30.09.2007
La villa Borghese
L’aigle et le dragon sur le blason familial symbolisent l’attrait du pouvoir, et c’est sans doute par attrait du pouvoir que les Borghese ont quitté leur province siennoise, devenue trop petite pour contenir leurs ambitions et se rapprocher de Rome, l’étenernelle dont l’aura sied mieux à l’entourage d’un pape… En ce tout début du dix-septième siècle, Paolo Borghese sous le nom de Paul V a été nommé pape…. Aussitôt élu, il a offert à son neveu Scipione Borghese le titre de cardinal nepote, cardinal neveu, l’équivalent en terme de pouvoir d’un secrétaire d’état…
Son pouvoir dans le cours laps de temps que sera sa vie est acquis, mais pour cet insatiable bien né il ne suffit pas d’avoir du pouvoir, il faut être le meilleur, il faut que ça se sache, alors Scipione devient collectionneur d’art… Sa vie durant, il s’acharna à augmenter de façon méthodique et despotique la collection d’art familiale, après lui quelques Borghese et notamment au dix-huitième siècle Camile et son épouse Pauline Bonaparte enrichiront à leur tour la collection par de somptueuses acquisitions et c’est cette collection presque intacte car Bonaparte avaient réussi à contraindre Camile à céder quelques unes de ses plus belles pièces au Louvre que l’on peut visiter encore aujourd’hui à la Galleria Borghese…
Au seizième siècle la famille Borghese avait acquis aux portes de Rome, de vastes terres qui s’étendaient sur la colline au-delà de la porta Pinciana (l’actuel Pincio qui offre un joli point de vue sur la Piazza dei Popolo et les toits de Rome…), Scipione s’y fait construire un casino, une résidence de campagne pour devenir l’écrin de sa très riche collection d’art, et le lieu de son rayonnement aux portes de la cîté…
Pour construire son casino, Scipione fait appel à l’architecte Flaminio Ponzio à qui il demande de s’inspirer des Villa Farnese et Medicis. Dans un style typique du XVIème siècle la façade est ornée de sculptures antiques et percée de larges fenêtres pour faire entrer la lumière et mettre en valeur les œuvres exposées… Tout l’espace intérieur est aménagé pour devenir un lieu de réception…
Sur la terrasse où mène l’imposant escalier est entreposé l’imposante collection d’Antiquités familiales… Les fausses sculptures de la façade qui viennent se mêler aux vrais antiquités renforcent encore cette impression de richesse… Tout se passe comme si la collection débordait sur l’extérieur, le vrai et le faux se mêlent…
On pénètre alors dans un imposant hall de réception qui comme la plupart des salons a été entièrement redécoré à la fin du XIIXème siècle par Antonio Asprucci à la demande de Marcantonio Borghese. On y a ajouté des stucs, des fresques, des marbres polychromes, dans un goût typique du néoclassique. C’est beau… C’est bouleversant… Les peintures, les sculptures racontent cette histoire qu’elles représentent l’un ou l’autre des Borghese ou qu’elles témoignent de la façon dont a été constitué cette incroyable collection en ne reculant devant rien parfois ni l’extorsion, ni le vol… On peut alors se laisser guider par son audioguide pour découvrir la fascinante histoire de la famille Borghese… Attention toutefois à ne pas se laisser comme moi trop submerger par ses émotions , et s’attarder un peu plus auprès des œuvres sans quoi la visite du deuxième étage pourrait se terminer en villa Borghese express… C’est que la galerie Borghese n’est pas un musée tout à fait comme les autres, est-ce parce qu’il est resté des siècles durant une résidence familiale, mais on ne peut s’y attarder… On y entre toutes les deux heures et pour deux heures seulement… Et l’audioguide si l’on veut bien profiter de toutes ses fonctionnalités offrent deux bonnes heures d’explications dont on aurait tort de se priver…

* A la demande du Cardinal Scipione Borghese, le Bernin alors âgé de 25 ans réalise ce David… Le sujet n’est pas neutre, il s’agissait de se mesurer à une icône florentine, un maître insurpassable, Michel Ange et de faire un pied de nez au Medicis… à l’élégance digne et posée du David de Michelangelo, Le Bernin oppose un David tout en sueur, grimaçant de douleur sous l’effort…





* Le Caravage, bien sûr mais j'y reviendrais plus longuement...
16:45 Publié dans Carnet de voyage... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27.09.2007
Vendredi 7 septembre 2007 à Rome...

Le soleil est là : totto é bella !!
Voilà Rome, telle que je l’imaginais, la rêvais, l’aimais déjà…
Terracotta, ocres et jaunes invitent à farnienter quelques heures à l’ombre des pins parasols, pour mieux aimer encore la chaleur brûlante de ce soleil radieux qui se détache jaune et impérial d’un ciel si bleu, si lumineux, si simple qu’un enfant de 4 ans aurait su comment le peindre !
Mon hôtel n’est pas très loin de la porte Pia… C’est en fait une pensione que les propriétaires ont appelé Hotel Kristy, il est propre, bien tenu, c’est un établissement à caractère familial, sans charme mais fonctionnel qui séduira surtout ceux qui ne veulent mettre guère plus de 70 / 90 euros par nuit dans une chambre d’hôtel. Il se révèlera par ailleurs plutôt bien desservi par les lignes de bus, même si j’avoue que m’étant aperçu que le prix moyen d’une course de taxi de et au départ de l’hôtel ne dépassait guère les 8 euros, j’ai surtout usé et abusé de ce moyen de locomotion là.
L’hôtel Kristy ne propose pas de petit déjeuner ce qui me convenait parfaitement parce que j’avais deux trois petites adresses à tester sur Rome… Et ce matin là, c’est au Café Grecco, une institution romaine de la via Condotti que j’avais décidé de prendre mon capuccino et mes fetta biscotate. Mon capuccino était exquis, la mousse blanche dessinait un petit coeur sur la fine écume couleur café au lait. C’était très joli.

Pour arriver à la via Condotti, j’avais repéré sur le plan un itinéraire agréable, première à droite et puis en gros tout droit et j’arriverais en haut de la colline , tout près de la villa Borghese dont je voulais vérifier les horaires d’ouverture car je savais que le musée avait un statut un peu à part, on y entre toutes les deux heures à 9h00, 11h00, 13h00, et 15h00 (et peut-être à 17h00 j’ai un doute), et il faut bien compter 2 heures pour faire le tour des salles, voire un peu plus si l’on veut profiter de toutes les fonctionnalités de son audioguide (auquel cas il faudra finir au pas de course mais cela vaut le coup). De là, je redescendrais à travers les jardins jusqu’à l’église de la Trinité, l’autre église française de Rome, juchée tout en haut de la scalina, le grand escalier qui dégringole du haut de la trinité jusqu’à la barquette Lu posée au centre de la place d’Espagne. De là haut, on a habituellement un point de vue magnifique sur la scallina que les fashionistas connaissent pour y avoir déjà vu des alliens en robe de princesse toisées d’un air souverain le peuple des nains, enfin des filles qui mesurent moins d’un mètre 78. Mais ce jour-là, non…
L’obélique posée devant l’église était en travaux on l’avait entouré d’une grande bâche qui d’en bas de la place gâcherait le point de vue sur la Trinité et de la trinité gachait le point de vue sur les marches en cascades qui mènent à la barque qui semblent flotter sur la place d’Espagne… Rome cette coquine me disait, tu vois tu vas devoir revenir*…
Sur la scallina, je m’arrête ici et là pour faire quelques photos, j’essaie d’éviter d’avoir dans mon champ des shorts et des bobs pour pas saloper mes photos, mais il faut croire que ceux là s’incrustent plus durablement tout en haut de la Via Condotti que les Cendrillon de l’est en Valentino… Autant essayer d'en jouer...
Comme je n’étais plus très sûre que des tartines ça se disent fetta biscottate, et que je n’avais pas le courage de rouvrir tout de suite mon sac et d’en déloger mes deux guides, mon moleskine, la housse de l’appareil photo, l’étui à lunette et l’étole pour visiter les églises, j’ai préféré prendre un gâteau qui s’appelle je crois un polettino, c’est une sorte de scone aux raisins, c’est très bon… Je décide immédiatement de prendre tous mes petits déj’ au Café Grecco, ça me rappelle un peu le Flore, même tables chargées d’histoires, même serveurs affables et gentils, un décor de vieille brasserie littéraire, et un cappucino sublime…
* le lecteur attentif aura noté que l’auteur est une grande fille toute simple dont la météo modifie très sensiblement l’humeur et le point de vue !
mes adresses
Caffé Greco
via Condotti 86...
ouvert depuis 1760, il doit son nom à son premier propriétaire qui était grec... il devient très vite le café favori des artistes, des philosophes et des musiciens... Casanova et Ludwig le roi fou de Bavière y auraient eu quelques habitudes... en salle, les prix du Flore ou des deux magots (compter 10 euros pour un cappucino et un cornetti, un peu moins de 3 euros au comptoir)... un charme fou, une âme, ceux qui aiment le Flore à Paris ou le Café Central à Budapest, ceux qui apprécient le charme des Cafés viennois aimeront
Hotel Kristy,
via Collina, 24
mon avis : voir note
pour les résas sur www.venere.com
21:30 Publié dans Carnet de voyage... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
26.09.2007
Jeudi 6 septembre 2007 à Rome...
J’avais toujours cru que lorsque je découvrirais Rome pour la première fois, ce serait comme une évidence, un coup de foudre ; mais non… 
Le train est arrivé avec un peu plus d’une heure de retard ce qui a fichu en l’air tous mes plans. J’avais décidé de visiter le vatican, parce que je savais qu’il pleuvrait ce jeudi, j’avais eu mon quota de pluie pour l’été à Paris, j’avais envie de me perdre dans les interminables couloir de ce musée-état. Mais non…
Je me suis retrouvée à déambuler au hasard dans les rues de la ville… J’avais toujours cru que Rome n’était que terra cotta et terra bruschetta, et terra gelata à la vanille et terra limoncello et terra mozarella, lumineuse quoi… Mais non…
Sous la pluie, « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, Rome est grise… Vous me direz c’est tendance…

Pour échapper à la pluie, je suis allée secouer mon tout nouveau parapluie acheté en catastrophe à un vendeur indien, sur le tapis d’entrée du Palazzo Fendi… Parce que quand c’est vraiment très beau on a le droit d’appeler ça autrement que « une boutique »… Je crois que j’aime mieux le travail de l’architecte et du décorateur qui ont pensé ce magasin-là, que les sacs et les fourrures des sœurs Fendi… La Via Condotti c’est l’Avenue Montaigne, « the place to be » quand on est une grande maison de couture… et parallèle à la Via Condotti, la Via Borgognona, serait notre rue Saint Honoré…
La Via Condotti est en travaux… La piazza Navona est en travaux, la Fontaine de Trevi est un car de touristes…

Est-ce qu’il y a vraiment besoin de chausser des chaussures de randonnées, des chaussettes qui dépassent, un short et un kway pour visiter Rome… Je ne dis pas ça parce que je suis en train de ruiner mes stiletto… Salvatore Ferragamo, Sergio Rossi, etc… Les rues de Rome ont été défoncées par les chars, et depuis plus rien… aucun travaux... Sauf bien sûr, Via Condotti et Piazza Navona, etc… Comment les italiens ont-il pu passer maître dans l’art de créer des amouuuuurs de chaussures avec des rues pareilles…
Faut vraiment être une touriste pour porter des stiletto ! et pourtant les touristes sont en Mephisto… et les coquettes qui pressent le pas avant la fermeture de Zara, sortent du bureau… Avec mon speedy, mon jean patte d’éph et mes talons hauts je leur ressemble… On m’aborde en italien… J’ouvre la bouche… C’est à ce moment là que l’autochtone comprend que je suis une gentille fille, une qui cherche ses mots dans un carnet et le carnet au fond de son sac, et puis non dans la pochette, et puis non dans le passeport, et puis non finalement au fond de son sac, pour finir par débiter avec un accent espagnol, un mot d’italien et deux mots d’espagnol - le tout sans parler espagnol,toujours pas !- avant de finir par tout reformuler en anglais avec un accent français très prononcé, parce que pas évidemment je n’ai pas réussi à mettre la main sur mon carnet… Bref, j’ai testé parler patois Via Condotti, ça fait plouc !
Un œil attentif aurait également pu remarquer que je suis la seule à me tordre les chevilles environ tous les 10 mètres…

La Villa Spada ne mérite pas à mon avis, les 5 euros demandés pour la visite… 4 salles, quelques peintures très mineures, ce n’est pas ça qui allait nourrir mes envies d’art… Mais le train était arrivé avec une heure de retard et les musées ferment relativement tôt à Rome… San Luigi di Francesi était fermé, et comme j’ai préféré déambuler au hasard des rues plutôt qu’arpenter Rome le nez collé à mon plan, je n’ai pas trouvé Santa Maria Sopra Minerva… De toutes façons, le jour n'était pas assez beau pour Caravaggio et Michelangelo... De toutes façons les pâtes étaient trop cuites, réchauffées, pas al dente – note pour moi même à partir de demain penser à ne plus jamais avoir faim à proximité d’un site touristique…
Et puis après la pluie, le soleil est revenu… Le ciel de Rome est gris, vert, rose, bleu, doré… On dirait une toile du Poussin… Si lumineux qu’il fait mal aux yeux… Je suis arrivée au bord du Tibre, et je n’aurais jamais cru qu’il était si près… face à moi , posé sur un sol de pavé mouillé et sous un ciel de peintre vénitien, il y avait le Vatican…
Plus tard sur le Campo di Fiori, j’ai dégotté un petit resto, une mignonne terrasse, un service sympathique, un serveur gay qui parle français, une carte que l’on voudrait tester de sa première à sa dernière ligne, mais moi je sais déjà que je reprendrais à chaque fois les fettucini caccio e peppe parce que je suis un peu monomaniaque : ce soir là j’ai trouvé ma petite cantine romaine, l’osteria romanesca et j’ai compris que j’allais adoré Rome… La Fontaine Trevi est si jolie la nuit…
mes adresses :
pour un expresso ou un cappucino, un petit déj'... au comptoir...
une institution locale...
Casa del Caffé Tazzo d'Oro
via dei orfani, 84 (près Panthéon)
ma petite cantine
Hosteria Romanesca
Piazza campo di Fiori
pour les fettucine caccio e peppe (fromage et poivre), et les fettucine alla boascaiolla (jambon, tomate, crême, petits pois, champignons), le vino della casa est un chianti pas mal du tout ! Et le service sympathique...
22:35 Publié dans Carnet de voyage... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
05.09.2007
Manuale di sopravvivensa
A cette époque de l’année, habituellement, j’ai des envies de nouveaux habits, de trousses, de jolis stylos, de gommes parfumées et de colle Cléopâtre… Mais pas cette année…
Septembre, sera mon mini été à moi, l’occasion de porter enfin toutes mes petites robes, 12 petites robes, 12 jours…

J’ai demandé à mon-à-moi de me faire un petit lexique de survie, et voilà ce qui est ressorti –dans l’ordre, hein sans rire :
- quanto costa ?
- Grazie
- Quanto pago ?
- Quanto costa questo qui (cette paire de Gucci là sous mes yeux) ?
- Quanto costa quelle la (les Prada là-haut) ?
- Dove e Prada ?
- Ok, dove e H&M ?

- E aperto la domenica ?
- Uno, due, tre, quatro, cinque, sei, sette, otto, nove, dieci, undecimo, dodici, tredici, quattrocento, quindieci, sedici, diciasette, diciotto, dicianove, venti, trenta, quarante, cinquante, sessanta, settanta, ottonien, novanta, cento, troppo caro…

- dove deve andare per Piazza Navona ?
- dove e la spiaggia ?
- c’e’una spiaggia bella in questa zona ?
- conoscette un buon ristorante qui vicino o pizzeria dove fanno una buona pizza ?

- grazie siete molto gentile ?
Quant à vous si vous avez des bonnes adresses, des bons plans, des trucs à ne pas rater à Rome, Naples, Positano ou Capri, je suis preneuse !
10:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
03.09.2007
Factory girl - le film

J’ai craqué. J’ai été incapable d’attendre sa sortie en salle, au mois de novembre je crois, et j’ai commandé sur ebay US le DVD de Factory Girl. Pas parce que subjugué par sa performance dans le film de Steve Buscemi j’ai décidé de découvrir l’intégralité de la filmographie de Sienna Miller, enfin les films qu’elle fait entre deux séances photos avec des paparazzi qui la poursuivent dans la rue pour savoir combien de jours (d’heures !) exactement elle va mettre pour shopper et porter la petite robe ou la petite veste de kate. Non Sienna je m’en fiche, moi ma fixette ce sont les muses. Edie Sedgwick pas Sienna.
Et j’ai adoré.
Parce que maintenant je connais un peu mieux cette icône des seventies dont l’aura est parvenu jusqu’à moi. Je n’ai jamais vu un seul des films de Warhol. Seulement quelques extraits. De Edie, je connais essentiellement des photos, des pictogrammes. Les grandes lignes de sa bio. Et ça suffit. Ça a suffi pour créer une fascination… C’est ça une muse : une aura… Qui était cette femme et qu’est-ce qu’elle avait de plus que moi… Qu’est-ce qu’elle avait de si fascinant pour que des décennies après sa mort, on se souvienne encore d’elle… Elle n’était même pas une artiste. Juste une image… C’est ça en fait, elle était une œuvre d’art…
Parce que j’ai retrouvé Warhol exactement tel que je l’avais imaginé en parcourant son journal dont le film c’est je crois très largement inspiré au moins et c’est bien normal pour construire le personnage d’Andy.
Parce que Georges Hickenlooper abuse du split d’écran et que c’est parfaitement justifié, à la factory on fait plusieurs choses à la fois et en même temps, et pendant qu’Andy Warhol et Gerard Malenga travaillent sur des sérigraphies, Morrissey peut filmer Edie, alors que Ondine se fait un shoot et que brigid berlin fume une cigarette de marijuana… Georges Hickenlooper réussit à renouveler le genre établi par 24 heures… et en plus je trouve que le split d’écran finalement c’est très seventies…
Parce que j’ai fait gros craquage sur Dark Vador.

Edie – Edie Sedgwick – « poor little rich girl ». Son grand oncle paternel était l’un des signataires de la constitution américaine et du côté maternel ses ancêtres ont bâti New York. Son père s’appelle Fuzzi, il ests culpteur et sa mère est WASP, WASP ça suffit. Un jour ils ont quitté New York pour la côte Ouest. Edie a grandi dans deux ranches. Un jour, un photographe de Life magazine est venu au ranch pour faire des photos de la famille américaine idéale. Edie avait 8 ans. Elle se rappelait très bien de ce jour et tout sa vie elle détestera les photos de famille dans les magazines. Tout ça est tellement arrangé, tellement faux. En ce temps-là quand le photographe de Life n’était pas là, Edie qui avait huit ans essayait de trouver des idées pour que son père ne vienne pas la retrouver dans son lit. Quelques années plus tard, son frère Minty qui était gay et que son père détestait parce que c’était tout de même embarrassant pour la famille s’est tué. On l’avait retrouvé pendu à une corde. A son enterrement, personne ne pleurait, Edie se souviendra qu’elle avait dû pleuré à la place de toute sa famille.
Andy ou bien Warhol - Andy Warhola. Il a une peau dégoûtante qu’il est obligé de cacher sous une épaisse couche de fond de teint. C’est pour ça qu’il a la peau si blanche et des cheveux si clairs. Il vit avec sa maman dans un petit appartement. Elle ne parle pas très bien anglais, elle a fui son pays la Slovaquie(je crois) pour suivre ce beau garçon qui voulait l’épouser et qui partait aux Etats Unis pour travailler dans les mines. Elle s’exprime dans un étrange sabir d’où il ressort qu’elle aimerait bien qu’Andy se trouve une fiancée. Elle pense que c’est à cause de ça, tous ces problèmes de peau. Andy est un garçon étrange, un peu à part. à la factory il a interdit la drogue mais dès qu’il a le dos tourné Brigit Berlin, ondine ou Gerard Malanga se shootent à travers les vêtements. Ou même parfois tout nus. Ça baise beaucoup à la factory, mais pas Andy. Andy , il aime bien qu’on lui raconte. Il passe des heures au téléphone dans sa baignoire. Il écoute les uns et les autres raconter le sexe, la drogue… Lui, il se confie surtout au prêtre. Il y a deux choses qui obsèdent Andy. L’argent et le succés. Andy est un radin notoire, si vous ne me croyez pas vous n’avez qu’à lire son journal intime, il y consigne tout le détail des additions et le coût du taxi et au moins 100 bonnes raisons de ne pas payer les gens qui travaillent pour lui à la factory. L’autre fixette d’Andy, c’est le succés. Andy ne se trouve pas assez reconnu. Il est envieux. Il n’a pas le succés de Jasper Jones, de Roy Lichtenstein, ou de Jackson Pollok. D’ailleurs il se demande : est-ce que Picasso sait même que j’existe ?
Un jour Edie qui étudie les arts plastiques à Cambridge quitte la fac et part s’installer à New York. En ce début des années 60, c’est à New York que les choses se passent. Elle veut voir Jackson Pollok s’ennivrer à la vodka et jeter des couleurs sur de grandes toiles. Elle sait qu’il est fou et elle sait qu’il est intéressant. Comme Warhol. Elle dit que ces hommes sont en train de changer le regard que nous portons sur le monde et elle dit aussi que quand on est comme ça la vie est un moment difficile à vivre.
Et Edie rencontre Andy.
Andy est subjugué par cette fille qui danse peut-être parce qu’elle lui ressemble un peu, enfin elle ressemble à la fille qu’il aurait été s’il avait été beau. A ce moment de sa vie, elle est très Jackie avec ses cheveux noirs et longs, mais bientôt elle lui ressemblera un peu plus. Andy-gmalion. Il comprend tout de suite qu’elle est folle de lui. Bientôt elle aura les cheveux blonds et courts comme lui. Elle devient une super star, le prétexte à des films qui racontent une journée de sa vie, n’importe quoi… Il s’agit surtout d’imprimer de la pellicule… et Edie qui avait été une artiste devient une œuvre d’art.
- what do you expert me to do in your movie ?
Andy :
- Oh ! nothing you just have to be yourself ?
Edie :
- which one ?
Andy l’adore. Elle a des relations. Elle connaît des gens qui peuvent acheter les peintures. Elle a beaucoup d’argent. C’est bien c’est elle qui paye le restaurant. C’est qu’il y a beaucoup de monde à la factory…
Et tout va pour le mieux, pour la première fois de sa vie peut-être elle est heureuse, emportée dans une spirale de films, de fêtes, d'achat compulsif, de drogue et d'art et puis il y a cette relation avec Andy dans laquelle se reflète une Edie qui lui plaît…
Mais un jour la muse s’autorise un petit écart.
Il s’appelle Dylan, Bob Dylan. Mais dans le film on l’appelle pas. Parce que Bob a collé un procès à la production, etc... Il n’a semble-t’il pas aimé être montré comme le type qui arrive à la factory pour un tournage et qui demande à être payé alors que cela ne se fait pas et qu’il est immensément riche, ou bien il n’assume pas trop le fait d’être le type qui ne comprend pas pourquoi une boîte de soupe Campbell peinte sur une toile peut coûter aussi cher ou bien alorsce qu'il n’assume pas c'est d’avoir abandonné Edie, lui aussi. Pourtant…
Pourtant Dylan, enfin entre guillemets Quinn, a le beau rôle. Hayden Cristiansen est si sexy. Je n’avais jamais remarqué à quel point il était sexy Dark Vador. Quinn, enfin Dylan puisque l’on est tout à fait sûr que c’est lui. La première fois qu’il apparaît il a un harmonica et Edie lui dit qu’il est une sorte de prophète "ultra famous". Dylan enfin Quinn c’est le prince charmant . Un prince charmant malheureux parce qu’en dépit de tous ses efforts il ne va pas réussir à réveiller à temps la belle au bois dormant… Lui qui aime tant ses dessins, il ne réussira pas à la convaincre. Elle n’échappera pas à son Pygmalion toxique. C’est impossible. Parce qu’elle est une poor little rich girl et que la factory est le seul endroit au monde où on lui a dit : « sois toi-même ». Personne n’est très normal à la factory et d’ailleurs personne ne vous encourage à être normal. « it’s so boring… ». Sois toi même c’est très bien surtout quand on est toute prête à être plusieurs personnes à la fois à défaut de savoir vraiment qui on est…
- what do you expect me to do in your movie ?
Andy :
- Oh ! nothing you just have to be yourself ?
Edie :
- which one ?
Et puis parce que je trouve ça très beau et que je ne sais pas très bien comment finir, l’une des plus jolis scènes du film, une new york telephone conversation parce que l’on se téléphone beaucoup dans Factory Girl…
- I wonder if people are gonna remember us…
Edie :
- What ? When we’re dead ?
Andy :
- yeah…
Edie :
- I think people will talk about how you changed the world
Andy :
I wonder what they’ll say about you in your obituary… i like that word
Edie :
Nothing nice I don’t think
Andy :
- Ho no come on… it’d say… Edie Minturn Sedgwick beautiful artist and actress
Edie :
- And all around-loon
Andy :
- Remember for setting the world on fire
Edie :
- and escaping the clutches of her terrifying family
Andy :
- make friends with everybody and anybody
Edie :
- creating chaos and uproar wherever she went… Divorced as many times as she married, she leaves only good wishes behind
Elle rit…
- Nice isn’t it ?
03:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : blabla de filles ; art


