31.07.2006

L'homme en noir...

Au temps où je trépignais d’impatience en attendant son retour, j’avais voulu faire une surprise à Pretty man et j’avais réservé pour cette fin d’après-midi un tandem qu’un loueur de vélo et un site internet mettait gracieusement à disposition pour tester la compatibilité des partenaires… Voilà une chose que nous ne ferions plus ensemble… J’avais proposé à Anabelle d’aller faire un tour en tandem ensemble, pensant que cela pourrait être amusant… Et puis j’avais prévu de rejoindre à 13h30 au musée Maillol Esther, Miss B., une certaine Elodie et le meilleur ami d’Esther… Anabelle devait se joindre à nous… Un dimanche de copines s’offrait à moi et je m’en réjouissais… Même si un coup d’œil à ma fenêtre m’amenait à penser que la pluie rendrait probablement caduque tout projet de balade en tandem, mais ce qui changea tout, c’est un coup de sonnette…

Je venais de repoudrer mon nez, okay, je venais de faire pipi… je n’étais guère en avance et je m’apprêtais à sortir, le temps de mettre la main sur une paire de chaussures sous le canapé, et… Ding dong ding dong… Je décidais d’abord d’ignorer l’intrus, ma maison n’est pas exactement une maison bleue sur la colline et les digicodes ont depuis longtemps mis à mal dans les grands centre urbains, les visites impromptues… Aucun ami ne passait pour un café, un apéro sans s’enquérir de ma présence… Et puis je songeais que j’avais peut-être encore une fois inondée mon infortuné voisin du dessous, et que mon absence n’empêcherait ni ma concierge soumise, ni mon envahissante voisine de pénétrer à l’intérieur de mon appartement… Résolue à ouvrir la porte à un témoin de Jéhova ou un voisin mouillé et furieux, je me résignais donc à m’enquérir de l’identité de l’intrus :

- Qui est là ?
- C’est moi…


Je ne pensais pas revoir Pretty Man avant peut-être des mois, ou même jamais ou bien alors par inadvertance dans l’un de ces endroits que l’on affectionne tous les deux, je m’étais même préparée à l’idée qu’il serait peut-être accompagné… Je m’attendais à tous sauf lui… J’ouvrais la porte toute pleine d’appréhension, de tristesse… Mais il ne me semblait pas possible de la refermer… pas sur ce visage, cette silhouette, ces yeux-là et ces souvenirs-là… Je le fis entrer et s’asseoir, je tentais de joindre Esther, je lui laissais un message pour m’excuser… Je me résignais à l’idée d’annuler une sympathique sortie, je redoutais une conversation probablement lourde, difficile, prématurée… Mais je ne suis pas de ceux qui effacent, je suis fidèle, quand j’aime une fois, j’aime pour toujours, je n’aime ni disparaître de la vie des autres, ni les effacer de la mienne… et je crois bien que d’une certaine manière s’il n’est pas à proprement parler un chantre de l’exclusivité et notamment de l’exclusivité sexuelle, Pretty Man à sa façon est d’une fidélité absolue…

Bizarrement cela n’a pas été lourd, triste un peu, mais surtout étrange… Il ne nous était jamais arrivé ni à moi ni à lui de devenir amis par amour… Peut-être d’ailleurs tout cela a-t'il été possible parce que nous ne disions jamais amour, ni amore, nous disions love comme dans une chanson, comme dans un film, comme dans un amour de vacances en langue intermédiaire, un amour à la fois sensuel, affectueux, indian… Peut-être tentons-nous un truc impossible, insensé… idiot, stupide, dangereux, trop tôt, casse-gueule… Ce silence entre nous était étrange mais pas lourd, peut-être parce que la douceur de ces marbres, la sensualité de ces bronzes, la quiétude du Musée Rodin, tout cela se prêtait bien au silence… Peut-être parce que l’art est le petit tiret entre lui et moi… Mais après autour d’un café les mots sont venus… Je ne te quitte pas parce que l’amour a disparu, je t’aimerais toujours c’est simplement que je ne veux plus de l’histoire que tu me proposes… À la fois simple, et difficile mais serein, presque serein, bientôt…

C’est tellement étrange d’évoquer un chagrin d’amour avec la personne qui en est la cause et si vite, surtout… Nous avons dîné, c’était très important pour moi de savoir qu’il allait manger – maman sors de mon corps ! Nous n’avons pas bu, il n’y avait pas à briser la glace, nous avions sur nos sentiments cette impudeur que seuls les amants, ou les très vieux amis peuvent avoir… Et très étrangement nous avons même évoqué cette autre vie, la sienne, nous l’avions déjà fait bien sûr mais pas comme ça, hier pour la première fois il n’y avait plus d’enjeu, plus de terrain miné, c'est bizarre, bien sûr…

Nous avons pris un taxi, j’ai proposé un café, il a récupéré sa brosse à dent, son maillot de bain, et son cadeau de Noël dernier, il a laissé une brosse à cheveux… C’est tout… J’ai sorti de sa cachette mon portrait sur fond bleu de Giotto, c'est un cadeau, le cadeau d'un ami… J’ai souri, mon sourire était un peu mouillé, c’est vrai…

Pretty Man restera donc dans ma vie, le personnage ne quitte pas la série, il fait toujours partie de la distribution… Mais les choses ont changé, aujourd’hui je ne peux plus l’appeler l’ami-amant, non ça ce n’est plus possible puisque nous ne sommes plus des amants… Et continuer à l’appeler Pretty Man, c’est délicat puisqu’en fait, il n’aime pas trop ce pseudo, il trouve que cela fait trop gigolo… Alors en gage d’amitié et parce que je contrarie beaucoup moins mes amis que mon amoureux, spécialement lorsque j’ai un truc à régler avec mon amoureux,  et comme c’est lui qui a balancé cette idée comme ça en feuilletant le Vogue du mois d’août qui traînait sur la table, désormais je l’appellerai l’homme en noir…

30.07.2006

Le temps des copines...

Quand le temps va et vient, on ne pense à rien malgré ses blessures… C’est le temps des copines... Celles qui sont toujours-là même si la vie, les amours, le travail font que l’on ne se voit pas toujours tout le temps… Mais il y a cette solidarité de nos vies à choix multiples et de nos cdd d’amour face à ces chagrins qui nous guettent toutes…

 

Avec ma copine Anabelle, les mots sont presque inutiles, elle aussi elle aime un homme, lui aussi il est italien, lui aussi il a une femme dans sa vie, elle aussi elle s’appelle Valeria… Bref résumé des faits, pas d'explication, se justifier  c’est inutile, on se comprend… C’est l’histoire d’un verre, il était à moitié plein, et il paraît aujourd’hui à moitié vide… J’ai fait mes longueurs, et Anabelle s’est occupée à maintenir à un taux constant, sa mélanine boostée par une semaine dans le perpignanais … Après quoi on est allé s’allonger sur l’un des rares matelas disponibles de la terrasse en teck sur le pont supérieur…

 

Si je devais me réincarner, je me réincarnerais volontiers en lézard… Évidemment si j’ai la possibilité d’être un humain, je veux dire un humain riche cette fois-ci, je préfère avoir une jolie peau et ne pas avoir maille à partir avec des chats ou des mômes, mais sinon paresser au soleil, une vie de gecko ça me va bien… Et quand les mots sont revenus c’était une histoire de crème solaire, d’heure d’exposition, et de cagnard… et puis puisque l’on parlait d’heure on a commencé à parler de terrasses, de sardinades et de salades, et  l’on a supposé que l'autre aussi avait faim…

 

Nous avons pris le bus 87 jusqu’à Bastille et remonté la rue Saint-Antoine jusqu’à la petite place qui fait l’angle du Zara, où un petit bistrot propose d’excellentes salades et l’on avait tellement faim que l’on est entré dans, seulement, deux boutiques : un magasin de bijoux, le préféré d’Anabelle et Kookaï où je me suis achetée deux petites robes parfaites, l’une toute mauve en crochet, et je crois que je vais la porter tout l’été et l’autre en satin bleue plus habillée, plus cocktail qui ira très bien avec la vie sociale que je vais imaginer, inventer… et mettre en place pour ma nouvelle vie à moi qui commence aujourd’hui…

 

Et puis si jamais je n’y arrivais pas à faire ma mondaine ce n’est pas très grave puisque ma préférée était soldée à 70% et mon petit caprice un peu moins cher tombait sous le coup du deuxième article soldé à 1 euro… Bref si j’avais eu un peu plus de temps et moins faim, j’aurais acheté une troisième et une quatrième robe…

 

Mais nous avions faim et j’ai pas tout à fait fait régime mais enfin, presque, avant de rejoindre sur les champs ma copine Cléa pour voir un film indien avec Charuk Khan et Aishwaria Rian, enfin presque, mais je vous raconterai tout ça lorsque je serais en vacances entre le 5 et le 13 août… En résumé très résumé, il faut se méfier des distributeurs indiens lorsqu’ils ne font pas des sous-titrages avec google-translator, ils font figurer en gros sur l’affiche des noms de stars qui ne jouent pas vraiment dans le film, enfin Sharuk oui, même s’il arrive très tardivement, mais Aishwaria elle doit jouer beaucoup plus longuement dans les pubs de l’Oréal, et puis est-ce que l'on peut considérer qu'elle joue dans le film puisque son personnage n'intervient pas dans l'action… Et puis c’est quand même très violent, pas le genre de film qui vous donne envie de passer vos vacances au Pakistan…

 

Mais ce n’est pas très grave… D’abord parce que ma copine Cléa, elle aussi phobique de l’engagement, et de la routine … Back street elle connaît bien elle aussi, elle a pratiqué longtemps avant de rencontrer Jules et… Et que les demi-mots suffisent… Et puis soudain l'avenir vous sourit... Cléa avait une très jolie nouvelle à m’annoncer elle et son jules vont avoir un bébé au mois de janvier, ce qui me fait plaisir pour eux, vraiment, parce que c’est le genre de personnes à qui j’accorderais volontiers un permis pour être parent, et je suis un instructeur sévère surtout en ces mois de piscine où je ferais volontiers enfermer tout individu de moins de 12 ans dans un pensionnat en Suisse ou en Angleterre… Bref Cléa & Jules vont avoir un bébé et  moi je devrais avoir quelques semaines / mois de taf à partir de novembre pour cause de remplacement de congé de maternité…

On s'est dit au revoir sur les Champs-Elysées, elle est repartie de son côté et moi du mien, et je suis rentrée à pied, d'humeur sereine et le coeur léger... en me disant que j'avais pris la seule décision possible, et que même si c'était difficile ce serait mieux après...

Je me baladais sur l'avenue,

le coeur ouvert à l'inconnu,

j'avais envie de dire bonjour, à n'importe qui...

 

J'étais sur le Boulevard de Sébastopol, je marchais, tranquillement lorsque n'importe qui justement est venu me voir... Le type, la chose, beurk, répugnant me dit (texto, hein, j'ai été obligé de lui faire répéter) : tu voudrais un garçon, non parce que si tu cherches un homme moi je serais intéressé, et toi tu serais intéressé ?

Non mais qu'est-ce que c'est que cette... ça a changé à ce point là les plans dragues en deux ans... On m'a séduite en anglais, moi monsieur avec quelques mots d'italien et des lunettes noires... Cette petite robe blanche à pois, elle a quelque chose de spécial et mes copines sont formidables mais ça j'ai dû vous le dire déjà...

  

 

 

 

28.07.2006

Up

Un chagrin d’amour c’est un chagrin c’est vrai, mais ce chagrin-là sous entend qu’il y a eu de l’amour… Elle a dit ça en prenant des précautions, elle a dit : c’est un peu trash, c’est vrai mais c’est ma maman qui dit ça et ça veut dire qu’au moins tu as eu cette chance-là d’avoir un amour, il y a des gens qui ne vivront jamais ça, tu sais…

Moi je n’ai envie de garder que le meilleur, je veux oublier ces derniers jours, les échanges un peu durs, les regards absents et les silences lourds… Je veux me souvenir des rires, des peintures, des films, des opéras, de sa main sur mon genou, des petits bisous sur la tête, des caresses dans le dos, des bulles, des tartines, des bo-bun, du Café de Flore et de Polidor, de Versailles et la Tour Eiffel… C’était un contrat à durée déterminée, c’est fini c’est tout…

J’ai une énorme envie de vivre. Je veux faire un truc, un vrai. Partir, rester, signer pour un cdi ou s’obstiner en free-lance ou bien alors tout recommencer, ailleurs, Londres ou bien Paris… Écris me dit une amie, un roman ça c’est un vrai truc et tu as le temps, lance-toi… Je nage, je bronze, je musarde, je terrasse, je lis, je réfléchis…Je suis encore à fleur de peau et en même temps il y a cette espèce de vertige, la liberté, à la fois des tas d’envie et une frousse énorme… Il est temps de prendre ma vie en main, j'ai trente-deux ans.

Je veux le meilleur pour lui, je veux qu’il aille bien, et que l’on reste amis, plus tard, après… J’ai sûrement été une mère juive dans une autre vie, moi aussi

Je suis triste, mais je ne me débrouille pas trop mal. Je remplis le temps, je pleure un peu mais pas par manque, je pleure parce que j’aurais aimé que ça se passe autrement et puis aussi, parce que les copines… les copines de la vraie vie et puis aussi les blogueuses et les blogueurs quelques mots qui vont droit au cœur, qui touchent… Vraiment… Alors voilà, j’ai fait mon oursonne pendant deux jours. J’avais besoin d’être un peu avec moi, pas digne, pour me rendre compte que c’était pas si terrible que ça et que je sais encore faire… Je suis allée visiter l’expo Marylin, la dernière séance par Bert Stern, et à priori je devrais revenir voir cette expo, deux fois, si si on m'a téléphoné deux fois pendant cette expo et Marylin me reconcilie avec mon corps… Cette histoire m’aura appris une chose sur moi-même c’est que j’ai besoin de l’autre et que c’est plutôt bien, maintenant j’arrive à peu près, presque, à le dire et je suis heureuse de voir qu’autour de moi les gens sont encore là, toujours dispo pour une amie aussi déplorable que moi. Alors que ce soit dit, j’accepte tout, tout...

Sans-titre


Trop tard, la fondation Dina Vierny ferme ses portes à 17h15, je ne verrais pas Marylin, pas aujourd’hui...

Il est 17h27 et je n’ai pas pleuré. C’est la vie, c’est comme ça, ça fait mal, je suis triste, bien sûr, mais c’est mieux comme ça. J’ai nagé beaucoup, longtemps, j’ai marché, j’ai lu, j’ai shoppé, et maintenant... Il est 17h27 et je fais quoi... Surtout ne pas s’arrêter, ne pas penser....

Je suis allée au kiosque à journaux pour acheter l’Officiel des spectacles, un ciné ce serait une bonne idée. Et je l’ai vu, elle Hillary Rhoda, pour mettre en valeur son visage à la beauté un peu étrange Vogue a fait l'impasse sur le G, mais le logo est là jaune orangée, avec au centre du O cinq lettres presque arrogantes qui suffisent à le poser là : Paris… C’est le Vogue du mois d’août et avant même de l’ouvrir, je sais qu’à l’intérieur, il y aura cette série de Mario Sorrenti avec Eva Herzigova et lui… Je l’achète, je ne l’achète pas… Je regarde la couverture, et les souvenirs affluent… Fin avril, il faisait beau, j’allais tourner dans un appartement à deux pas d'ici, tout près de l’église Saint-Germain des Prés, on était en avance, on avait été prendre un verre et mon téléphone avait vibré, sur l’écran il y avait écrit RiccardoIt et j’avais décroché… Je lui avais dit à quel point j’étais heureuse après tous ces mois d’inactivité de tourner à nouveau, d’avoir des collègues, des clients, des problèmes… Le temps me paraissait un peu moins long, il me manquait et il allait me manquer mais… je me souviens de sa voix, il était très heureux, tout excité, Mario avait appelé et ce coup de fil le ramenait à Paris beaucoup plus tôt que prévu pour un shooting et il n'était pas reparti, enfin longtemps après seulement… 

Deux jours après, je me souviens de ce baiser sur le Pont Neuf, juste en dessous d’un réverbère, je me souviens de nous assis sur les marches et attendant, nous encore assis dans un bus et attendant toujours… Je me souviens de lui en Saint-Laurent, je l'avais appelé Pretty Man, et comme il n'aimait pas trop l'ami amant c'était  resté Pretty man... ll trouvait que ça faisait un peu prostitué mais... Il commençait à m'agacer à remettre en cause tous mes pseudos...Après quelques minutes, quelques heures, j’avais choisi de m’éclipser, je n’avais rien à faire là, c’était son truc à lui, je ne voulais pas m'immiscer dans cette relation, être un problème, être en trop ; j’étais sereine, apaisée, et sûre de son amour parce qu’il avait voulu me laisser entrer un peu dans sa vie.

Alors, j’ai acheté Vogue c’était plus fort que moi… J’étais presque sûre qu’il ne savait pas qu’il était sorti, j’ai commencé un texto qui disait à peu près ceci : le Vogue du mois d’août est sorti, tu es très beau… et puis je me suis arrêtée, j’ai réalisé que je ne pouvais plus envoyer des textos comme ça, des textos pour rien, juste pour dire je pense à toi, qu’est-ce que tu fais… J’ai hésité encore peut-être que je pouvais envoyer quelque chose, comme ça : le Vogue du mois d’août est sorti, tu es très beau… c’est sans doute mieux comme ça, restons amis… ou bien, quelque chose comme ça : le Vogue du mois d’août est sorti, tu es très beau, je garde un exemplaire, tu voudras bien me le dédicacer, un jour, plus tard… Et puis bien sûr,  je n’ai rien envoyé, trop tôt, malvenu, et où as-tu mis ton orgueil, ta dignité connasse… Alors j’ai verrouillé le clavier et j’ai rangé mon téléphone tout au fond de mon grand sac doré… J’ai dû pleurer un peu car je savais que c’était ça qui allait me manquer… Les petites choses, les textos, la tendresse, les habitudes… J’ai ouvert L’Officiel et j’ai choisi un film, et puis comme j’avais deux heures à combler avant la séance je suis entrée à L’Ecume des pages et j’y ai acheté en poche la presque totalité des volumes de la Recherche du Temps Perdu, tous ceux qui étaient disponibles… Alors je suis allée m’installer avec Swan à la terrasse la plus proche…

27.07.2006

Un soir d'orage...

Ce soir-là, elle avait réservé sur un bateau un petit bout de table pour une croisière sur la Seine. Elle avait espéré que Paris, quelques bulles de champagne, un coucher de soleil leur ferait retrouver cette complicité perdue. Elle avait passé l’après-midi au soleil, elle avait voulu donner à sa peau cette jolie couleur caramel-abricot. Elle avait nagé encore et encore, ce matin elle avait vu que cette fichue aiguille avait retrouvé le sens de l’orientation et ces 3 kilos et demi en moins lui donnaient presque confiance en l’avenir. Elle surveillait l’heure du coin de l’œil car si elle se fichait de payer le supplément horaire, elle voulait rentrer assez tôt pour pouvoir se faire jolie. Sur un ceintre à la fenêtre, elle avait mis à sècher cette petite robe blanche à pois blanc, parce qu’il lui avait dit qu’il l’aimait et qu’il la trouvait sexy avec. Elle avait voulu lui plaire, lui redonner le goût d’elle, à un moment elle se souvenait il l’avait aimé sans doute ou en tous cas suffisamment désiré pour prendre quelques risques… Il avait presque réussi à lui faire oublier l’autre. À présent, elle était toujours là, l’autre, un téléphone qui vibrait sans cesse, des heures entières, des semaines où il la mettait hors de sa vie pour être seul chez lui, au cas où, pour être seul avec elle, aussi... Mais aujourd’hui, elle avait décidé d’être belle, elle avait voulu y croire, encore, un peu pas longtemps, mais pour quelques temps encore… Alors en rentrant à la maison, elle avait lavé ses cheveux… Elle y avait déposé quelques gouttes d’huiles et elle avait mis sur sa peau cette crème à la fraise qui donne un teint de pêche. Elle avait laissé posé quelques minutes. Pendant ce temps là, elle avait enlevé ce vernis rouge sur ses ongles et puis elle avait gommé ses pieds. Elle avait repoussé les cuticules. Elle avait limé ses ongles, elle les avait poli un à un les pieds d’abord et puis les mains ensuite. Elle s’était interrompue pour enlever le masque et rincer ses cheveux. Et puis elle avait passé sur chacun de ses ongles un vernis transparent et au bout de ses doigts de pied une cerise noire et laquée. Elle avait massé son corps longuement avec une huille qui sentait bon la fleur d’oranger. Et puis elle avait passé sa petite robe à pois. Le bout de ses doigts de pieds n’étaient pas tout à fait secs mais ses doigts, si, alors elle avait pu s’emparer du téléphone et composer son numéro à lui. Elle avait trouvé sa voix étrange un peu lointaine, mais elle s’était dit qu’elle se faisait sans doute des idées, du reste elle n’avait toujours pas vraiment compris comment hausser le volume sur son nouveau toy rose et tous ses interlocuteurs lui parlaient de très loin – à propos si quelqu’une peut m’aider…. Elle avait l’impression de l’avoir réveillé mais elle n’avait pas voulu psychoter outre-mesure sur le fait que cette soirée comptait sans doute moins pour lui que pour elle. Elle avait pris le métro, en se disant qu’elle aurait sans doute mieux fait de prendre un taxi, mais qu’une princesse intermittente doit faire des sacrifices parfois.

 

Ils avaient rendez-vous à la sortie du métro, mais à la sortie du métro, il n’était pas là. Le bateau partait dans 19 minutes, il fallait bien marcher 10 mn pour être à quai quand il a appelé pour dire qu’il était à Nation et qu’il serait là d’ici 5 minutes. Elle savait que c’était un petit peu plus long que ça. Elle s’est dit qu’ils avaient encore une chance de monter à bord, mais peut-être pas… Une pensée comme ça l’a traversé… Il n’avait pas paru enthousiaste à l’idée de cette croisière, et de ce bateau pourtant en voyant ces bateaux sur la Seine, il avait souvent parlé d’un dîner et d’une croisière, elle s'était laissé séduire peu à peu par ce plan pour touriste. Et si ça l’ennuyait, s’il l’avait suivi à contre-cœur et que tout à son enthousiasme puéril elle n’en avait rien vu, il le lui ferait payer c’est sûr… Et puis il est sorti du métro s’est excusé du retard, elle s’est dit qu’elle s’était trompée, en même temps elle continuait à le trouver étrange, distant, froid… Mais il avait l’air décidé à monter à bord, elle s’est dit qu’ils avaient une petite chance d’être encore à temps, en voyant d’autres retardataires qui marchaient dans la même direction qu’eux et personne qui ne venaient en sens inverse après s’être vu refusé l’accés au bateau… Elle était contente… Le ciel était « bas et lourd comme un couvercle » pour le coucher de soleil c’était peine perdue, restaient les bulles et les quais de Seine au fil de l’eau. Elle se sentait excitée, gamine. Le bateau était bondé, pas plus que la semaine passée lorsqu’ils n’avaient pu avoir une table, pourtant il a dit « allons nous-en ». Elle s’est dit que cela faisait bien une semaine et même un peu plus qu’elle attendait ça. Elle s’est dit que ses chaussures, ses talons sur ce gravillon la blessaient un peu… Elle s’est trouvée ridicule avec cette petite robe blanche à pois noir dans ce quartier désert, près d’un ministère triste où même le métro ces jours-ci ne vient plus… Elle aurait bien aimé prendre le bateau et sentir claquer sous sa langue les bulles du champagne. Elle aurait aimé qu’il lui sourit, qu’il prononce juste quelques mots rassurants, elle aurait aimé… Mais lorsqu’il lui a demandé ce qu’elle voulait faire, elle a répondu "rentrer à la maison, je suppose"… Et puis elle a demandé ce qu’il voulait faire lui… Et…

 

Elle s’était retrouvé sur cette route, sur ce trottoir à s’entendre dire qu’elle n’était pas de bonne humeur, qu’elle était triste et que lui avait horreur des tragédies, qu’elle écrivait des choses mauvaises, qu’elle avait changé, que la chaleur le rendait nerveux, qu’il ne ferait aucun sacrifice pour elle, aucun, et qu’elle n’avait pas besoin de lui pour dîner sur la Seine que le bateau était encore là et qu’elle n’avait qu’à faire demi-tour. Elle s’est souvenu de ce café à Odéon, elle s’est dit tout avait commencé là et tout finit ici… Saint-Germain des Prés – Bercy, fin de l’illusion… Dans le fond n’est-ce pas comme ça que finissent toutes les histoires d’amour… Il n’y a guère que les lignes de bus pour ne pas suivre ce trajet alors elle n’irait pas au Flore non plus ; lui s’est arrêté à une terrasse, elle elle a continué à marcher. Elle s’est dit que s’il appelait avant qu’elle n’arrive Gare de Lyon cela voudrait dire qu’il l’aimait, que ses mots avaient dépassé sa pensée… Mais à la Gare de Lyon, il y a ce jeune homme à vélo qui lui a dit qu’elle était ravissante et elle s’est mise à pleurer… Le garçon était tout embarrassé, il ne savait plus quoi faire, il s’est excusé. Elle a dit que ce n’était pas sa faute et qu’elle pleurait tout le temps, et que là elle ne savait pas pourquoi elle n'avait pas pleurer, mais que c’était bien finalement, que ça lui ferait du bien, elle a dit que ça irait… Et le jeune homme a dit : "un de perdu dix de retrouvé" et il lui a souri gentiment…

Un peu plus loin, elle s’est rendu compte que le vent avait commencé à souffler, elle a décidé d’y voir un signe… Elle a hâté le pas… Elle s’est dit que peut-être il appellerait avant Bastille… Mais elle savait qu’il ne le ferait pas, c’était toujours elle qui avait appelé à chaque dispute, à chaque fois… De lui, elle avait tout accepté, tous les mensonges, son âge, son non-mariage, ses aventures, son égoïsme et cette fois, elle allait le quitter, l’amour est parti comme ça quand elle a compris qu’elle n’avait rien à attendre d’un type qui lui disait : tu n’as qu’à le faire toute seule ce dîner croisière, tu n’as pas besoin de moi… Place Léon Blum, il s’est mis à pleuvoir, en trente secondes elle s’est retrouvé trempée, ses boucles brunes collées au visage, sa robe plaquée au corps, candidate malgré elle à un concours de tee-shirt mouillée, elle a senti que la pluie passait au travers de son joli sac doré, elle a espéré que son appareil photo, son passeport et son toy rose réchapperait de cette douche froide et puis soudain elle s’est mis à rire et elle s’est dit : évidemment que je n’ai pas besoin de toi, évidemment…

25.07.2006

Des lignes et des ronds...

L’amour dure 3 ans, dit Frédéric Beigbeder, mes histoires à moi n’ont jamais duré aussi longtemps… Le soleil brûle ma peau, je fends l’eau d’une brasse pénible impossible de tracer des lignes, à cette heure, à cet endroit… Je parviens tant bien que mal à aller au bout de ce kilomètre brasse… Je me concentre sur les chiffres pour éviter de penser, je pense tout de même mais plus lentement, moins confusément. Je suis malheureuse, mais l’idée de faire tout ce qui est en mon possible pour m’en sortir m’apporte une satisfaction infinie… Si je continue à me livrer chaque jour à une telle débauche d’exercice physique, je vais bien finir par la produire cette foutue endorphine… Où es-tu petite hormone du bonheur, tu vas commencer à faire effet, connasse… Je trouve un réconfort dans l’avenir, je veux retrouver mon corps, celui qui me plaît, celui qui ne raconte ni les dîners en amoureux, ni les moments heureux, ni le manque… Je veux être rassurée par le regard des autres, pour me rassurer un peu moi même… Quand je ne maîtrise plus rien, ni professionnellement, ni sentimentalement, quand je ne peux organiser/maîtriser les évènements extérieurs c’est toujours vers mon corps que je me tourne, j’en prends le contrôle, je le domine, je le discipline… Ce sera mieux après… Je dois trouver cette ressource en moi, trouver la clef pour passer de l’autre côté pour lors je tourne en rond alors pour échapper aux ronds je fais des lignes dans une eau bleue turquoise, j’avale des lignes écrites par d’autres en collection poche, et je fais valser mes doigts au dessus du clavier pour aligner des mots, dérouler des pensées, m’épancher… Je veux oublier l’addiction, continuer… Ce matin, je me suis achetée une petite robe à pois...

23.07.2006

C'est quoi l'amour...

- Je ne suis pas superficiel
- Derek ton activité préféré c’est de compter tes ex sur Fashion TV
- Ton activité préféré c’est de regarder qui a grossi sur Fashion TV

Hier, je suis retournée à cette pharmacie du Boulevard Richard Lenoir, j’ai acheté des sachets de poudre, et au marché un peu plus loin, des tomates, du fenouil, des poivrons, un concombre. C’est drôle parce que en parcourant mes archives je me suis rendue compte que l’an dernier au mois de juillet, j’avais fait exactement la même chose, d’ailleurs c’est lorsque j’ai lu "j’ai perdu 6 kg en 3 semaines" que j’ai décidé de passer à la pharmacie. Pretty Man a dit que je ne faisais pas ça pour lui, que je faisais ça pour l’autre, le prochain, parce que j’avais envie de séduire un boy-friend, un rien qu’à moi. Pretty Man me comprend mieux que personne au monde. Ai-je vraiment envie de perdre ça…


Deux jours que je tourne en rond cette question dans ma tête. Je vais et je viens le long du bassin, je contourne les quelques gamins qui s’ébrouent dans l’eau. Je pleure. Je me vautre sur un transat, je bouquine pour ne plus penser. J’ai trouvé le parfait bouquin pour la terrasse en teck et les transats de la piscine Joséphine Baker. Lolita Pille et son Bubble Gum. Et là au Musée Rodin c’est elle qui m’a arraché mon premier sourire de la journée, mon premier rire même… Comment un homme et une femme se disputent, c’est aussi con que ça bien souvent aussi méchant et creux qu’un dialogue de L’Ile de la Tentation.  

- Je ne suis pas superficiel
- Derek ton activité préféré c’est de compter tes ex sur Fashion TV
- Ton activité préféré c’est de regarder qui a grossi sur Fashion TV


Et j’ai lâché mon bouquin et j’ai regardé autour de moi, je suis allongée sur l’un de ces transats patinés tout au bout du jardin, face à moi de l’autre côté de ce presque jardin de curé qui clôt le parc, s’étale un jardin à la française et tout au bout de ce jardin l’hôtel particulier qui abrite les collections du Musée Rodin. Quel joli endroit si calme… Pourquoi je devrais partir… Parce qu’il en aime une autre et qu’il ne la quittera jamais, parce que depuis 25 ans elle est son drôle de passé, son drôle de présent, son futur, elle est là constante, sécurisante… Parce que je ne le verrai jamais lorsque je le souhaite moi, toujours lorsqu’il le pourra lui, quand il aura pu la joindre au téléphone avant, quand elle aura pu appeler et le trouver chez lui, quand elle sera loin… Parce que moi je n’ai même pas son numéro de téléphone fixe… Parce que moi je n’irais jamais à Naples. Parce que le temps passe… Parce que moi je suis aussi exclusive et loyale qu’un chien, Lassie, je suis Lassie, et je ne commencerai jamais une histoire tant que je suis avec lui… Parce que je devrais me ré-inscrire à Meetic et que je ne le ferais pas parce que cela pourrait le blesser… Parce que lui est toujours inscrit sur Meetic…

Et puis pourquoi je vais rester… Parce qu’il sait trouver les mots pour me rassurer… Parce qu’à sa façon à lui, il m’aime même si c'est pas comme je voudrais… Parce que l'on ne m'a jamais aimé comme je le voudrais... Parce qu’il est au centre de ma vie, mon ami le plus proche celui qui me rappelle toujours lorsque je lui laisse un messsage, celui qui partage avec moi, mes bons moments et mes moments les moins drôles aussi… Celui qui m’encourage à prendre confiance en moi, à me lancer… Celui qui se réjouit pour moi… Parce qu’il manie mon éventail avec grâce l’été ce qui me permet de laisser mon poignet reposé… Parce qu’en hiver il a toujours les pieds chauds… Parce que quand je le vois, je ne peux pas m’empêcher de le trouver si beau, si classe et que je suis fière d’être à son bras… Parce que je l’aime c’est bien ça mon problème… Et parce que si ma raison avait jamais pu prendre le pas sur mon cœur, je me serais évitée pas mal de larmes…

Et puis même si elle est bancale notre histoire, elle est là, c'est mieux que rien, et puis si finalement c'était toujours ça une histoire la rencontre de deux  solitudes à un moment x à un endroit donné...

22.07.2006

Il faut être deux pour danser le tango...

Ariane et Solal meurent ensemble, ça finit toujours comme ça, les amants meurent ensemble ou bien ils meurent l’un pour l’autre... Et moi... Quand est-ce que je vais mourir ?

À la piscine Joséphine Baker, les gouttes de pluie rebondissaient à la surface et m’éclaboussaient le visage, je jetais un œil à Pretty Man au bord du bassin… Je me disais qu’il avait l’air loin, si loin… Un peu triste aussi, préoccupé… Je regardais les autres bateaux, je nageais, j’étais bien, je me disais que j’aurais assez de sourires et de bonne humeur pour deux…

Sur les quais, face à la pointe est de l’île Saint Louis, face au saule pleureur, juste à côté des danseurs de tango, on a étendu une couverture et puis l’on a défait le panier du pique-nique, melon, fromage, jambon cru, baguette fraîche et vin rosé… À l’ouest le soleil baissait déjà, il se couchait juste derrière le pont des arts près du pont Alexandre 3 mais on ne le voyait pas, je devinais juste, je devinais… J’ai même cru qu’il souriait… J’ai repris un verre de rosé, un petit bout de chèvre, pour le défier un peu… C’est mon corps à moi et en ce moment il est tout en rondeurs, un peu trop, tu as raison mais c’est dégueulasse de me le dire parce que je ne l’aime pas, jamais et ça fait mal… Le vin, la douceur sensuelle de la milonga, cette énervante cornemuse, le Bagdad de Ian Bihoué et les stigmates de la consanguinité, la cacophonie alentours, nos rires, j’ai même cru que je m’étais trompée et que l’on passait le même moment, plutôt bon… Alors j’ai ri, j’ai souri aussi même lorsque comme chaque soir le téléphone a vibré pour la énième fois et qu’il s’est éloigné… Je me suis dit c’est comme ça, ce n’est pas mon homme à moi, c’est celui d’une autre… Il m’avait demandé si je souhaitais le garder ce programme dans lequel il y avait toutes ces adresses et ces idées pour passer l’été à Paris et j’avais compris qu’il réfléchissait déjà à la façon dont il occuperait leur mois d’août… Le matin déjà alors que l’on partageait une tartine il m’avait dit qu’il l’amènerait probablement en Bretagne et je m’étais dit qu’il n’étais pas très délicat de faire avec elle ce que j’aurais aimé que l’on fasse ensemble, mais les hommes avec moi sont comme ça, souvent, pas délicats… Et puis il est revenu et j’ai fait comme si de rien n’était, j’ai affiché un sourire Miss France, et la bonne humeur est revenue, je crois… J’avais l’impression que l’on partageait le même moment plutôt agréable… On a parlé de prendre des cours de tango ensemble et j’étais contente que l’on est un projet, un truc ensemble, un amour ne peut pas vivre sans projet, sans ami… Regarde Ariane, regarde Solal…

Et puis soudain, il a boudé, je ne sais pas pourquoi ou plutôt je sais… La culpabilité, l’angoisse de celui qui a une double vie, une double vie qui dans 3 semaines va cohabiter dans une ville de 10 millions d’habitants, il y a une vie qui est plus importante que l’autre, une vie que l’on souhaite préserver et il y a une personne en trop et cette personne c’est moi… Moi j’aurais tellement voulu faire de cette parenthèse, une parenthèse enchantée, garder des forces pour après… Alors qu’est-ce que je fais, je pars, je reste… Putain ce que je suis triste, putain ce que j’ai peur…

20.07.2006

Coup de gueule

Y aurait-il une tendance qui m’aurait échappé ?  Pourquoi, pourquoi, en cette période de fin de solde est-il impossible de trouver la culotte qui va avec le bandeau ou encore le shorty qui va avec le soutif, bref de trouver dans un même magasin les 2 pièces du 2 pièces…

Au départ, l’achat d’un maillot de bain me mets rarement de bonne humeur… Coquillages et cétacées. Face à face avec moi-même dans la cabine d’une enseigne suédoise connue, je fais l’amer constat d’excès en tout genre et apparaît au dessus de mon épaule tel un giminy criquet de l’hyper protéinée, le moyen pâtissier cioccolino-nutella que j’ai finir par acheter hier soir chez Amorino après avoir longuement hésité entre fraise, myrtille, citron, et melon…

Non décidément je n’aime pas acheter un maillot de bain et j’ai opté voici trois ans pour le modèle noir shorty-triangle très 50es que je n’essaie même plus et que je renouvelle…

Seulement voilà cette année trouver les deux pièces du 2 pièces devient très compliqué…
Que les filles achètent 3 culottes pour un soutif du même modèle, je comprends… Le bas s’abîme plus vite : on s’assoie dessus au bord du bassin ou dans le sable pour faire un gommage, on le rince plus énergiquement entre deux baignades, bref on use ces fonds de culotte et pour assurer le renouvellement on achète en double, ok… Mais ça le type qui s’occupe de l’approvisionnement au rayon maillot de bain devrait en tenir compte, hein, ou bien alors il est complètement incompétent… Et par ailleurs les filles qui achètent leur maillot de bain au mois de mai ou au début des soldes pourraient penser aux autres tout de même à celles qui ne pourront plus acheter la culotte et qui auront seulement un soutif, bref garces égoïstes, z’auraient pu penser à moi… Bref, convaincue du fait qu’il ne sera pas possible d’acheter dans un même magasin les 2 pièces du 2 pièces et qu’il va falloir par conséquent affronter la fournaise du dehors avant de regagner un nouveau point clim’, et ça je ne peux plus... je finis par me rabattre sur une culotte dont je cherche sans le trouver le soutif ? Mais pourquoi ??? Depuis quand les commerçants se soucient du monokini ? Depuis que l’on nous a toutes convaincues que soleil pas bien et seins nus ringards ? Hein ????

ça m'énerve.... 

19.07.2006

Soir d'été à Paris

Tout au bout de l’île Saint-Louis, à la pointe est, il y a un saule pleureur dont les longues branches effleurent les eaux boueuses et glauques du fleuve… Sur la rive en face au son d’un blockbuster qui diffusent Piazzola et Gardel, quelques passionnés s’adonnent au tango… A Paris, un soir de juillet pourquoi le soleil se couche-t’il à l’ouest… Le champagne est encore frais, le rosé frappé, j’ai la tête qui tourne et lui un peu aussi… On rit, je ris, tu ris, on rit plus fort que tout à l'heure, non... Je remplis son agenda pour les 3 semaines à venir, je ne veux pas perdre une minute de mon pretty man et de ce bout d’été à nous, du 18 juillet au 4 août inclus… Champagne sur le fleuve, leçon de tango, cinéma en plein air, ballade en tandem, musique, terrasse et pic-nic, escapade en Normandie… Epicurions, épicurions, épicurions… et après, après on sait pas...

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