31.01.2006

Parce que mes hanches Nutella...


Enfant, je me réveillais le matin avec un grand sourire, tout heureuse de tremper mes tartines dans un grand bol de Nesquick. Groquick c’est doux et chaud comme une pile de pull toute moelleuse dans laquelle rebondirait un ours avec une bonne tête de nounours, groquick c’est « la maman ». J’aimais que l’on me laisse ouvrir la plaque de Poulain ou de Merveilles du Monde lait noisette, et je me souviens du sourire qui se dessinait sur mes lèvres en découvrant l’image. Je me souviens de cet été que j’avais passé à dessiner des poulains dans un pré avec écrit Flicka dessus de tous les espoirs que je plaçais dans cette enveloppe que l’on refermait après avoir écrit : Nestlé Grand Concours Poulain BP 310, etc…

J’étais toujours étonnée d’entendre une autre petite fille, ou un petit garçon préférer une glace à la vanille. Moi j’étais chocolat. L’idée que l’on puisse préférer la vanille me paraissait bêtement stupide. Autant ne pas aimer la vie.  La vanille était un truc d’adulte ou d’enfants tristes, prématurément sages.

Adulte je suis partagée entre l’envie d’être une fille à la vanille et le fait que j’aime bien quand même mon addiction au chocolat. L’on dit que les filles sont à la vanille et les garçons en chocolat. Je suis une fille définitivement mais pour moi la vanille c’est surtout un truc de bougie, de parfum… J’ai fait des efforts, j’ai essayé d’être cette autre fille plus adulte, plus mesurée, moins sensible. Il m’est arrivé parfois de croquer dans du Galak pour apprivoiser l’enfance d’un autre, un qui n’aurait pas aimé le cacao, un garçon à la vanille. Le Galak ce n’est pas vraiment du chocolat ça a la couleur du yaourth avec la fleur dessinée dessus et ça n’a d’ailleurs même pas le goût de mon enfance. Lorsque j’ai décidé de dompter mon addiction au Côte d’Or lait noisette, j’ai croqué dans du Galak. Et à force de faire des efforts j’ai fini par aimer aussi la glace à la vanille avec des noix de pécan dedans, mais pas autant que la glace au chocolat. Je suis devenue adulte en quelque sorte j’ai réconcilié ma féminité et mon envie de pénis, vanille et chocolat !

29.01.2006

Why I get fat...

Après une semaine de jogging, yoga, aquagym, natation à un rythme intensif… et à l’issue de la première semaine d’observation de mes habitudes alimentaires, penchant, travers et tentation… et parvenue à la page 69 de French Woman don’t get fat… Je décidais de me tenir à l’écart de la balance qui ne m’aime pas et d’enfiler mon 501, celui que j’ai acheté au milieu de l’automne alors que à l’issue d’un long combat j’étais parvenue à un poids qui ne me satisfaisait pas mais à des courbes tout compte fait relativement harmonieuses… et voilà qu'aujourd'hui, cet après-midi, à 16h37 minutes exactement, catastrophe : je suis restée coincée dans mon jean, impossible mais alors absolument impossible de monter plus haut que le haut des cuisses…

Depuis ce jour heureux, où à l’issue de plusieurs semaines de privation j’étais parvenue à glisser mes fesses dans ce Levis taille 29, en songeant que d’ici quelques efforts, quelques semaines le 28 viendrait combler mes espérances.. Depuis ce jour, il y a eu Noël, ses chocolats, son foie gras, son Sauternes, son assortiment de fromages, le petit verre de rouge qui va avec, et puis le pain aux noix, aux noisettes, aux céréales, la baguette au sésame et sel de Guérande, etc… Et maladroitement jour après jour, j’ai essayé d’équilibrer tous ces écarts… Mais il y a toujours une tentation, un moment, une bonne raison pour céder à la convivialité, à la gourmandise… Les chocolats chauds d’Angelina, la galette à la frangipane, les petits gâteaux de Pierre Hermé… Les apéros, les dîners…

Alors mon jean a un moment a dû me serrer un petit peu, je m’en souviens très bien d’ailleurs, c’était il y a une quinzaine de jours. Mais je me suis dit que pour gommer ce petit kilos là, beaucoup de sport et quelques repas soupes devraient suffire… et de petits plaisirs raisonnables en petits plaisirs raisonnables, je n’ai absolument rien équilibré du tout, j’ai dévoré en toutes petites quantités…

Ce n’est pas facile pour moi de trouver un équilibre, un juste milieu, je crois que toute ma vie est un équilibre instable entre le trop tout et le pas du tout. Je suis comme ça, excessive pas seulement dans ma façon de manger, mais aussi dans ma façon d’aimer, d’acheter, de travailler, de vivre… Je m’autorise tout ou rien.
Mais toutes ces calories de bons moments partagés ne suffisent pas à expliquer qu’en l’espace d’un mois, un mois et demi mes fesses ont gagné une taille.

En vraie, je suis triste et je m’ennuie…

J’attends. J’attends ce producteur qui ne me rappelle pas; j’attends cette productrice celle qui doit toujours lire la semaine prochaine ; j’attends… J’attends que le conseiller ANPE veule bien me recevoir, pour me donner une information absolument contraire à celle de la semaine passée. J’attends une réponse de cet organisme de formation. Je découvre que les dates encore une fois ne coincident pas. Je reviens voir le conseiller ANPE en me disant qu’il devait forcément le savoir. Et j’attends encore. Et ce n’est pas encore la nouvelle que j’attendais. Ces gens bouffent mon énergie : j’ai besoin de sucre. Ils ont décidé de m’avoir à l’usure, et pour écarter ce vague sentiment paranoïaque, je ne connais rien de mieux que de mettre entre mes pensées et moi une plaque de chocolat, pour les tenir à distance. Les jours passent, les semaines aussi…. Je n’ai plus envie, pas envie de démarrer autre chose, de lancer de nouveaux projets, de démarcher ailleurs…

Alors je mange... Un petit carré de chocolat par là, du très bon, le meilleur, un petit gâteau par ici, etc… Dans la mesure du possible, j’essaie de faire que ces petits plaisirs là me rapprochent un peu du bonheur… Seulement voilà lorsque le petit coup de blues, l’anxiété s’empare de vous à minuit il n’y a plus que le rebeu qui est ouvert… Sorry Giuliano…

Je suis seule et je m’ennuie. Ma vie sociale me paraît se réduire à peau de chagrin. Je suis en manque, en demande. L’ami-amant a ses ennuis. Je me suis éloignée de beaucoup de gens, d’autres m’ont déçu, d’autres ont leur vie… De toutes façons, même moi je m’ennuie en ce moment, alors solliciter les autres… Alors pour remplir ce vide, je grignote un petit peu, encore un petit peu et puis au point où j’en suis…

Un dîner, un apéro, un brunch… Et vient le moment de se séparer, j’ai le blues, ils me manquent déjà et ils me manqueront encore plus après… Je suis dépendante, affectivement dépendante. Alors pour oublier cette révélation atroce, je mange. Un paquet de gâteau, du chocolat. Une addiction bien moins nocive, le chocolat ne m’abandonnera jamais. De toutes façons après tout ce que j’ai déjà mangé, un paquet de gâteau ce n’est plus grand chose. 9a ne se verra même pas. Sur la balance 800 grammes, en plus c'est aussi déprimant qu'un virgule trois cent... ce qui est déprimant c'est le +... Et puis c’est juste un petit coup de blues, tout ça va s’arranger, je ferais attention demain…

Et voilà  je ne rentre plus dans mon jean…

27.01.2006

Mon après-midi au supermarché...

C’est à cause de la snob que tout ça avait commencé. Elle m’avait conseillé ce livre, dont le titre m’avait jusque-là doucement fait rigolé, et j’avais décidé de l’acheter. À défaut de m’apprendre des choses en termes de régime et de nutrition, cela me ferait travailler mon anglais et acquérir tout un champ lexical très orienté gastronomie et nutrition  quant mes séjours aux states ou à Londres ont surtout contribué à améliorer ma prononciation des mots cheesecake, fudge chocolate, lemon pie, bagel, bretzel, cream, and co…

 

C’est donc à cause de Pink que je me suis retrouvée en ce vendredi après-midi à arpenter les allées de la grande surface la plus proche de l’extrémité de ma ligne de métro. Après une brève réflexion je me suis dit que c’était l’endroit le plus pratique pour acquérir en un minimum de déplacements en extérieur (eût égard à hiver rude) : un pèse-personne (si possible déco), une balance alimentaire rétro, des poireaux pour concoter une soupe magique, et… une yaourtière si possible chromée, et un peu design.

 

Aller à l’hypermarché, lorsque l’on n’y va pas une fois par semaine, voire deux fois par mois, mais à un rythme plutôt proche de  jamais, c’est un peu comme aller à  Disneyland. On s'amuse de trucs débiles et on découvre des trucs étonnants. J’ai laissé tombé l’idée de prendre un cadddy parce que seule ce n’est pas forcément fun, par contre à plusieurs cela peut-être vraiment rigolo. L’idéal d’ailleurs étant de se faire accompagner par un nain avec un bonnet à pompon rouge qui aurait préféré aller s’éclater à Disneyland mais vous vouera un culte éternel à l’issue de cet après-midi trop mortel où il aura découvert que la vie peut-être drôle même lorsque l’on a un peu plus de douze ans et demi.

 

Bon je n’avais pas de nain sous la main et j’y suis donc allée seule. J’ai laissé tombé le caddy par contre j’ai attaqué direct quand même par le rayon chocolat j’ai choisi un Lindt avec du caramel à l’intérieur. J’ai ouvert le paquet mine de rien et j’ai commencé mes quarante minutes de marche à rythme lent.


C’est fou le nombre de produits que l’on découvre dans un super marché king size. Dans mon city marché où j’ai l’impression d’avoir vraiment le choix, me sont proposé une dizaine de marques de yaourts, de beurre, de margarine mais chez le pays où la vie est moins chère c’est 25 fois plus. Si bien que j’ai renoncé à l’idée de choisir mes yaourts, du reste l’assortiment était vraiment tentant mais après avoir hésité longuement, je me suis souvenue que la nouvelle moi allait fabriquer ses propres yaourts, je décidais donc d’abandonner l’île de la Tentation pour le petit électro-ménager… C’est alors qu’en bout de gondole, j’ai été intrigué, devrais-je dire attirer par une odeur de crêpe… Il y a des pots de Nutella géant d’au moins vingt-centimètres de haut… Et une promotion sur les poêles à crêpes. J’ai réalisé qu’à bientôt 32 ans, je n’ai jamais eu de crêpière… Alors que c’est un truc qui peut servir… J'avais eu la même révélation chez Ikea l'année de mes 30 ans, au détour d'un rayon j'avais soudainement pris conscience que je n'avais pas de cuit-asperge... Mieux que j'avais vécu presque 30 ans sans savoir que le cuit-asperge existait... Christelle avait rigolé à chacun de mes arguments et j'avais fini par me rendre aux siens. Certes l'objet était beau dans la cuisine idéale de mon futur loft à moi, ou de ma maison de campagne de quand je serais riche, mais dans mes quarante-trois mètres carrés, je pouvais aussi continuer à ne pas manger d'asperge où utiliser pour les faire cuire ce cuit-spaghetti avec son panier intégré  dont je venais de lui vanter l'absolu ingéniosité. Alors à deux euros cinquante la poêle à crêpes, j’ai décidé d’en acheter 2. Cela doit bien faire 20 ans que je n’ai plus fêter la Chandeleur. On fêtait toujours la Chandeleur lorsque j’allais à l’école. Quelques jours avant le 2 février, les mères se retrouvaient en soirée pour faire cuire les crêpes que l’on vendait ensuite dans le quartier, par la suite "avec les sous" on irait en classe de neige ou en classe de mer. Dans un lotissement où la plupart des maisons avaient dix-quinze ans et les propriétaires, une moyenne d’âge de 35-40 ans, et chaque couple un à deux enfants scolarisés, la Chandeleur durait environ une semaine et puis on jetait ou bien certaines familles congelaient. Et nostalgie, gourmandise, consumérisme, je ne saurais dire… mais une irrépressible envie de convivialité s’empara de moi. Je commençais aussitôt à formuler le mailing d’invitation de ma Chandeleur party… À combien de personnes peut-on raisonnablement proposer d’amener une bouteille de cidre pour manger des crêpes lorsque l’on dispose de deux poêles à crêpes et d’un salon d’une dizaine de mètres carrés. J’invite « en bande » ou bien je mélange… Et si je faisais mes confitures moi-même… poire vanille, pomme-canelle, fruits rouge, amande-abricot, confiture de lait… Je n’ai pas acheté le cidre alors que 3,38 euros les trois bouteilles, ce n’est vraiment pas cher, mais il est vrai que c’est lourd…


En longeant le rayon des fruits et légumes,  j’ai décidé de ne pas acheter les poireaux puisque cela ne servira à rien de fabriquer la soupe magique avant le 3 février puisque la Chandeleur c'est le 2 février.


Où trouver une balance alimentaire au rayon vaisselle ou au rayon petit électro-ménager… Bon pour une balance un peu rétro, et chromé avec le plateau et une aiguille qui oscille mon intuition me souffle que ce doit être avec les accessoires de cuisine… Et je parcours les rayons de long en large, j’achète des verres à vin, un moulin à poivre avant même d’avoir trouvé une balance qui doit finalement se trouver avec le petit électro-ménager donc pas loin des yaourtières et des pèse-personnes si le chef de rayon n’ambitionne pas de me faire acheter un réfrigérateur chromé, style US avec machine à fabriquer les glaçons intégrés.

 

Je m’arrête presque par hasard en bout de gondole, face aux pèse-personnes. Le Lindt au caramel, c’est bon mais c’est un peu écœurant tout de même, il vaut mieux que je ne ramène pas chez moi, je le dépose sur le pèse-personne impédancia qui se la joue grave sur sa précision, il en reste trop peu pour que cela puisse être pesé, je ne connaîtrais donc pas la valeur de la masse graisseuse de la plaquette de Lindt… Il n’y a pas le modèle que je veux, le modèle que je veux il se trouve chez Resonance… Mais je suis sûre de n’avoir jamais vu de machine à fabriquer les yaourts chez Boboland.

 

D’ailleurs est-ce qu’ici il y en a des yaourth-makers au pays où la vie est moins chère… et des balances alimentaires, est-ce qu’il y en a… qui ne soit pas électronique… Un rayon, deux rayons, trois rayons… Je regrette vraiment de n’avoir pas pris un caddy, c’est sûr seule c’est moins rigolo mais en prenant un peu d'élan, on peut faire trottinette et c’est bon pour les fessiers… Alors que là, la mère Giuliano a beau considérer que 20 mn de marche à allure modéré c’est mieux que 20 minutes de stepper… Elle n’a pas dû bien voir les fesses de la jeune mexicaine qui lui fait les courses, d'ailleurs si les fesses ont 20 ans ça ne compte pas…

Une yaourtière c’est moche… et évidemment au royaume de la sur-abondance, je suis venue acquérir le seul article de tout le magasin présenter en un seul modèle… 80 marques de yaourt au moins douze parfums différents de chaque, autant de crème dessert, mais évidemment une seule yaourtière Seb moche, je suis sûre que la Donvier est plus jolie… Quant aux balances alimentaires, elles sont toute électroniques et je trouve ça laid, les chiffres électronique, qu’il s’agisse de balances, de pèse- personnes, ou de réveils, je veux des aiguilles, des aiguilles qui tournent, oscillent, se figent… et puis tout ce blanc, évidemment sous cet éclairage blafard, le blanc n’est pas mis en valeur, mais l’électro-ménager blanc c’est pas beau…


Ceci étant dit je dois reconnaître que je me suis bien amusée. J'avais oublié mon appareil photo et c'est vraiment dommage.  Je trouve que c’est mieux que chez Mickey parce que l’on ne fait la queue qu’une fois et en sortant...

26.01.2006

Devenir "French woman"

Depuis quelques jours, je suis à nouveau une fille pleine de bonnes résolutions, une fille qui prend sa vie en main. Pour motiver en moi la sportive de haut niveau en devenir, j’avais donc décidé que j’avais besoin de quelques nouvelles fringues… Et aussi de quelques petits plaisirs… Et que j’allais aussi acheter un très bon chocolat, par exemple à la maison du chocolat, et des très bons petits gâteaux, par exemple des mini macarons de chez Ladurée, bref de délicieux petits desserts à manger un tout petit peu en toute petite quantité à la fin d’un délicieux déjeuner ou dîner fin de ma nouvelle vie merveilleuse de chez moi. Bref le nécessaire pour attaquer le tout nouveau régime de la nouvelle moi, celle qui lit en anglais « French Woman don’t get fat ». Parce que non contente de céder aux conseils des rédactrices de Elle-Cosmo-Marie-Claire-Jalouse and co, je suis aussi volontiers et scrupuleusement les conseils des rédactrices de mes blogs préférés : une éponge à tendances, fichue, je suis foutue, fichue, foutue… Mais je suis une French woman et les « French woman don’t get fat »…


Alors que la plupart d’entre elles ne font pas de sport. Parce que par exemple, elles vont bosser à pied… Elles font des détours insensés pour aller à la fac en poussant les portes de chaque immeuble parisien… L’auteur a quitté la France à la fin des années 70, avant l’installation des digicodes, elle y vit aujourd’hui quelques 12 semaines par an, mais au Ritz il n’y a pas de digicode, et généralement un type en uniforme ouvre la porte pour vous… Bref ces informations sont assez peu exactes, voire datées, mais on ne peut pas lui en vouloir en même temps… Et puis de toutes façons, il me reste tout de même un bout de cerveau qui fonctionne et je sais moi que pour brûler les calories, je dois et je fais déjà un peu plus que ça… Et il y a un truc pas crédible dans ce que raconte l’auteur…

Par exemple, je vis dans le onzième arrondissement, pour aller chez Angelina à pied, je mets environ trois quart d’heure en marchant d’un bon pas. Le chemin le plus agréable traverse le Marais. Je dépasse Beaubourg. J’arrive aux Halles,je rejoins la rue Saint-Honoré ou la Rue de Rivoli, ou les bords de Seine : les tentations sont multiples, et donc généralement je fais quelques détours quelques pauses, on appelle cela du shopping, une promenade, c’est une activité très éloignée du marathon et dont la dépense calorique est moindre pour une femme d’une trentaine d’années qui a eu la mauvaise idée de commencer à pratiquer relativement jeune une activité sportive modérée… Alors que cela pourrait être considérée comme une activité sportive si par exemple, j’étais née dans le Montana, et que scotchée au siège de ma Chevrolet, je  droppais chaque matin mes trois grossesses consécutives devant l’école… Parce que j’ai trois enfants, d'ailleurs je ne compte pas m’arrêter là parce qu’il en faut toujours un suffisamment obéissant pour aller chercher mon craving dans le fridge king size… J’aime pas trop quitter le canapé, avec le câble j’ai toujours un truc à voir… Bref, comme je ne suis pas née dans l’Amérique profonde et que je n’ai pas une grosse voiture, le monde est injuste… Je dois donc pratiquer une activité sportive autrement plus exigeante, mais je vais tout de même chez Angelina à pied, toujours.

Et lorsque au terme de cette petite ballade, je parviens enfin à mon salon de thé préféré, j’ai un petit creux. C’est bien, je vais d’autant plus apprécier mon chocolat. Il y a la queue, il y a souvent la queue chez Angelina… L’envie monte en moi, je rêve, j’anticipe déjà mon délicieux chocolat et dans les vitrines réfrigérées que je longe à raison d’un centimètre cinq / quart d’heure, je compte toutes les calories que je vais économiser en ne prenant pas un Montblanc, ni un macaron, ni un pain au chocolat, ni un financier, etc…  Bref lorsque enfin arrive le moment de déguster mon chocolat chaud préféré, je suis affamée et de toutes façons j’ai résisté à tellement de trucs que une tasse c’est rien… Et puis de toutes façons, je vais rentrer à pied et je n’ai pas pris de gâteau, donc je prends aussi la deuxième tasse, puis je regarde à droite, à gauche, en face et derrière moi et puisque je vais rentrer à pied, que c’est tellement bon et puis que de toutes façons au point où j’en suis... du bout du doigt je lèche le fond du petit pot de porcelaine blanche…

C’est que mon petit corps qui ne petit déjeune pas tous les jours au Ritz, avant de déjeuner, je ne sais pas, chez Ducasse par exemple, et de dîner chez Guy Savoy ou Michel Bras, bref mon petit corps qui dîne avec moi, même  quand je n’ai pas envie de me mettre aux fourneaux et qui en plus endure mes régimes soupe miso ou légumes- sachets lorsqu’il a du très bon il sait qu’aujourd’hui c’est fête… Donc lorsqu’il va chez Angelina, Pierre Hermé ou Ladurée, c’est pas pour chipoter dans son assiette…

25.01.2006

à propos de shopping et de confusions...


La semaine dernière, alors que je cherchais un maillot de bain Adidas noir classique, au Go Sport de République je suis tombée sur une polaire cacao très douillette et très jolie de chez Dorotennis. Je la trouvais vraiment jolie, pas soldée, mais pas très chère… J’avais envie de l’acheter et en même temps, Dorotennis… Pour moi, Dorotennis, c’est le sac de piscine en coton blanc siglée de grandes lettres rouges, collection été 85-86 et j’étais persuadée que la marque avait coulé au moment où nous avions toutes jetés les mousselines couleurs fluo que l’on nouait en ceinture pour faire blouser le tee-shirt, ou dans les cheveux façon œuf de Pâques, comme Madonna, à qui je voue une admiration sans borne pour avoir réussi à s’imposer au fil des années comme une icône de mode alors que franchement c’était pas gagné… Bref Dorotennis… J’avais longuement hésité et reposé l’article… Et il s’avère que je regrette un peu puisque j’y pense encore…

J’ai fait une recherche Google et j’ai vu qu’il y avait une boutique Dorotennis au Palais des Congrés et un stock Rue d’Alesia… Il y a donc encore des stocks rue d’Alésia. Ou bien j’ai fait un bond dans le temps et l’on est en 1992. Combien je pèse ? Un petit tour sur la balance et je sais. On est bien aujourd’hui.

Je décide d'y faire un saut. La collection est très casual… Tellement pas moi... Je ne suis pas une fille très casual… Je pourrais le devenir… Il y a des trucs vraiment jolis. Je ne suis pas très  sportive, non plus en même temps. Et il y a des trucs brodés franchement ignobles, aussi. La plupart des articles ne sont proposés qu’en taille 4 de toutes façons, comme ça pas de regret, pas d'hésitations nons plus… Dans les tailles en dessous, je trouve un seul article, un bas de jogging en éponge rouge. Pas mal. Je regarde le pantalon sur le ceintre, il semble être à ma taille mais une taille 0 tout de même. J’essaie, ça va, bizarrement ça va… ça ira même parfaitement quand je me serais délestée de ces trois petits kilos… Mais l’éponge rouge tout de même... Même en taille 0 cela ressemble trop à une erreur d’achat… J’aime bien le petit haut à capuche qui va avec… C’est vrai qu’il n’y a rien d’autres et que j’ai traversé Paris… C'est vrai qu'une taille 0 il n'y a rien de tel pour vous filer la pêche. Est-ce une raison pour adopter un look petite fille… J’étais venue acheter une polaire couleur cacao à boutonnage asymétrique...

Je dois  quitter ce magasin avant de faire une bêtise….

La ligne 4 dessert les Halles… Je suis une fille Adidas… Et j’ai aussi franchement besoin d’une polaire pour aller courir…

Chez Go Sport, en période de solde c’est un peu ambiance la Nouvelle Orléans après le passage de Kathrina… Je cherche le modèle classique Adidas trois bandes, en couleur et je ne le trouve pas… Je trouve un Nike blanc, coupe droite, ceinture large vraiment pas mal coupé, sans la poche molletonnée qui fait boule sur le haut de la cuisse et le ventre, la poche qui sert à rien et qui fait moche… Le jogging blanc, je trouve ça très chic. Absolument pas pratique… Très chic… Nike en même temps c’est une autre philosophie, moi j’aime bien Adidas, le côté vintage, indémodable, basique… Avec Adidas je suis sûre d'avoir tout bon... Pourquoi je ne choisirais pas de l’Adidas vintage d’ailleurs… Parce que je ne suis pas dans le bon magasin… Mais c’est peut-être de ça dont j’ai envie… J’aime bien ce pantalon… Noir uni, même coupe que le Nike, pas mal... Soldé… Puma… C’est la marque des petits cons Puma, ça m’ennuie… En même temps la panthère rose qui bondit en bas de la jambe gauche, ce doit être un Puma d’ailleurs… J’aime bien… Je l’ai essayé, il fait un cul rebondi, à l’africaine, très joli impeccable… Oui mais Puma c’est tellement pas moi… Avec l’Adidas, j’ai tout bon. L’Adidas, dans toutes les couleurs, il est pratique impeccable, classe, basique… Mais ils n’en ont pas. J’essaie le Nike Blanc…  Très joli… Même si j’ai toujours l’impression que le blanc n’avantage pas… En fait il tombe bien… Inmettable une semaine par mois… Pile la semaine où j’aurais envie de pureté, d’immaculé… Avec la polaire cacao, le blanc, ce n’est pas forcément une bonne idée … Et puis le bas Nike avec le haut Dorotennis… Je ne sais pas pourquoi dès qu’il s’agit de sport, je suis très total look… Et puis le blanc pour moi c’est associé à l’été, et ce coton là est trop épais pour des températures estivales… Il est parfait pour la mi-saison mais lorsque les premiers rayons de soleil seront venus à bout de la rosée matinale et qu’il me prendra cette envie irrésistible de me vautrer dans l’herbe dans mon beau jogging blanc pour y faire quelques étirements et pour profiter du soleil tout simplement… Et lorsque je sortirai de cette pub Hollywood chewing-gum pour rejoindre la real life mon jogging il sera tout tâché de vert sur les fesses, et sur le bas de la jambe gauche,  je vois de la terre, oui, c’est de la terre… J’ai reposé le Nike, puisqu'il est foutu de toutes façons… J’ai reposé la panthère rose… Et j’ai reposé la doudoune cacao puisque je n’avais plus rien à me mettre avec…

Et puis je suis allée dans une boutique vintage… Et je ne sais pas… Je ne sais pas ce que je veux… Je ne sais pas ce dont j’ai envie… Est-ce que j’ai envie d’être une fille Adidas vintage, ou une fille casual. Je suis un chantier en cours… Est-ce que j'ai envie d'être le coq sportif...  Un chantier grec… Inachevé… Je suis comme ces chantiers abandonnés qui m’avaient tellement surpris lorsque l’on cabotait dans les Cyclades… Moi je pensais que c’était parce que les gens n’avaient plus d’argent, où que tous les grecs faisaient maçon le dimanche en hiver seulement… En fait c’était une histoire de loi… Bon on se fout des chantiers grecs mais je n’y vois plus très clair… Je ne sais pas bien où je vais…  Tout s’embrouille dans ma tête… Et je dois faire attention… Attention à moi… Qui vit trop de ses rêves, mourra de ses besoins, et si tu savais comme moi aussi…

Voilà que je suis devenue nulle en shopping… Bonjour, je m’appelle Fabienne, je vais avoir trente-deux ans et je suis nulle en shopping…En même temps vous remarquerez que je n'ai entraîné personne dans mon shopping... je n'ai même pas cherché à aucun moment à attirer l'attention d'un vendeur payé pour ça... Et à l'exploiter, à l'user en lui faisant miroiter une commission... Je suis une fille gentille... Gentille et indépendante... Une fille qui ne fait pas d'histoire. Je suis devenue nulle en shopping... Si l'on m'avait dit que j'en arriverais là... Nulle en shopping...  Alors qui sait je vais peut-être devenir bonne en régime ?


23.01.2006

Jogging, coquillages, amours et chocolat...

Le soleil qui pénètre à travers les rideaux, se faufile à travers les boucles et se fraie un chemin jusqu’à mes paupières closes… Ma main droite agacée écarte mes cheveux, les repousse en arrière… Mon esprit embrumé se réapproprie lententement sa conscience… On dirait qu’il fait beau… J’ouvre un œil : le soleil inonde la chambre. J’ai oublié de nouer mes cheveux, hier au soir : buisson de boucles, volume à la Tina… Tête de folle… Du haut des cuisses jusqu’en bas des mollets, mes jambes sont un étirement douloureux… La plante des pieds me brûlent… J’ai le dos noué, un énorme nœud sur chaque omoplate, le haut des bras tirent un peu aussi… mes fesses sont en béton, je pourrais dessiner du bout des doigts, la ligne de la ceinture abdominale. J’ai les jambes lourdes, si lourdes, tellement lourdes… Je souris en repensant au jogging d’hier…. La coulée verte, aller-retour, un peu plus d’une heure… J’ai arrêté au bout de mes forces, et même un peu après… Bastille maison aller-retour, 40 minutes de marche… Je suis fière de moi… J’avais la flemme et j’avais envie et j’ai gagné, l’envie a gagné : ces derniers temps, cela ne m’était pas souvent arrivé…
Est-ce que je vais trouver aujourd’hui l’énergie de courir à nouveau… Je redresse la tête : 9h30… À 10h20, un cours d’aquagym va débuter… Le beau black assure ce cours-là, quelques étirements et des exercices d’assouplissement dans l’eau : voilà le meilleur traîtement que je pourrais offrir à mes muscles douloureux… Quarante minutes plus tard, la douleur a disparu… Je suis bien, vraiment très bien, incroyable ce sentiment d’apaisement, de contentement simple… Les sportifs de haut niveau ne sont pas de grands bénêts, ce sont des gens détendus, totalement stones… Et j’enchaîne avec un kilomètre brasse… Dix longueurs, plus que trente… Si j’en faisais seulement dix de plus ce serait déjà pas mal… Non. L’objectif c’est un kilomètre brasse, encore 29 et pas plus que 9, j’arrête les deals avec moi-même qui sur le long terme ne m’apportent rien de bon… Lorsque j’ai glissé dans la fente de la boîte aux lettres, le dossier d’inscription pour l’école de PAO, j’avais un sourire béat. J’ai pris trois kilos, probablement un kilogramme cinq cent de plus sur chaque jambe qui pèse une tonne. Je croise les doigts : que l’inscription soit validée et le financement accepté… Je voudrais un petit coup de pouce du destin. Je suis vidée, explosée, mais j’ai le sentiment d’avoir tout bien fait. Je suis venue à bout de mes objectifs du matin et même un peu au-delà. Alors bien sûr je suis un peu contrariée de n’avoir jamais pu faire cette inscription en ligne parce que je trouve le dossier papier pas très clair, et puis un dossier papier pour une formation multimédia, ça craint… En même temps dix messages d’erreur avec tous les documents au bon format, est-ce encore une incompatibilité de la jolie petite pomme ou un problème sur le site… À la une de Libé, je lis que nous sommes le samedi 21 janvier… 21 janvier… Madame Butterfly, opéra… Bastille ou Garnier… L’ami-amant aime beaucoup l’idée, on grignotera plus tard quelque chose à la maison… Je vais acheter des clams, des amandes et du fumet de poisson… Dans le Marie-Claire de ce moi-ci, il y a les recettes de ces soupes venus d’ailleurs… Le clams chowder réconcilie régime et gastronomie ; l’ami-amant adore les soupes et les coquillages et moi j’aime faire plaisir et me faire plaisir. Dans la rue j’ai croisé Alexandre. Bonjour-bonjour, tu as une mine magnifique, je pensais à toi, et tes cheveux, et toi aussi et patati et patata. Les compliments c’est ce qui restent lorsque l’on ne peut plus évoquer tout le reste… Je suis pressée, ça tombe bien. Au moins 150 mètres de queue pour les trente dernières places de « Mrs Butterfly », on fait la queue par optimisme, il faut y croire encore même lorsqu’il n’y a objectivement plus aucune raison… Et il n’y a plus de place… Il m’agace avec ses sugestions de restaurant : j’ai fait la queue au Monop, j’ai fait la queue chez le poissonnier, j’ai squizzé la sieste et j’ai passé une heure debout derrière mes fourneaux. J’aurais pu aller chez Dorotennis, j’aurais acheté cette polaire cacao douillette et classe, un petit haut pour sportive urbaine chic : c’est à dire la nouvelle-moi. Un délicieux clam’s chowder plus tard, on est retourné à Bastille. « Le secret de Brokeback Mountain » c’est un film sur l’amour, les sentiments et le devoir, un film sur la morale, sur les préjugés et sur cette fâcheuse tendance qu’il y a chez la plupart d’entre nous à faire notre propre malheur. C’est un film sur le couple-comme-il-faudrait, qui est un enfer individuel. C’est l’histoire d’un amour pur dans le Wyoming sauvage, l’histoire de deux hommes qui tombent amoureux juste parce que c’était lui et parce que c’était lui. Ce n’est pas un film sur l’homosexualité, pas non plus un film sur l’amour universel, seulement un film sur cette histoire d’amour-là qui ne correspond à aucun modèle. Une très jolie histoire comme je n’en avais jamais vu… Et de très jolies images comme je n’en avais jamais vu non plus, je ne sais pas ce que Rodrigo Prieto et Ang Lee ont fait avec cette pellicule, si c’est un choix de tournage, un choix d’étalonnage, un accident heureux… mais « Le secret de Brokeback Mountain » est beau comme la Bretagne… Et puis après on est allée chez lui, il avait mal aux dents, et moi pas, et j’ai dormi très vite et lui pas… Plus tard dans la nuit, il m’a réveillé, il a eu ce geste et cette attention-là et je me suis dit que je l’aimais : j’aime cet homme… Et puis dimanche matin, je me suis réveillée dans un lit qui n’est pas le mien, à deux pas des Buttes Chaumont et je suis allée courir… J’ai couru 57 minutes et j’ai fait trois minutes d’étirement. J’avais les jambes encore très lourdes, une douleur dans les épaules mais j’avais envie d’aller au-delà de moi-même… J’étais porté par l’énergie et la satisfaction d’hier et d’avant-hier et je savais qu’après ce serait bien… Alors j’ai couru, couru… Il faisait beau… J’aime bien la vue sur Paris qu’il y a lorsque l’on est tout en haut du Parc… Il y a des chinois avec des sabres qui font des jolis mouvements, ronds, très chorégraphiques… Plus loin il y a une dizaine de jeunes très united colors of Benetton qui se bat contre un ennemi imaginaire et c’est très beau aussi. Le dimanche matin, tôt aux Buttes Chaumont c’est un peu comme dans « Kill Bill » mais ça va moins vite, et il y a moins de sang et personne ne meurt… Le sang, l’amour, la mort, ce sera cet après-midi au Cabaret sauvage… J’ai un peu plus de deux heures pour passer à la maison, prendre une douche brûlante pour effacer la sueur et dénouer mes muscles douloureux… Pour écouter « Ô Solitude » de Purcell en dégustant mes scrambled eggs au bacon, avec la petite salade et des tartines chaudes avec du beurre aux cristaux de sel et de la confiture de fraise et du fromage blanc en faisselle… Et c’est tellement bon, Purcell, le dimanche matin… Je m’enfonce un peu plus dans le sofa, je noue l'étole autour de moi… Cette confiture est absolument délicieuse, elle est allégée et ça n’existe pas je sais mais j’aime quand il n’y a pas trop de sucre, juste celui des fruits… Et j’en mélange une cuillère dans le fromage en faisselle, la pulpe sucrée et douce, les pépins croquants et verts, l’acidité liquide de la faisselle, l’onctuosité de la crème, c’est bon… J’ai ajouté une deuxième cuillère de fraise… On est arrivé tard au flamenco, mon retard, ma faute et sur la vitre c’était écrit : complet… Alors il a proposé que l’on aille chez Angelina et j’ai trouvé que c’était une excellente idée, et comme en plus je ne lui avais pas dit que j’étais au régime, ce n’était pas vraiment craqué… Si la librairie anglaise est ouverte, j’achèterai ce livre dont a parlé Pink : "French Woman don’t get fat". Un joli mensonge. À l’heure du thé, l’on s’est assis dans les fauteuils confortables autour d’une petite table basse au plateau de marbre. Un Africain et un Mont-Blanc pour lui, un Africain et un macaron au chocolat pour moi… La serveuse craignant qu’il n’y ait plus de macaron au chocolat m’a demandé quel était mon deuxième choix pour le macaron : pistache ou café. S’il n’y a plus de chocolat, je vais en profiter pour ne rien prendre en plus, juste l’africain ce qui est déjà énorme. Elle a souri. Elle est revenue peu après chargé du délicieux assortiment. Elle a dit : vous avez de la chance, c’était le dernier macaron au chocolat. Et j’ai dit voilà qui ravit la gourmande en moi mais est-ce que c’est vraiment une chance pour ma ligne de hanche :) Elle a souri et elle a dit : « vous savez avec l’Africain, après on ne compte plus… » Et j’ai souri et j’ai dit : j’en suis arrivée à la même conclusion que vous… Elle a dit que certaines clientes, parfois, lui demandaient du Canderel à la place du sucre avec le chocolat, et on a ri… En traduisant notre échange, dont le contenu avait en partie échappé à l’ami-amant, je me demandais comment l’on pouvait en arriver à ajouter du sucre dans le chocolat fondu et la crème… Quelle drôle d’idée… Et puis nous avons parlé de choses et d'autres... Et après, plus tard… Il m’a déçu, blessé… Un peu… Beaucoup... Un peu... Je sais plus...

20.01.2006

Aaaaaaaarrrrrrrrggghhhh...

Encore toute engourdie de sommeil, je m’efforçais de rouvrir mes yeux luttant contre le mouvement naturel de mes paupières… J’avais eu très envie de faire pipi et là « ça venait plus », mais je savais qu’il suffisait que je me couche pour que l’envie revienne. L’ami-amant a eu la drôle d’idée d’installer son pèse-personne à côté de la cuvette des toilettes… Si bien qu’alors que je clignais des paupières pour lutter contre l’engourdissement, la balance me faisait de l’œil… Et je me disais qu’il avait le même pèse-personne que le docteur P. … Et je me disais que cette balance-là avec une aiguille et pas des chiffres rouges était globalement plus sympa que la mienne, et que donc… Ma décision était prise... Depuis quelques jours, mon jean me serre un peu, je dois m’étirer sur la pointe des pieds, rentrer le ventre, tirer la langue et me casser un ongle pour fermer les deux derniers boutons… Le pipi vint tout naturellement et libérée je courus à ma perte... Car je ne monte jamais sur la balance sans avoir fait pipi au préalable, pas question que 75 cl de thé me ruine le moral.
Et là ma bouche s’agrandit, mes yeux s’écarquillèrent, ma pupille se dilata d’effroi. Heureusement ma main vint se plaquer contre ma bouche et je parvins à retenir un cri qui m’aurait trahi et obligé à révéler mon horrible découverte. + 3 = régime, urgence. Certes cette balance et moi nous ne nous connaissons pas, certes son aiguille ne coïncide pas avec le 0, certes je manque de recul pour apprécier l’inclinaison du sol de cette salle de bain là, mais je n’ai pas le temps de faire les tests car je n’ai aucune envie de me faire griller, donc j’encaisse ce score : cellulite 3 / hygiène de vie nulle… Parce que c’est décidé, je suis au régime à partir d’aujourd’hui, vraiment... Ceci étant dit, j’ai parlé avant-hier du délicieux africain d’Angelina à mon ami-amant et j’ai su le convaincre de l’intérêt de la découverte de ce pan essentiel de la gastronomie française, par conséquent s’il lui venait à l’idée d’aller déguster un chocolat chaud ce week-end, je ne voudrais pas qu’il suggère gentiment que le choix de thé est sûrement intéressant. D’abord, parce que chez Angelina, je crée une diversion en désignant quelque chose à l’autre bout de la salle pour nettoyer à la petite cuillère voire du bout du doigt le petit pot de porcelaine blanche, donc envisager l’éventualité que je renonce à mes deux tasses… ??? Ensuite parce que s’il ne le proposait pas j’en viendrais moi-même à le proposer foutant en l’air moi-même mes bonnes résolutions, alors que là c’est lui qui me tente, moi je suis faible… Et je ne peux pas lui en vouloir de saborder un régime dont il ignore l’existence… J'ai donc pas vraiment craqué puisque rien n'est officiel, c'est un peu comme grignotter la nuit ça ne compte pas. Bref, je suis au régime mais c'est un secret....

18.01.2006

L'insatisfaite...

9h15… la sonnerie la plus agaçante du monde et en même temps la moins pire de toutes m'arrache au sommeil… Marlon Brando allait dire un truc... L'ami-amant est là, il dort. Je bondis hors du lit pour décrocher avant que cette symphonie tintinabulante ne vienne à bout de son sommeil. Trop tard pour l’appel, mais il faudrait quelques décibels supplémentaires pour arracher l’ami-amant à son sommeil, en revanche moi, je me demande ce que je fais encore au lit… J’ai bien dû dormir 16 heures entre hier et aujourd’hui. Je m’ennuie. ça m'ennuie. Un appel en absence : Marie. On se retrouvera à 12h30 à Orsay, dînette et peinture… J’ai deux heures et deux lettres de motivation à rédiger… Un citron chaud dans un mug, un café dans l’autre, je clique sur ma blogroll… Pink a un kilo à perdre, moi aussi et peine à se remettre au sport, mais elle y va, elle, moi hier j’ai séché, car je me suis endormie… Gé nous parle des petits carnets Moleskine, quel joli choix que cet objet, je les adore ces petits carnets, je les aime tellement que c’est le seul objet que je conserve sous son papier d’emballage. Je le garde pour plus tard quand... Rien de nouveau chez Cé, j’ai déjà lu le premier épisode de Santa Barbara, je veux la suite. Esther milite toujours pour les dindes, peu disserte ces jours-ci Esther… Yohan parle de Kate Bush et de ses chats, j’imagine un bureau cossu, un  imprimé liberty, un intérieur british et deux chats agacés par des oiseaux imaginaires, à travers la fenêtre on voit les côteaux et la vigne, il y a de la rosée, le soleil est froid et matinal… Et pour une raison que j’ignore, je ne parviens pas à me connecter à 20six… 9h45 déjà... Une société de production anonyme recherche une chargée de production senior ayant l’expérience des tournages à l’international, l’expérience des plannings, des connaissances en post-production, des suivi de budget et des contrôles des coûts… J’aimerais bien savoir qui est cette société qui ne dit pas son nom et qui pour assurer la prod’ d’un nouveau magazine me cherche… moi… Si j’avais leur nom… Je rédige une lettre de motivation classique et efficace, vous recherchez, je suis, rencontrons-nous, une lettre parfaite dans son genre. Je me félicite d’avoir investi tout ce temps et cette énergie dans ce bilan de compétence, je me connais vraiment mieux, je mets mieux en valeur mes atouts. J’enchaîne avec une deuxième lettre où il s’agit de décrocher le financement d’une formation aux outils de la PAO. Je prépare un café pour l’ami-amant qui ouvre un œil, puis un deuxième. Un faux café, un nescafé, mon moka est imbuvable et l’ami-amant est italien…  Marie c’est de tous mes amis, mes copains celle que je connais depuis le plus longtemps… On était à l’internat ensemble, en terminale, dans la même chambre pas dans la même classe… On était très différente et l’on était devenu très copine… On s’est perdu de vue, retrouvé… Ces dernières années, on a toutes les deux décider de laisser parler l’envie créatrice en nous. Il y a deux ans elle a lâché un job de commerciale dans lequel elle avait remporté quelques succés pour une palette, des tubes de couleur, des pinceaux, des couteaux et un chevalet… Il y a un an, j’ai négocié mon départ, j’ai claqué une partie de mon indemnité dans l’achat d’un ibook et de jolis carnets noirs pour écrire partout et j’ai organisé une fête et des déj’ pour faire savoir à tout le monde que désormais je bosserai comme free-lance et que j’avais des projets d’écriture en cours. Elle me dit qu’elle a un entretien demain, elle cherche un mi-temps… elle a longtemps hésité, elle ne voudrait pas qu’on la considère comme un peintre à mi-temps… Je n’ai pas travaillé depuis mi-septembre, je veux prendre le métro aux heures de pointe et me dire que ma vie est un enfer, je veux échanger des potins autour de la machine à café, je veux mettre un coup de pieds dans une unité centrale qui ne m’appartient pas et appeler François et lui dire de venir car mon ordi est planté.. Je veux qu’il me plante devant mon ordi buggué en me disant qu’il revient sans préciser quand… Car il ne reviendra pas… On a toutes les deux cet équilibre à trouver, un équilibre instable, fragile et intime entre une nécessité créatrice et un vertige matérialiste… On avait sans doute ça en nous il y douze ans, treize ans… A Orsay, on a commencé la visite par le cinquième étage, Marie aime Van Gogh et Cézanne, leur nervosité, leur puissance virile, leur fragilité, leur violence rentrée… J’aime Renoir, le velouté de la chair, la souplesse, la douceur des tissus, la mélancolie, la bonté des regards… Elle aime tout Degas, ses danseuses m’ennuient, ses baigneuses me charment… Ce que j’aime beaucoup chez Marie, c’est qu’elle soit si entière, si peu convenue… Même la maternité n’a pu venir à bout de son égo, quand j’en ai vu tant des filles bien expulser leur sens critique et leur lucidité dans un gazouillis de lange… En regardant le Burberry beige franchir d’un pas allègre les salles du rez-de chaussée pour rejoindre ses pinceaux, je me disais qu'Audrey Hepburn avait beaucoup de classe… Je me disais aussi que le rez de chaussée du Musée d’Orsay est mon endroit préféré : il y a les bains turcs de Chasseriau, il y a l’Olympia de Manet, il y a l’Origine du Monde de Courbet, les dragées et autres pâte d’amande de Cabanel, et la deuxième partie de la collection des Fantin-Latour dont l’austérité m’émeut tant… Et puis j’ai franchi la Seine pour rejoindre les Tuileries, j’ai fait un détour chez Angelina et j’ai acheté deux Mont-Blanc, j’ai appelé l’ami-amant et je suis allée le retrouver avec mes petits gâteaux, j’avais deux pots de crème, du beurre frais, des châtaignes et du sucre… Si j’avais mis un manteau rouge… Alors le loup prépara un moka délicat, et il sortit la porcelaine blanche pour faire honneur aux petits gâteaux d’Angelina… et j’ai passé un très bon moment, et c’était une très belle journée, alors pourquoi est-ce que je me sens aussi vide, insatisfaite…

16.01.2006

Le musée André Jacquemart

En remontant l’allée en arc de cercle qui mène aux salles de réceptions, j’imaginais un soir de clair de lune le défilé des voitures qui déposaient sous le porche quelque élégante accompagnée, je fermais les yeux et je croyais entendre le gravier craquer sous le fer des chevaux… C’est l’histoire d’un banquier protestant, bonapartiste et fortuné qui épousa la rejetonne d’une famille catholique fauchée, petite fille élevée dans le giron de l’aristocratie qui du bout de son pinceau mondain parvint à s’extraire des basses couches de la société et à se faire sa place, et quelle place, au sein de cette bourgeoisie fortunée, de cette nouvelle aristocratie impériale… Ce n’est pourtant pas l’amour qui présida au mariage du collectionneur et de la peintre, c’est la raison, des tas de raison que j’ignore et qui firent du couple André-Jacquemart un ménage heureux qui légua au monde un joli musée. La collection est intéressante mais ce que j’aime le plus au Musée André Jacquemart c’est franchir d’un pas rêveur le salon de musique, l’œil captivé par la vue du sublime escalier à double révolution qui, du jardin d’hiver, remonte vers l’étage… C’est laisser l’œil glisser sur toutes ces dorures en imaginant les milliers de bougies qui les soirs de réception en exaltaient la richesse, l’élégance et le faste… C’est remonter d’un pas léger le majestueux escalier en s’étonnant presque de ne pas se prendre les pieds dans le jupon lourd d’une crinoline, c’est parvenue à l’étage se demander quelle était la vie de ceux qui pouvaient se payer chez eux une fresque immense de Tiepolo… C’est dans le fumoir qui fait l’angle s’imaginer vautrée dans l’un des fauteuils, une cigarette au lèvres, un plaid sur les épaules… Il y a ce feu brûlant dans la cheminée vénitienne, il y a ces portraits anglais aux murs, il y a cette lampe de mosquée, ce vase de Chine et moi je pense à tous ces cargos de la Compagnie des Indes, à ces voyages en première, à ces serveurs en livrée, à ces malles chargées de trésors d’ailleurs… En ces temps là, on ne voyageait pas, on migrait sauf quelques happy few, comme Nelly et Edouard André-Jacquemart… Alors je me suis penchée sur la balustrade en bois précieux qui surplombe le salon de musique, j’ai appuyé sur la touche 42, j’ai collé l’appareil tout contre mon oreille et j’ai entendu la musique que l’on jouait les soirs de réception, j’ai fermé les yeux, j’ai senti cette odeur de bougie et de cire qui ruissellent sur les murs d’or, j’ai entendu le bruissement de la soie, du taffetas et le velours des robes… J’ai fermé les yeux, j’ai porté à mes lèvres le verre glacé à l’intérieur duquel s’éclataient des bulles pétillantes, le liquide brut se faufile sous ma langue et glisse dans ma gorge, alors je fronce les yeux, ça pique, et j’ai envie d’une fraise écarlate et juteuse…

14.01.2006

"Desesperate" or not...

Susanne M. et Martine D. ramèneront-elles à temps les DVD 3&4 de la saison 1 de Desesperate House Wife… À priori, je ne dois attendre rien de bon de la part de Susanne M. que l’on a surnommé « Madame-Retard ». Le genre qui a toujours une bonne excuse, enfant malade, surcroît de travail, belle-mère décédée, mari hospitalisé, etc… Bref le genre qui prend le type du DVD club pour un crédule et qui va m’obliger à chausser à nouveau mes boots à revêtir ma doudoune et à franchir dans les deux sens les quelques 500 mètres qui me séparent du vidéo club pour prendre Desesperate ou bien autre chose, n’importe quoi ce qui va me contrarier… Martine D. tiendrait entre ses mains mon destin. Mais Martine D. « on » ne la connaît pas très bien : elle a loué un film une fois et l’a ramené dans les délais… Moi c’est marrant mais je me méfie de Martine D. qui a emprunté hier soir à 21h30, l’intégralité de la saison 1 + 4 autres films… Ce qui ressemble furieusement à un week-end en pyj’ avec une couette et un paquet de pepito… Par conséquent, je m’attends à être contrariée, mes DVD préalablement réservés ne rentreront probablement pas ce soir… Et lorsque je vais redescendre tout à l’heure pour récupérer en lieu et place de Desesperate DVD 3&4 de la saison 1, les DVD 1&2 de la saison 2 de 24H, qui étaient disponibles il y a une heure j’apprendrais probablement qu’une Laurence ou un Michel vient de les emprunter… Alors que c’est marrant là, tout de suite, je me suis presque résignée et faîte à l’idée qu’une soirée en compagnie de Jack Bauer, il y a pire comme destin alors que c’est vrai il y a une heure et même maintenant encore un petit peu je n’avais aucune envie de passer ma soirée à poursuivre des terroristes internationaux et à protéger un futur président des Etats-Unis, j’avais envie d’histoires avec un plombier bizarre, une mère de famille loufoque, des adolescents ingrats, un concours de pelouse, des couples qui se défont, bref le genre de trucs qui vous amènent à vous dire que vos choix sont les bons et votre vie un rêve…

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