30.08.2005

à découvert...

Joueuse, je suis d'humeur joueuse quand je...
 Un petit bout de plastique bleue me complique ces jours-ci l'existence... Fin août... C'est l'une de ces fins de mois qui commencent vers le 8 et où l'on n'insère jamais ce rectangle de plastique dans la fente sans se mordre la lèvre inférieure, tout en regardant à droite, à gauche d'un air inquiet... personne en vue, je me lance.. On croise les doigts discrètement en formulant : "allez stp, passe, pas maintenant"... Pas maintenant : je suis en retard, je suis accompagnée, etc... Un mois où le bancomat de l'écureuil affiche : nous ne pouvons délivrer cette somme, vous avez outrepassé vos droits- veuillez contacter votre banque..." Un de ces mois où l'on se compose vite une attitude, en affirmant à la caissière ou au serveur que l'on ne reverra jamais : "frottez-là vous devez avoir un problème avec votre appareil ", cela dit du ton arrogant de la fille qui ne voit même pas de quoi on lui parle. Un mois, où, à chaque fois, que je souhaite faire un retrait, je dois faire un détour par l'agence du Crédit Lyonnais la plus proche... Où j'insérerai ma carte dans la machine avec ce mélange d'angoisse et d'espoir, que connaît le joueur qui sait qu'il ne doit plus mais tente un dernier coup pour se refaire...

L'histoire se répète ou bégaie... Chaque année au mois de mai, j'ai envie de soleil et de dépaysement, alors je m'offre une escapade que juin renflouerait plus ou moins, si seulement... Car c'est alors que surviennent les soldes... Bronzée, détendue et escomptant déjà tous les plaisirs de juillet-août, amincie suite aux efforts de mai-juin, j'y fais quelques emplettes, de très bonnes affaires pour la plupart... Ces soldes-là sont ravageurs bien plus que ceux d'hiver, l'on y cède à toutes les petites robes et ballerine de l'été qui commence, et sachant que ce joli mois de mai, ce soleil et ces jupettes, s'enfuit presque déjà, on y acquiert aussi quelques basiques, pull noir, trench, sacs, bottes, etc. et autres indémodables soldés à 50 ou 60%, que je serais contente de trouver dans mes armoires lorsque l'automne sera venu... Il faut savoir se montrer prévoyant parfois. Bref, tout compte pas vraiment fait lorsque arrivent juillet-août et les vacances, je sais déjà que je suis à moins beaucoup trop, que c'est l'été et carpe diem et que les em... reviendront assez vite en septembre... C'est généralement le mois où pour rassurer Aurélien (mon chargé de compte), et ne pas être embêtée à des centaines ou milliers de kilomètres de ma banque, je vire sur mon compte ce qui reste de mon Codevi, je fais un geste, c'est très sensible au geste un chargé de compte... Soleils, mers, ballades, visites (tout est au pluriel, car tout est abusé, compulsif, gourmand)... Nous sommes déjà fin août-début septembre... Et comme chaque année, lorsque l'été s'achève mon compte affiche un solde débiteur d'environ à peu près la somme qui dans quelques jours viendra le renflouer... Mon revenu a varié, sensiblement augmenté avec les années et l'expérience, mais le solde de mes découverts reste une constante : plus ou moins un mois de salaire à quelque chose près... ce qui me permet chaque année début septembre de me faire les mêmes réflexions : comment trouver de l'argent ? De l'argent pour payer mon loyer, mes impôts, le téléphone, Internet, la bouffe… Et surtout de l'argent pour aller au restaurant, visiter cette expo, ces concerts, acheter des bottes cavalières marron glacée, une capeline noire et une besace, en fait deux besace, l'une en toile kaki et cuir vintage, et une autre en cuir marron glacée un peu vieillies, et ces bols bretons pour les brunches de l'hiver, les bougies Diptyque, etc... Il y a aussi ce jean Blue Cult qui devait venir récompenser mes efforts de l'été... L'inscription au cours de yoga, au cours d'italien, et l'argent à mettre de côté pour ce voyage en Argentine, cet hiver j'espère... Donc je mets en place une politique de rigueur budgétaire : je vais oublier l'aquagym, les cours de salsa, de bailathérapie et de tango, je vais acheter un 501 vintage chez Freepstar à 10 euros et patienter un peu pour le blue cult, pour la capeline et les sacs, je vais essayer les dépôts vente... Et offrir une petite remise à neuf à mes bottes marron vintage de l'hiver dernier... Je suis à cran à l'idée de tout ce dont je vais devoir me priver... Qu'est-ce que je peux vendre, rien... Je vais peut-être m'offrir une petite consultation chez un voyant, si je dois être riche cet hiver autant arrêter tout de suite de me gâcher la vie pour des peccadilles...


27.08.2005

Terrasse-escape !


 Au MK2 Quai de Seine, cet après-midi, le coca-light en terrasse coûtait 4 euros... Il était servi dans un verre, soit environ la moitié du contenu d'une bouteille... Partant du principe qu'un coca (light of course) en terrasse (à Paris) coûte en moyenne 4,30 euros, j'ai laissé 2,80 euros dans la coupelle (soit 2,15 euros + le pourboire) et je suis partie... Sans me retourner...

Ce n'est pas de la malhonnêteté, c'est un acte militant...

En plus le serveur n'en finissait plus de ne pas s'occuper de moi, je n'avais pas 4 euros de monnaie, et aucune envie d'attendre...

26.08.2005

Où il est question de flamenco & d'autres choses...


 Alors la baïlaora exécuta un mouvement sec de la tête, et fit claquer vers le sol son menton fier et arrogant... sa chevelure libre et noire éclaboussa vers l'avant, cacha son visage et retomba sur ses épaules et sur ses seins... Et c'est dans ce mouvement que son anneau est tombé... Elle a perdu sa boucle d'oreille, l'énorme créole d'or qui ornait son lobe droit... Les quatre danseuses étaient toutes vêtues de la même robe flamenca à volants, et elles avaient toutes les quatre, de gros anneaux d'or, des créoles qui ajoutaient un "je ne sais quoi" d'andalou à leur mise gitane, à leurs yeux soulignés d'un oriental khôl noir... J'ai remarqué qu'elle avait remarqué et j'ai noté son professionnalisme, elle n'a pas scillé, elle est allée au bout de son solo sans plus se préoccuper de cet anneau perdu... De mon siège, je ne regardais qu'elle, je l'observais d'abord parce que des quatre baïlaoras, elle seule avait du chien, ce "je ne sais quoi" d'arrogance, d'espièglerie, et de sensualité qui sublime la technique... Et, ensuite, parce que ce que je voyais laissait à mon esprit toute latitude pour vagabonder... Et je me disais : ce détail m'aurait distrait, troublé, voire fait perdre l'ensemble de mes moyens si cela m'était arrivé à moi... J'aurais été entièrement perturbée, déconcentrée par ce point : où se trouve ma boucle d'oreille, comment rattraper le truc... Comprenez bien que ce n'est pas tant la perte de l'objet perdu qui m'aurait ennuyé mais le fait que cela portait atteinte à une certaine idée de la perfection... Quelque chose qui visiblement avait été conçu pour être parfaitement symétrique ne l'était plus... Je n'aime pas ce qui porte atteinte à l'harmonie, un détail comme ça me fiche en l'air... Les créoles se portent par deux, une à chaque lobe, un anneau si voyant porté d'un seul côté, cela fait négligée, adolescente qui cherche son look, cagole qui se pique de faire pointu, bref, c’est pas terrible... Un seul anneau déséquilibre le visage... Et puis les quatre danseuses sont si rassemblées, si proches sur la scène, elles dansent ensemble, elles ont toutes les quatre exactement le même costume et c'est bien là tout ce qui fait l'harmonie du tableau... En plus, on est samedi soir, comment va-t’elle faire pour retrouver exactement la même boucle d'oreille pour la représentation de demain... Elle les a peut-être en double, remarque, est-ce qu'il y a une costumière sur ce type de spectacle... Galère, quoi... Si j'avais été à sa place à elle, mon attention eût été entièrement focalisé par cet incident, et suivant les jours, les circonstances, j'aurais été plus ou moins à même d’écarter ces errements pour me concentrer sur ma prestation. Elle, non... Cette maîtrise de soi me bluffe : le spectacle continue... J'aurais cherché à retrouver l'objet égaré qui se trouvait dans la partie avant gauche de la scène. Je savais qu’elle savait elle aussi où se trouvait la boucle d'oreille car son regard comme le mien avait suivi l’objet dans sa chute... J'aurais cherché un moyen de m'en emparer et de la glisser ni vu ni connu à mon oreille : dans le mouvement mon bras aurait plongé vers le sol pour s'emparer de la créole, et je serais revenue en dansant vers l'arrière de la scène et tandis qu'à l'avant ma compagne aurait exécuté son solo, j'aurais remis ma boucle d’oreille ni vu, ni connu... Ce qui est impossible, je l'aurais tenté tout de même... En tous les cas, mon esprit eût été plus concentré sur ça que sur la danse, les mouvements, l'histoire, les pas... On ne voyait plus que ça, cette créole tombée... Qui déséquilibrait mon visage, et me différenciait de mes compagnes de danse... La ramasser et la remettre.... J'en étais là de mes pensées, me disant que je devais apprendre à mieux gérer mes émotions, à ne pas me laisser envahir par elles, à cerner les priorités, à faire l'impasse sur mes sentiments lorsque le moment l'exige... Je me rappelais aussi qu'il me fallait penser à renvoyer le formulaire d'inscription pour ces cours de yoga qui commencent la semaine prochaine... Et je l'ai vu profiter de la fin de son solo pour se pencher et saluer sous les applaudissements nourris du public et ramasser sa créole dont elle s'est emparée, contente, comme l'on s'empare enfant de la queue du mickey à la fête foraine... Alors comme une petite fille espiègle et satisfaite, elle a secoué la créole comme si ce fût un éventail, vers le public d'abord puis vers sa compagne de danse au côté de laquelle elle revenait se placer pour céder la place à l'autre duo... "Tu as vu je l'ai eu !" a-t-elle dit à l'autre danseuse tout en regardant ses copines exécuter un pas de deux sensuel à l'avant de la scène... Elle conservait sa créole à la main, l'approchant dangereusement de son oreille attendant le moment propice... "Tu ne vas pas la remettre maintenant lui a dit l'autre... Exactement, le genre de réflexion qui m'aurait agacé et fait mettre sur le champ et ostensiblement la créole au nez et à la barbe de la copine qui se mêle de quoi, d'abord... Mais elle, non, elle s'est ressaisie et elle a tendu la main qui tenait la boucle d'oreille vers le rideau noir derrière lequel se tenait la main amie du metteur en scène...


25.08.2005

Au Balto du Bougnat


 Au bout de la rue, en allant vers la gare, juste avant d'arriver sur la place, près de l'endroit où je travaille, il y a une brasserie. Une brasserie parisienne... La salade y est du chef, le sandwich au jambon-beurre, le croque, bien entendu, y est Poilâne (madame ou monsieur), le saumon est servi tartare concession hype aux diet-fashionistas du coin, l'entrecôte frite coûte 15 euros, et la carte des desserts offre sans surprise la mousse au chocolat, la crème caramel et l'île flottante, mais l'on termine toujours par un petit noir et son carré de chocolat... La cuisine vous tient au corps, l'addition est d'un rapport qualité prix relativement salé, le patron n’est "pas causant" et son humeur n'a d'égal que l'âpreté au gain et la rudesse de Suzanne... On y vient tous les midis, parce que c'est pratique, parce que « c’est pas cher », parce que Fred qui n'a pas encore arrêté de fumer alors qu'il a plus de trente ans, doit acheter des cigarettes... Il y a des banquettes de moleskine, il y a des carreaux de mosaïque mouchetés et d'autres de couleur, un sol années 30-50, années inusables... Tout autour de la salle, au-dessus des banquettes il y a des grands miroirs, toute la salle s'y reflète et toutes les assiettes aussi : la neuf a fini son plat, on enchaîne, on enchaîne, café, dessert, addition... "qu'est-ce qui se passe, elle n’a pas fini son assiette la petite dame, elle a pas aimé ?" Suzanne n'aime pas le gaspillage, gare à celui qui ne sauce pas son assiette : il fera la vaisselle... Chez Suzon, on vient pour se faire engueuler, et pour cela il faut y venir régulièrement, sans cela on passe à côté de toute cette tendresse ronchonne, on essuie juste la rudesse, la mauvaise humeur du patron... ce n’est pas donné, et l’on ne la donne pas au premier venu cette familiarité bourrue... Et puis, il y a le zinc... Le comptoir où l'on prend un petit noir ou un demi en lisant le Parisien... On y demande un jambon beurre avec la demi-tranche de jambon soigneusement posée au centre du sandwich pour déborder sur la longueur et au centre beaucoup de beurre, moins cher que le jambon et plus rentable... "Yvon, tu me mets un paquet de Marlboro ?". C'est fou le fric que l'on y laisse à la brasserie en bas du bureau et puis au mois d'août, dans le quartier ce sont les seuls à avoir fermé 10 courtes journées entre le 1er et le 15 quand les bureaux se sont vidés, un petit tour dans l'Aveyron, deux semaines pour voir la famille, se ressourcer et retour à Paris, le travail n'attend pas, l'argent non plus... Et puis les vacances, ils auront bien le temps d'en profiter, au mois de janvier, le 1er, Suzanne et Yvon repartiront dans l'Aveyron, définitivement cette fois-ci pour une retraite bien méritée, c'est le fils qui reprendra l'affaire, le fiston qui vient d'épouser une fille de Clermont née à Paris près de la gare de Lyon...



23.08.2005

L'autre tournage...

Le bistrot en bas de chez moi est un bar à la mode, un repère à bobo, avec le petit encart dans Elle ou Zurban, le brunch le dimanche, le festival de court-métrage, etc... Moi je n'ai jamais pu souffrir ce bistrot qui en théorie a tout pour me plaire... Seulement voilà, la déco manque de patine, les serveurs sont à la limite de l'antipathique, c'est en bas de chez moi et il n'y a vraiment que Zazie pour recommander ces brunches surfaits... La nuit dernière, le propriétaire du café a décidé de réaliser un bon coup de fric en louant le troquet à une production de cinéma. Un certain Gérard Caraglia (ou quelque chose dans ce goût-là) et son équipe sont venus mettre le souk sous mes fenêtres...


Occasion pour moi de vérifier que :

1 - une équipe de cinéma est composée de beaucoup de gens, la nuit chacun de ces membres boit environ 1,5 litres d'eau de café et de viandox...

2 - il y a une grande table avec dessus des choses à grignoter, il y a un énorme cendrier... ma rue, le dessous de mes fenêtres c'est leur salle de pause

3 - il y a en permanence 25 personnes totalement désœuvrées qui tapent la causette pour tuer le temps sous mes fenêtres

Vers 2 heures du matin, j'ai hésité pour jouer à allumer ma stéréo à fond... Mais comme je n'avais pas vu l'ombre d"un perchiste, j'ai craint de me brouiller avec mes voisins pour rien. Je me suis abstenue. Peut-être la séquence est-elle entièrement post-synchronisée, j'aurais pu être en position délicate sans pour autant parvenir à déranger les dérangeurs.

J'ai fini par m'endormir, beaucoup plus tard... En me disant que la prochaine fois je pourrais tout aussi bien louer ma cuisine à la prod... Pas plus bruyant que la régie sous mes fenêtres finalement et je me ferais un peu de fric...

Ce matin, tête des mauvais jours, je pensais à tout l'argent que j'ai perdu cette nuit... Lorsque je me dirige vers le métro, j'ai constaté que les HMI, les fresnels et les panneaux réflecteurs n'ont pas bougé... Les rues alentour sont toujours ventousées et un coup d’œil sur l'autorisation de tournage me confirme qu'ils reviennent ce soir...
Gérard Caraglia tu as intérêt d'avoir un p... de talent pour que je te pardonne... Deux nuits à dormir les fenêtres fermées alors que le thermomètre n'a pas franchi la barre des 15°... J'ai passé la nuit en apnée, à cause de toi, de toi et de ton film... Je l'ai maudit toute la matinée celui-là avant d’être happé par mon tournage à moi...
Ce soir rentrant chez moi, en voyant les gélatines sur les fenêtres, les bâches, les spots allumés et le silence relatif... J'ai craint le pire... Hier soir c'était les pré-lights, ce soir ils tournent et ils tournent toute la nuit...
Et là au moment où j'écris, ces lignes, j'entends monter du sol des bruits métalliques, des claquements, "des frappements", des battements : ils cassent, ils démontent, ils remballent... ils s'en vont !!!

22.08.2005

Peau d'ane & le gateau qui fait maigrir...

Savez-vous que les sachets de Yog citron de Kot font d'excellent gâteau au citron ? Pour faire un bon lemon-gloubi-goulba, versez dans un ramequin le contenu d'un sachet Kot goût yog citron, mouillez en remuant de manière à former une crème, saupoudrez de cannelle et passer au four, 10 minutes à four chaud thermostat 7... Et le yaourt médiocre et chimique, mangeable, devient alors un délicieux gâteau au citron délicatement parfumé...
Et un gâteau qui fait maigrir, pour ma part en suivant scrupuleusement durant 3 semaines et demie les prescriptions du docteur P., j'ai perdu 6 kilos... Après deux semaines de galettes complètes, crème au caramel beurre salé, cidre, muscadet, fruits de mer mayo, kougn-aman, et moules frites, j'ai repris durant 3 jours une phase starter légume-sachets, pour effacer les éventuels dégâts des vacances puis j'ai réintroduit dès le quatrième jour un repas normal, deux yaourts 0 %, et un à deux fruits par jour, dans quelques jours je réintroduirais un deuxième repas normal et je conserverai les sachets au petit déj jusqu'au prochain rendez-vous début septembre... fermement décidée à leur faire la peau d'ici-là à ces quatre malheureux kilos...

Ma cuisine s'est transformée en un atelier de bidouille poudreuse : j'ai recyclé le pudding au chocolat pas bon aussi en délicieux gâteau fondant, en le mettant au four 10 minutes thermostat 7... Et j'ai enfin compris comment faire cuire les sachets blinis au saumon et les sachets pancakes : sous le grill thermostat 7 environ 10 minutes, et là ça a de la gueule, une vraie ressemblance avec l'original rien à voir avec à mes besogneuses et désastreuses tentatives tefalesque... Parce que le seul truc, pas bien mais alors franchement pas bien avec les sachets c'est le mode d'emploi à ne suivre sous aucun prétexte, n'écoutez pas ce qu'ils disent, ils disent n'importe quoi, les sachets c'est un délire de trentenaires régressifs, il faut s'écarter des règles, inventer, saupoudrer d'épices, de menthe, de basilic, de zestes de citron, d'eau de fleur d'oranger ou de rose...

21.08.2005

J'ai fait ma rentrée littéraire...

"Les jours de vent d'est, bien avant le sommet, le voyageur reçoit par bouffée l'odeur mûre et brûlée du continent indien..." c'est sur ces mots que s'achève "L'usage du monde" de Nicolas Bouvier... En ramenant sur eux, la quatrième de couverture, hier en fin de matinée, je me disais que ce serait un beau début aussi... Il ait des livres, des auteurs qu'on a du mal à quitter... Alors, j'ai pris une douche, j'ai troqué ma nuisette contre une petite robe noire, j'ai mis dessus une petite veste en jean et je suis allée traîner chez deux, trois bouquinistes de mon quartier... J'espérais y dénicher d'autres ouvrages de cet auteur, et je savais qu'il y avait de fortes chances pour que je ne les y trouve pas... Mais j'étais d'humeur voyageuse, j'avais l'âme aventureuse, l’œil curieux, l'esprit encore plus et j'avais envie de surprises pour le week-end...
J'aime ces librairies où les vieilles éditions s'entassent, s'empilent, se suivent sans classement aucun... je n'aime pas trop les étagères, et les piles branlantes m'agacent souvent, je préfère les bacs, j'aime avoir sous les yeux à portée de main une étendue colorée de poches à la tranche usée que je tire un à un pour découvrir le dessin de la couverture... Ce que je préfère ce sont les éditions des années 50-60, avec dessiné sur la couverture le portrait de l'héroïne ou du héros sur fond de papier glacé rouge, noir, orange, vert, le graphisme rappelle les affiches de cinéma de l'époque...
Il y a là les auteurs démodés : Montherlant, Mirbeau, Bazin, Julien Green… Il y a les écrivains que l’on n’a jamais lus, ceux que l’on ne croise que dans les bacs des bouquinistes : J. Kronin, Albertine Sarrazin, etc… Il y a ceux que l'on n'a jamais lu, par manque de temps ou d'envie :en ce qui me concerne Montherlant, Mirbeau, Bazin, Julien Green, François Mauriac. Et puis il y a tous ceux qui invariablement vous rappelle votre prof de français de cinquième, Madame Petit… Et enfin tous ceux que l'on doit lire un jour, Colette, par exemple... et il y a ces livres que l'on a lus, que l'on a adoré et que l'on rachète juste pour le plaisir de les avoir dans une jolie édition... Hier j'ai acquis ainsi "Les Mémoires d'une jeune fille rangée", "Le Rouge et le Noir" et "Ada et l'Ardeur"... Je vais relire les deux premiers, découverts et adorés il y a une quinzaine d'années alors que lycéenne à Bayonne, je faisais l'aller-retour tous les week-ends jusqu'à Bordeaux et même un peu plus loin... Je lisais beaucoup dans le train, j'aimais ce break, cette solitude, ce moment à moi entre l'internat et la maison de mes parents... J'ai envie de relire ces temps-ci, parce que ma mémoire fiche le camp, parce que j'ai oublié les mots, l'histoire, parce que je conserve seulement mes impressions, je dois vieillir sans doute avant je ne relisais jamais, je n'en voyais même pas l'intérêt...

Je pioche, je regarde, j'ouvre, je touche... Le premier contact est tactile... J'aime dans les vieux Poches, le papier épais, granuleux, jauni, la typo impeccable et cette odeur de poussière... La tranche est en couleur rouge, jaune, orange, rose, bleue même, mais c'est plus rare... Les bibliothèques étaient plus gaies autrefois et je voudrais avoir une bibliothèque d'autrefois... Les anciennes éditions petit à petit remplacent les récentes sur mes étagères, je ne veux plus de blanc sur mes étagères, je veux de la couleur, et je veux du souvenir... Il y a dans ces livres, sur ces pages les émotions d'autres lecteurs, je peux sentir leur présence, je les devine.... parfois ils ont stabiloté un passage, parfois c'est un cadeau sur lequel on a laissé une dédicace, quelques mots... J'aime l'idée que je récupère peut-être le menu trésor éparpillée de quelque amoureux des mots qu'un héritier ingrat aura mis au rebut contre quelques euros... où que je constitue le mien de trésor, je m'achète un héritage, une bibliothèque, un bagage que l'on ne m'a pas offert et dont je m'empare...

Je me suis laissée séduire par les héroïnes, j'ai ramené dans ma maison : Eugénie Grandet et Thérèse Desqueyroux, et j'ai passé le week-end en leur compagnie. J'ai choisi aussi Adrienne Mesurat, Caroline Chérie et Jane Eyre... J'ai acquis aussi "Les Raisins de la Colère" parce que Steinbeck est de ces auteurs que j'adore et que je lis avec parcimonie afin de faire durer le plus longtemps possible, pour le plaisir d'avoir encore d'eux quelque chose à découvrir... J'ai ouvert "Paroles" parce que je voulais relire ce poème « Barbara » et y vérifier si c'était bien là que j'avais entendu parler de la rue de Siam, et j'ai acheté "Paroles" et "La Pluie et le Beau Temps" parce qu'en lisant ces quelques lignes il m'est revenue des bouffées d'enfance, et d'adolescence... Il y a quinze ans d'éducation nationale, il y a des cahiers de poésie avec la récitation d'un côté sur la page à carreaux et mes dessins sur la page blanche, au feutre ou au crayon de couleurs dans la classe de Madame Garin, ou le cours de Mr Mauras, et je me suis souvenue de Sandra Martin, de Frédéric Lancel, de Magali Peyras... Des visages, des noms... C'est quand même vachement bien Prévert... J'ai choisi aussi "L'Eternel Mari" de Dostoievski parce qu'avec toutes ces héroïnes qui encombraient mes mains, je me suis dit en parcourant les premières pages qu'un homme hypocondriaque malheureux en appartement en procés et en amour serait agréablement rafraîchissant... et puis comme au départ j'étais tout de même venue dans l'espoir de dénicher quelque exemplaire ancien de Nicolas Bouvier et que je n'en ai pas trouvé, je me suis laissé tenter par ce qui semble être un recueil de textes de voyages de Blaise Cendrars, "Bourlinguer" le titre me plaît beaucoup...

19.08.2005

Fringale...

Il y a des livres qu'il est difficile de lâcher... J'ai découvert avant-hier les carnets de voyage de Nicolas Bouvier, "L'usage du monde" dans La Petite Bibliothèque Payot des Voyageurs... Dans les Abers, sous la couette dans une bien jolie maison après quelques jours sous la tente, j'avais commencé quelques pages... J'avais lu un peu au salon l'après-midi et je savais que je n'avais aucune envie de lâcher ce récit et que dans le même temps je ne lui accordais pas l'attention qu'il méritait... Alors mercredi après-midi dans le train qui me ramenait de Bretagne, j'ai ouvert mon livre au début, j'ai décoché la page 35 et j'ai lissé du bout du doigt le coin de page corné... J'ai effacé les traces de cette fausse lecture et j'ai recommencé, "comme il faut"... Et j'ai adoré... J'ai bu beaucoup d'eau et de café, j'ai soif dans le train, toujours, et je me suis retenue le plus longtemps possible lorsque j'avais envie de faire pipi parce que je n'avais pas envie de quitter ce livre qui m'a happé... Sur la petite route de Mahabad à la page 188, j'ai rangé au fond de mon sac Nicolas Bouvier et Thierry Vernet aux prises avec des kurdes qui montaient d'autorité dans leur voiture et s'installaient pour faire un bout de route ensemble parce qu'une voiture a quatre roues et un moteur, comme un bus, comme ces bus que l'on prend pour aller à la ville, au marché... Hier matin, je suis arrivée très tôt au bureau car le matin lorsque le réveil a sonné j'étais heureuse de me lever, de boire un café, avaler un sachet, prendre une douche et filer m'asseoir dans le métro pour retrouver Nicolas... J'ai pris le métro en bas de chez moi, une station et un changement en plus et une petite marche revigorante en moins mais 3 pages de plus en compagnie de Nicolas, j'ai lu dans le métro, dans l'escalier, sur le quai et puis dans le wagon ligne 8... Je n'ai pu m'asseoir qu'à Opéra pourtant à Strasbourg Saint-Denis déjà il y avait eu du mouvement mais moi j'étais au milieu de la page, impossible "de perdre la ligne"... J'ai traversé la journée jusqu'au métro du soir où j'ai retrouvé les deux comparses dans les années 50 à Mahabad où une inondation les retient quelque temps et leur fait perdre tout leur argent si bien que le capitaine qui devient bien nerveux finit par les héberger à l'intérieur de la prison, avec un improbable et prudent statut d'hôte prisonnier, au moins s'ils sont coupables, ils sont en prison et puisqu'ils sont étrangers si quelque ambassade venait à s'en mêler, ils sont "hospités", à la fois hébergés, accueillis, protégés comme le veut la tradition... Cocasse, pittoresque, juste, riche, fin, sensible... Partie, je suis partie... Ce matin, Paris était grise, il pleuvait à verse, j'avais oublié mon parapluie sur le siège arrière d'une voiture bretonne, mais je m'en fichais, je m'en fichais car j'avais "mon bouquin »... Le trajet m'a paru bien court. Puis la journée m'a happé, m'a ravi à Nicolas posé à côté de moi sur le bureau, dans une sorte de face à face distant, distrait : je pense à toi mais je ne dois pas penser à toi... Booker un monteur, réserver une caméra, relancer machine sur sur un devis... aller faire quelques copies, au coin de la rue, pas assez loin aucune excuse pour remonter dans le métro... Alors ce soir à 19h30 quand j'ai relevé la tête de ma "to do liste" de lundi et que j'ai regardé l'heure et que j'ai réalisé que j'étais là depuis plus de 10h sans une pause et qu'il était raisonnable de partir, surtout un vendredi, surtout au mois d'août... alors j'ai embarqué Nicolas Bouvier avec moi... Je l'ai sorti de mon sac dans l'escalier, j'ai repris ma lecture sur le quai à Ispahan et j'ai traversé le quai sans le refermer alors que l'on atteignait Abadé... Il est 22h45, mes paupières sont lourdes de sommeil, je vous ai lu, je vous ai écrit et là tout de suite je vais aller m'allonger sur mon lit, je vais me glisser sous la couette et la lueur de la lampe de chevet, je m'en vais quitter Surmac... Je voudrais aller jusqu'à la page 418, je voudrais aller jusqu'en Afghanistan, cette nuit, jusqu'au bout de la nuit... Envie de savourer chaque page de ce livre et envie d'en venir à bout, tant d'autres livres à découvrir, tant de voyages à faire... J'ai la fringale, avez-vous faim ? J'aimerais vous avoir donner faim... Ce carnet est génial...

18.08.2005

On a rangé les vacances...

J'ai rangé les paréos avec les affaires d'été dans le placard dans l'entrée...

J'ai plié les petits shorts, les jeans coupés qui découvrent les gambettes qui arpentent les rochers et invitent le soleil à venir lécher cette peau qui vire brugnon, puis caramel et s'affine et se lisse... Il y a un peu de sable de Morgat et du sel séché sur mes tongs, je vais les plier dans un papier de soie et lorsque je les sortirai le sable tombera, au mois de mai, avant peut-être, bouffée bretonne-ensoleillée (si si ! !!) nostalgie des vacances, plaisirs anticipés...

Ce petit top noir bandeau acheté en solde en juin, je me souviens à la caisse les bras chargés, j'avais hésité à le reposer en me disant, trois semaines, trois semaines de soleil et l'automne, je n'aurais probablement pas l'occasion de le porter, et je ne l'ai pas eu... Pas de soirée hot à se déhancher, pas non plus de dîner coquin où glisse soudain l'encolure d'une veste qui dénude une épaule, puis l'autre quand dans un geste pudique et maladroit, je rajuste ce haut pour me couvrir si tôt, "oui, chéri tu as bien vu rien ne le retient ce tee-shirt"...Et la petite robe blanche vintage en éponge avec les bordures et les bretelles turquoises, et ma petite robe Vichy à bretelle rose-Bardot, si peu vêtues, si peu portées, vite acheter des Repetto et trouver un moment pour aller au soleil, cet hiver, bientôt...


J'ai rangé l'été dans le placard près de l'entrée pour qu'il soit plus vite près à sortir et tout près de la fenêtre au soleil tout de même pour qu'il y reste bien au chaud...


Aujourd'hui Paris avait un goût de rentrée... J'ai taillé mes crayons à papier, j'ai testé mes stabilos... J’ai sorti de l'étui en plastique le petit carnet noir en moleskine, celui qui coûte si cher et qui est si beau que l'on ose à peine écrire dedans... J'ai trouvé un cours de yoga, j'ai trouvé un cours d'aquagym et un cours de tango et un cours de baïlathérapie... J'ai téléphoné à la mairie pour les cours d'italien, d'espagnol, de portugais et les cours de civilisation anglaise et il faut s'inscrire dans une quinzaine de jours... Au travail, c'était très calme, tout bougera à partir de lundi... J'ai appelé ma gynéco et il faut que je prenne un rendez-vous avec ma dentiste... C'est la rentrée... et j'ai beau fouiller, observé mes moindres recoins, je ne le trouve pas ce petit pincement au cœur, cet étrange sentiment d'angoisse...


J'ai une pêche juteuse et mûre gorgée de ce soleil de l'ouest auquel je n'avais jamais cru (je suis bien obligée de le reconnaître, il fait toujours beau en Bretagne)... J'ai la peau couleur caramel beurre salée... J'ai l'énergie de l'Atlantique : j'ai fait le plein d'oméga 3... Des bulots, des praires, des amandes, des huîtres, de la farine de Sarrazin, du lait ribot et même le sperme des huîtres n'est pas trop dégueux dans les Abers !!

Je vois l'avenir en turquoise-émeraude comme la mer à Crozon et la vie en rose granit comme les cailloux à Perros... L'automne me sourit, il est doux, roux, rouge, jaune, vert, bleu, gris, mauve et sauvage, et doux et piquant comme les tapis fleuris de la lande bretonne...

Attention Paris me voilà...

03.08.2005

Love affair...

Love affair – Part 1

Et que se passerait-il s’il y avait une autre femme ?

Une autre femme… En Italie…
Elle s’appellerait Silvia … 20 ans que tu la connais, 20 ans que vous vous aimez, 20 ans que vous avez choisi de ne pas vivre ensemble… Elle a vu grandir tes enfants… Elle a voulu mourir pour toi… Et c’est probablement à ses côtés à elle que tu mourras…

Tu as demandé si j’allais te quitter, tu semblais inquiet, tu as dit que tu m’aimais…

J’ai trouvé votre histoire très belle… J’ai compris que j’étais libre… Libre de décider de ce que je voulais faire avec ma vie… J’ai compris que tu ne m’appartenais pas… Que tu ne m’appartiendrais jamais…

Je me suis dit qu’elle était la femme de ta vie…

Je me suis demandé pourquoi il était si facile pour un homme de me mentir à moi…

Après plus tard, j’ai pleuré… C’était comme si je t’avais perdu, pourtant tu étais là tout contre moi, derrière moi, je sentais ta peau nue, ton sexe dur tout contre mes fesses… Je sentais les larmes couler sur mes joues, l’oreiller humide contre ma peau, mes cils qui se collait un peu, je me suis dit que demain j’allais être affreuse…
Aujourd’hui je ne sais pas… Est-ce que je vais être assez forte pour ça… Je dois me protéger, je dois te protéger toi aussi… Et de quoi me plaindrais-je… En fait j’ai de la chance… À moi le sexe, les petits dîners, le cinéma, avec ta main dans la mienne, les bouteilles de vin partagées, les textos, les petits mots…

Je n’aurais pas ta vieillesse et ses petites maladies, je n’aurais pas ton sexe lorsqu’il sera devenu mou, vieux, inerte… Je n’aurais pas tes soucis, tes ennuis…

Un amant et un ami… Ton expérience, tes enthousiasmes…

Aurais-je l’égoïsme de vivre ça…

Toutes les petites filles,, tu sais, grandissent avec des contes de fée et des histoires de prince charmant… J’ai grandi dans une famille, pas bourgeoise, non mais très traditionnelle, très provinciale, les livres chez nous n’avaient pas de place… Tu te souviens de ce livre que je t’ai donné, « L’invitée », Sartre et Beauvoir, je ne savais pas, ou peut-être déjà je savais…

On veut toujours être la dernière des poupées russes, et moi aussi, et pourquoi… C’est idiot après tout… Vouloir être la dernière… Je ne serais pas celle-là…

J’ai envie de dire oui et c’est difficile, c’est difficile car je vais devoir apprendre à penser à moi. Il va falloir que je sois forte. Pour moi. Pour toi. Assez forte pour ne pas être une Camille, une qui passe à côté de sa vie pour un Auguste qui partira, une qui restera seule avec sa tristesse, ses regrets, ses « tout ce que je n’ai pas fait »…
Est-ce que j’aurais cette force-là…


Love affair - Part 2

Tu dors encore… Je me sens loin, tellement loin de toi… J’ai pleuré ce matin, tu ne le sauras pas.

Ce matin, je te connais mieux qu’hier, plus qu’avant-hier et au combien plus que le jour d’avant… Et je ne t’ai jamais senti aussi loin, aussi inconnu, aussi étranger… Tous ces moments de ta vie, que je sais à présent, cette intimité que tu as bien voulu, partager, confier devrait nous rapprocher, nous « intimiser » et pourtant, c’est comme une confidence qui me dirait tout ce que je ne sais pas, qui me fait mesurer la distance entre toi et moi… Un inconnu qui me dit : i love you, ti amo, tesoro…

Pourquoi apprend-on aux petites filles à rêver des amours si médiocres… Pour l’instant, je suis triste… Et je m’en veux d’être triste… Ton cœur est grand, capable d’aimer au pluriel et c’est pour ça que je t’aime aussi… Alors, te le reprocher pourquoi… Peut-être saurais-je être ta maîtresse… Amie… Amante… Et amoureuse… Peut-être pourrais-je comme toi être une grande amoureuse…

Ces jours-ci, j’ai la gueule de bois à mon ego… Moi la célib’ qui ait tant ricané de ces couples englués dans une routine à crédit, j’ai caressé ces derniers mois leurs rêves à eux… J’ai rêvé de vacances que l’on prendrait ensemble, j’ai rêvé des repas avec des rires et du vin et tes amis et les miens… J’ai pensé Noël, week-ends prolongés, je me suis imaginée dans la baie de Naples, à Rome, ou à New York, avec toi… J’ai repoussé mes vacances pour les caler « aux tiennes », j’ai arrangé ma solitude entre nos "un soir sur deux", je n’ai plus vu personne… Je me suis laissée aller… Une routine, un peu triste… Je vais partir… Je vais partir quelques jours avant que tu ne partes… Je vais partir faire prendre un grand bol d’air et d’iode à mon ego… Et retrouver la fantaisie… Je vais accrocher « un sourire à ma face », je vais essayer « de me montrer gentille », je veux redevenir « la petite fille, celle qui a su faire battre –ton- cœur »

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