Alors debout !

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 le castel Santangelo, un pont sur leTibre et tout au bout la coupole de San Pietro

 

Il était 8h30 et je réussissais encore à me convaincre en toute bonne foi que j’avais bien fait de m’accorder cette petite heure supplémentaire… Après tout j’étais en vacances et parfaitement dans les temps pour me faire un shampoing, parce que je n’aime pas trop mes cheveux ce matin, puis  marcher jusqu’à la place d’Espagne pour prendre un petit déj’ au Gréco avant de rejoindre le Tibre pour flâner le long de ses rives jusqu’au Vatican… Bon autant le dire tout de suite c’est le problème que j’ai avec moi, évidemment, si je prend la peine de faire le calcul, de façon tout à fait rationnelle je sais que 20 mn shampoing + après shampoing, plus 20 mn de marche, plus 15 mn au caffé greco, plus 40 mn de marche font 1h35 mn, et que par conséquent en admettant que de mon lit je saute directement sous la douche, sans prendre le temps ni de faire pipi ni de m’étirer comme un chat, il est tout à fait matériellement impossible en commençant à 8h30 d’être à 9h05 / 9h10 au Vatican, évidemment je le sais, mais je suis dôté d’un sens de l’abstraction suffisamment grand pour penser sitôt devant le miroir que je suis vraiment dans un bad hair day, et que j’ai même le temps de faire un masque (+ 20 mn donc).

Après la lumière était jolie… Je crois que l’on appelle ça un soleil radieux et un ciel si bleu, bref de photos en photos… Il était un peu plus de 10h00, pour être tout à fait exacte 10h00 bien entamé, voire presque 11h00, lorsque je suis arrivée au Vatican…

Et là heureusement j’avais chaussé mes Birkenstork parce qu’en découvrant l’immense cercle, la queue qui s’était formée sur l’immense place devant san pietro, je crois que je serais tombée du haut de mes stiletto !

 

 

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la grande place devant la basilique Saint-Pierre,

je suis  devenue experte en angle insolite pour zapper les shorts et les bobs tellement bien que désolé pas une seule photo disponible pour montrer à quel point la queue est grande -celle-là je la laisse c'est juste pour google

 

 

Quel peut bien être le diamètre de la place Saint Pierre… Bouh au moins… ok… que multiplient 4 à 5 personnes de large par une moyenne de 4 heures à l’intérieur du Vatican… Est-ce que cela vaut la peine… est-ce que j’ai une chance, en admettant que je me lance et décide de faire la queue de parvenir à entrer… Et est-ce que cette queue concerne uniquement saint pierre ou bien également les musées… Je me faufile derrière les statues du Bernin sous les arcades à la recherche d’un panneau, d’un garde… pour faire ce que j’aurais dû faire le premier jour, checker les horaires… Le samedi le vatican ferme à 12h30, après tout je me moque de la basilique, je décide de chercher l’entrée des musées, peut-être la queue y sera moins conséquente et j’aurais une chance d’entrer…

 

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Lundi je pars à Naples, je veux visiter la Rome antique, le Trastevere… Evidemment je peux encore bouleverser tous mes plans , mais maintenant que je suis là j’ai très envie de rentrer à l'intérieur, et aucune envie de faire la queue…

J’en suis là et là de mes réflexions  alors que j’ai pris place tout à la fin de la queue côté entrée des Musées (on passe aisément des musées à Saint Pierre) : est-ce que le bout de la rue à 100 mètres environ c’est le début de la queue ou simplement le coin de la rue et la queue continue après, etc…à quelle vitesse avance cette longue procession… est-ce qu’en me cantonnant à l’essentiel je peux raisonnablement toujours espérer visiter le vatican aujourd’hui… et c’est à ce moment-là qu’un ange vient me voir…

L’ange est un guide qui propose pour 29 euros de rejoindre un groupe qui se trouve tout en début de queue, et de visiter avec eux l’essentiel du vatican ; à savoir la chapelle Sixtine, les chambres de Raphaël et Saint-Pierre, après si on le souhaite on peut aussi traîner à l’intérieur jusqu’à environ 16h00 seules les caisses ferment à 12h30… L’entrée normale est à 13 euros, pour 16 euros de plus je gagne deux bonnes heures, je sauve mon programme et qui sait les explications de cette jeune femme se révèleront peut-être intéressante… habituellement, je fuis ce genre de plan, mais un coup d’œil à la queue me suffit et j’accepte, il serait trop idiot d’être venue à Rome et de n’avoir pas vu ni la Chapelle Sixtine, ni la Pieta… il y a de fortes chances pour que ce soit une arnaque mais j’en prends le risque, non sans lui demander de me garantir que nous aurions le temps…

 

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Dans un prochain post je vous raconterais la méthode à l’italienne ou comment un groupe de 30 personnes parvient à resquiller  sans se faire tuer une queue d’environ 1950 mètres de kilomètres…

04.10.2007

Les pizza, les Vespa et la Dolce Vita...

 

 

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Il y a ceux qui lorsqu’ils voyagent, recherchent le dépaysement… pas moi… moi je suis de ceux qui courent après les clichés… mon voyage il commence dans mes rêves, il se nourrit d’images et de mots, parfois d’une chanson… je cherche à retrouver une émotion familière, je rends visite à mes rêveries, à mon petit panthéon personnel, etc…

Je suis capable d’attendre environ 20 minutes qu’un scooter entre dans le champ pour appuyer sur le déclencheur… J’ai environ 12 millions de photos de vieux bus à impériale, à Londres et de tramways lisboètes sur mon disque dur… et… j’ai fait une très légère fixette sur les piaggio…

D’où me vient cette obsession pour les moyens de locomotion, hé bien j’avoue je ne sais pas bien… aucune envie particulière de photographier les rames vertes et blanches de la ratp, je me contrefous des bus et le vélib est interdit de séjour sur mon disque dur, mais les piaggio, je kiffe trop…

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Par ailleurs, j’avais décidé de mettre à profit mes vacances italiennes pour me forger ma propre opinion et distinguer le vrai du faux, enfin de l’exagéré dans ce que me dit mon italien préféré à moi… et notamment pour essayer d’y comprendre quelque chose en pizza…

Quatre ans bientôt… nous sommes presque un vieux couple avec ses habitudes, et avec le temps on finit par déteindre un peu l’un sur l’autre…

Moi par exemple, il y a quatre ans je pensais m’y connaître un peu en cuisine italienne, en nouilles et en pizza donc, alors qu’en fait non… J’ai été très surprise quand j’ai réalisé que les pâtes ne sont pas justes des pâtes  avec de fantaisistes variations dans la forme mais un goût unique… mon truc à moi c’était les penne, avec du parmesan, avec du thon, de la tomate, du pesto, etc… pffff…

Alors qu’en fait non, à chaque type d’accompagnement convient un type de pâte et un seul… on ne fait pas autrement en Italie… du moins à Naples, patrie de la pizza, déesse des nourritures de la mer, amen… alors je l’ai laissé s’installer aux fourneaux et je dois avouer que si l’on fait abstraction de son comportement d’ayatollah de la pasta, mon chéri aux fourneaux c’est quand même et de loin le meilleur resto parisien…

Et au fil du temps je suis devenue un peu psychorigide de la pâte… Le genre d’humains qui vous regarde d’un air apitoyé s’il vous vient à l’idée de saupoudrer vos linguine alla vongole avec du parmesan… Il n’empêche qu’à J+ 2 de mes vacances, j’ai eu une énorme envie de pizza… C’est vrai, je m’étais promis – limite jurée crachée- d’attendre Naples pour manger des pizza margherita, et de me concentrer lors de mon séjour romain sur les fettucine alla matricianna… en même temps si j’ai aucun élément de comparaison… Bref j’ai demandé au serveur une marguerite… Et lui il a accepté de l’apporter à ma table uniquement après que je lui ai fait une bise, ça se passe comme ça en Italie… Pâte ultrafine, très peu de sauce tomate et mozarella di buffala… moi j’avoue je trouve ça très bon , très léger mais en théorie sur la pizza je suis quand même très calée, quoique n’en ayant jamais mangé… et régularité de la pâte, épaisseur règlementaire de la sauce tomate, mmm… je suis obligée de reconnaître que c’est pas vraiment une pizza….. La vraie pizza a le bord cloqué, boursoufflé, irrégulier parce que p étri à la main, la pâte est bien cuite, etc… en fait si vous voulez être vraiment sûr essayer de demander au pizzaïolo où il est né : la vraie pizza est napolitaine…

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Via venetto… Au mur, une plaque discrête rend hommage au papa de la dolce vita, Federico Fellini… Mais les années 60 sont loin, les cars de tourisme déversent des hordes de sexagénaire aux abords de la fontaine de Trevi, Anita Ekberg à supposer qu’elle vive encore est peut-être parmi eux, et si elle y était qui la reconnaîtrait, cela fait quarante ans que plus aucun paparazzi ne la poursuit… Mastroianni a vieilli et il a mourru… Moi je m’en fous : un paparazzi ce n’est jamais aussi beau que Marcello…La Via Venetto me fait furieusement songer aux Champs Elysées, pourtant au harry’s bar on joue du jazz, pourtant la chanteuse a une jolie voix…Lorsque j’emprunte l’escalier qui mène aux toilettes, je remarque dans une vitrine un vieux rolleiflex, un Leïca et quelques rouleaux de pellicules défaits, comme un ruban qui ferait le lien avec une époque désormais révolue ou Rome était redevenue pour une décennie, le centre du monde…

02.10.2007

Caravaggio addict...

J’ai une fixette.  Il y a quelques années à Florence, je redécouvrais un artiste dont j’avais déjà vu quelques toiles au Louvre, mais qui jusqu’ici n’avait pas fixé mon attention, je ne sais pas pourquoi, je n’étais pas prête sans doute… Jusque là j’avais surtout été à la recherche de la beauté. Et ce jour-là, à Florence ce fût un choc… De retour à Paris, je revenais régulièrement au Louvre et à chacun de mes passages, je rendais visite à ses toiles, comme l’on revient voir de vieux amis… Et puis la National Gallery eut la géniale idée d’organiser une exposition de quelques 16 ou 17 toiles du Caravage organisé selon un parcours biographique extrêmement astucieux parce que la vie du Caravage est presque aussi fascinante que ces toiles, à la même époque j’ai découvert un roman de Dominique Fernandez, La Course vers l’Abîme une autobiographie imaginaire du Caravage qui commence par ces quelques mots : «  mon corps, on ne l’a jamais retrouvé ».

Et ce fût fait, j’étais devenu Caravaggio addict… et j’avais bien l’intention de profiter de mes vacances italiennes à Rome et à Naples pour aller découvrir et redécouvrir en vrai quelques Caravaggio.

 En ce deuxième jour de mes vacances, j’avais prévu un périple caravagesque qui commencerait à  San Luigi di Francesi, où le peintre réalisa sa première grande commande romaine, avant de m’amener à la villa Borghese pour finir au palazzo Barberini… Pour des questions d’emploi du temps et de logique géographique je m’organisais un peu différemment et c’est à la villa Borghese que je commençais cette quête…

 

 

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  Le garçon à la corbeille de Fruits


Le Caravage à la fin de sa vie avait tatoué sur l’épaule le chardon infamant qui désignait alors les garçons qui aiment les garçons… Il y avait eu un procès… Il y avait toutes ces rumeurs… à la vérité de la sexualité du Caravage on ne sait pas grand chose, mais lorsque je regarde la lippe boudeuse de ce garçon, son regard brillant cette coupe de fruits entre le peintre et lui, des fruits avec des vers dedans, j’aime à me raconter que ce garçon s’appelait Mario et qu’il était sicilien… Caravaggio l’avait connu à Rome, alors qu’il habitait chez le cardinal del monte… Il était ombrageux et jaloux et fier, c’était un vrai macho mais face aux incartades, aux coups de cœur du peintre, il se conduisait comme une vraie petite femme, il lui faisait des scènes mesquines… Et puis Caravaggio lui disait je vais te peindre en ange, et il était flatté et il se trouvait beau…  Il y en eût des Mario, des Mattéo, des Gregorio, il faut croire que Caravaggio avait un type d'homme... Son visage est familier, ici il a une moue goguenarde, un regard aguicheur c’est une Eve insolite au dessus du fruit de pêché, ailleurs c’est un ange, ailleurs un jeune musicien… Que foutait cette moue là, cette sensualité latente dans la chambre du cardinal Nepote… C’est que cette toile aujourd’hui accrochée aux murs de la Villa Borghese, Scipione l’avait vraiment voulu, elle appartenait ainsi qu’une autre toile au Cavalier Arpin, maître du Caravage, Scipione qui la convoitait trouva enfin le moyen de s’en emparer le jour où il apprit que le cavalieri cachait dans sa cave des armes interdites… Il envoya chez lui la police et le fît arrêter… On l’interrogea, on fit pression sur lui, on lui fît peur il risquait la mort… Et lorsqu’il fût totalement aux abois on fit savoir au cavalier d’Arpin qu’il y avait bien une solution le cardinal ne serait sans doute pas insensible à un petit présent, en l’occurrence deux toiles du Caravage, un Bacchus et ce portrait du garçon à la corbeille de fruits

 

 

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La Madonne des Palefreniers


La Madonne des Palefreniers
avaient été commandé au Caravage par l’un des membres de la famille Borghese au temps où Paul V était encore pape… C’est Scipione je crois qui en était le commanditaire, il fit réaliser le tableau pour la basilique saint-Pierre et c’est très probablement le vatican qui commissionna le maître lombard… Le tableau resta accroché exactement un mois à San Pietro… Le scandale fût immense… représenter la madonne sous les traits d’une putain, dans cette robe de velours rouge qui ne pouvait laisser aucun doute sur sa profession, puisque c’était l’habit à la mode chez les prostituées romaines… Et Sainte-Anne, vieille, fripée est-ce que cela a un sens ou bien n’était-ce que pure provocation… Il va de soi que ceux qui criaient, étaient convaincus de connaître la réponse et qu’ils penchaient fortement pour la seconde option… … Et pourquoi diable représenter l’enfant Jesus sous les traits d’un enfant si laid…

 

Mais est-ce que l’art a pour unique vocation la beauté ? Est-ce que pour être un artiste on doit seulement chercher à atteindre à la beauté… Caravaggio proposait autre chose, l’expression d’une vérité peut-être, la sienne… Il se foutait des convenances, des us, mais pas du fond, il faut aimer Dieu et probablement l’aimer très fort pour mettre autant de force, de puissance et d’émotion dans un sujet religieux… Il faut avoir la foi, ancrée très fort en soi, je crois, pour aller chercher dans son quotidien, des images, des gens des situations tellement juste et tellement vraies, tellement plus fortes pour illustrer ces vieilles histoires, et les rendre plus réelles, plus proches… les chiens hurlèrent, quelques veuves se signèrent… On chuchotait dans les couloirs… On alla chercher quelques noises au peintre… et le cardinal fit décrocher le tableau et le fît installer dans sa chambre…

J’aime bien l’inconvenance chez un artiste… de l’australopithèque à internet il y a un sens de l’histoire, il faut savoir parfois bousculer ses contemporains… Mais la vie du Caravage aurait été plus simple, s’il n’avait été si entier dans ses œuvres et dans sa vie… Les 20 courtes années que dura sa carrière, il oscilla toujours entre la rebellion et l’allégeance… D’où peut-être cette drôle d’idée de proposer ses traits dans cette tête du géant Goliath qu’un David jeune et beau semble offrir au pape…

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   David tenant la tête de Goliath




Plus tard, un taxi m’a déposé à San Luigi di Francesi, tout près du Panthéon… Ici dans une chapelle, sont exposés depuis un peu plus de quatre siècles 3 grands formats de Caravaggio : La vocation de Saint Mathieu, Le Martyre de Saint-Mathieu et une toile plus tardive et d’un format de moitié moins imposant Saint-Mathieu et l’Ange qui fût commandé au Caravage deux ans plus tard, en remplacement de la sculpture qui avait été commandé à l‘origine sur le même sujet… La sculpture avait été refusé et on refusa d’ailleurs à Caravaggio sa première version de Saint-mathieu et l’Ange dont on perdra la trace à Berlin en 1944…

"Dont on perdra la trace à Berlin en 1944"… Je me rends compte en l’écrivant de l’étrangeté de cette phrase, elle est extérieure elle ne m’appartient pas… Je l’ai probablement lu sur l’un des panneaux de l’église, à moins que ce ne fût extrait de mon guide… Est-ce que la toile a été détruite ? est-ce qu’elle fût confisquée puis on  perdit sa trace ? Peut-elle ressurgir un jour… Caravaggio ne fût vraiment pas un artiste très productif, d’abord parce que la moitié de sa vie il la passa à fuir, ensuite parce qu’il mourut très jeune à 37 ans, 36 ans…

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La vocation de Saint-mathieu 



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Le martyre de Saint Mathieu 

 

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Saint-Mathieu et l'Ange 

 

 

 Après quoi je me suis délectée d’une petite gelatte artisanale, achetée dans une échoppe tout près du Panthéon… Je crois que c’est au fruit des bois et au citron que je les préfère… encore que le chocolat ne soit pas mal non plus… Et à  la figue, une tuerie…

 

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Et puis je suis arrivée sur la petite place de Santa Maria Sopra Minerva que domine l’éléphant du Bernin et sa drôle d’obélisque posée sur le dos…

  

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A l’intérieur de l’église, j’ai dû prendre pas loin de 12 photos de la dalle de marbre sur laquelle est gravé le nom de Fra Angelico… à côté de la sculpture de Michel Ange, sous la voûte bleue constellée d’étoiles dorées, il y avait une bougie…

 

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Et puis j’ai à nouveau sauté dans un taxi pour rejoindre le palazzo Barberini… Les taxis ne sont pas chers à Rome, comme à Paris le prix d’une course dépasse rarement les 8 euros… Comme à Paris, le réseau de bus ne brille ni par sa régularité ni par sa signalétique…


Le Palazzo Barberini est un incontournable pour les amateurs de peinture… Il y a peu de salles, un nombre raisonnable d’œuvres, trois quart d’heures suffisent à une contemplative rêveuse pour en faire le tour et pourtant j’ai mal aux pieds, et pourtant j’ai visité beaucoup de salles assise… voire couchée… j’aurais pu passer des heures à regarder ce plafond là, La Divine Providence de Cortone… celui de la grande salle de réception… chez moi aussi parfois je regarde le plafond longtemps, je suis le cours sinueux de la fissure… et jamais je ne me dis : oh la la c’est magnifique… mais là c'est…


J’aurais pu passer des heures à contempler ce plafond là, mais le palazzo allait fermé et je voulais revenir voir une dernière fois : le saisissant Judith et Holopherne que j’avais découvert en 2005 à Londres, et autour de lui de part et d’autre un narcisse fort mélancolique et un Saint François triste…

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