26.02.2007
Blood diamond - le film
Blood diamond c’est le nom que l’on donne à ces diamants de la guerre qui traversaient la frontière de la Sierra Leone pour être écoulés via un pays neutre vers la vieille Europe où quelques maisons prestigieuses organisent la rareté pour faire monter les prix des pierres précieuses.
Autant le dire au départ je n’avais pas très envie d’aller voir ce film. Pas envie que l’on place sous mes yeux un monde auquel la plupart du temps j’essaie de me soustraire, en éteignant la télé, en arrêtant d’acheter Libé, en règlant le bouton de la radio sur TSF.
Mais comme le dit si justement l’une de mes copines, parfois le monde s’écroule, un bateau coule, un avion s’écrase ce sont des choses qui arrivent, c’est quand même vachement mieux si Leo est là !
Les larmes de Cé ont achevé de me convaincre… Oui parfois j’aime aller au cinéma rien que pour pleurer… et alors ?
Si vous étiez au Gaumont Parnasse, samedi soir à la séance de 22 heures, la brune aux cheveux longs qu’accompagnait un très bel homme, la fille qui a passé son temps à se contorsionner sur son siège, à cacher ses yeux avec son écharpe et à broyer les os du malheureux assis à sa droite : c’était moi !
Ce que c’est bruyant la guerre !
Dans un pays que l’on détruit, une société qui s’écroule c’est l’histoire de deux hommes réunis par une pierre, un énorme diamant rose. L’un est blanc, rhodésien, traffiquant et ambiguë, c'est Leo, il s’est lancé à la recherche de cette pierre, sa pierre de salut, celle dont la revente lui permettra peut-être d’échapper à son destin, dans ce pays qui s’effondre, cet homme semble tout occupée à se reconstruire… L’autre est noir, pêcheur et bon (et super beau avec un nom qui méchappe là tout de suite maintenant), dans un monde qui semble avoir perdu tout repère, il cherche son fils, il est prêt à tout pour retrouver son fils enlevé par un front révolutionnaire qui fait régner la terreur et transforme des enfants en soldat.
En exergue de son scénario, Edward Zwick avait écrit : « il ne faut pas oublier que le joyeau c’est l’enfant ».
C’est vibrant, c’est mélo c’est hollywoodien… c’est sans doute ce qui fait que l’on cède, et que l’on se laisse emporter par ce film, ouvertement militant, plutôt de gauche, plutôt humaniste, comme Hollywood en produit parfois, presque traditionnellement…
Evidemment il y a une journaliste (Jennifer Conelly), évidemment elle est idéaliste, évidemment sa présence arrange bien le scénariste qui se sert d’elle à chaque fois qu’il faut débloquer une situation mais comme elle apporte un peu de fraîcheur et de charme à ce film par ailleurs très dur avec sa caméra portée qui bouge comme dans un documentaire, et cette bande son assourdissante signée Kalachnikov, on s’en fiche !
Et puis il y a Leonardo di Caprio… Depuis Catch me if you can, son jeu n’a de cesse de m’épater, il est l’un de ces acteurs dont on a l’impression qu’i peut tout faire, tout jouer… Son jeu a une infinité de nuances dans des régistres très divers… Evidemment il parle anglais avec un accent rhodésien très convainquant, évidemment il parvient à s’immiscer dans toute la complexité, l’ambiguité de ce personnage peut-être taillée à la hâche au départ quand même… Il parvient même à se sortir de cette fin à 12875 kilocalories de patisserie hollywoodienne – à côté un Paris Brest c’est low fat sans sucre ajouté, c’est peu dire !
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25.02.2007
Un week-end, des envies...
Alors que ma marmotte italienne a plongé sous la couette pour quelques minutes ou quelques heures encore, je laisse courir mes doigts sur le clavier…
J’ai été privé d’écriture cette semaine, par manque de temps… Et puis aussi il faut bien le dire parce que je n’avais pas grand chose à dire…
Métro, boulot, resto, dodo… vous aussi ?
Des envies pourtant j’en avais plein, trouver deux allers-retours en Eurostar pour Londres qui ne coûteraient pas douze milles euros… aller la voir enfin cette expo à la Galerie Edgar le marchand d’art pour y découvrir les boîtes à curiosités de Maïssa Toulet, et retrouver sur des murs qui ne soient pas ceux de son appartement les grands formats colorés d'Ariane Parayre, parce que ce n’est pas tous les jours que deux copines se retrouvent par le plus grand des hasards à exposer dans la même galerie.
Trouver le temps de filer à l’Orangerie pour voir cette expo sur les Peintres de la Réalité avant qu’elle ne termine, avant le 5 mars…
Filer à la fondation Dina Vierny (Musée Mailhol) voir cette expo Pacsin…
Trouver des billets et du temps pour filer n’importe où… envie d’aller ailleurs… et ce n’est pas les heures de documentaire de voyages déruschés cette semaine qui vont aider à faire passer cette envie-là…
Passer au premier étage du printemps pour découvrir cette expo de la fondation Pitti sur quelques moments clés de l’évolution de la photo de mode italienne…
Aller au Petit Palais pour visiter l’expo sur les peintres de la lumière et visiter aussi les collections permanentes chaudement recommandées par Géraldine.
Et aller voir Blood Diamond, parce que Cé par son enthousiasme a sû m’en convaincre…
Envie de revenir un peu plus tard pour parler de tout cela...
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20.02.2007
La môme - le film
Je m’étais dit que je n’irais pas parce que ça m’agaçait depuis 3 semaines tous ces articles sur l’incroyable performance de Marion Cotillard, et les miracles qu’avaient réussi à réaliser l’équipe maquillage de Didier Lavergne… parce que le jeu d’acteur ne peut se réduire à l’imitation et que sur toutes ces photos et ces images parues ici et là, je trouvais Marion simplement grotesque avec son pot de silicone sur la figure…
Et puis mercredi dernier il y a eu cet article dans Libé… et l’envie est venue d’aller voir quand même… parce que Olivier Dahan, parce que Déjà Mort… alors le soir même, je me suis faufilée dans la file d’attente du Gaumont Parnasse et j’ai demandé une place pour La Môme…
Et j’ai pleuré…
C’est vrai je suis très bon public… Je pleure à chaque rédiff de Sissi impératrice, je pleure rien qu’en songeant à Love Story, et même lassie et Rox et Rouky… Bon puisque je suis en plein coming out, allez j’avoue, je pleure aussi en regardant les feuilletons de début d’après-midi de M6 vous savez ceux où une mère de famille généralement formidable est frappée par une leucémie foudroyante ou bien encore ceux où une femme qui a fauté, une mauvaise mère, une mauvaise épouse est soudain frappée par la rédemption, mais c’est difficile tout ça…
Bref je suis une âme sensible et délicate, moâ… pas comme vous espèce de sans cœur, sauf – qui c’est qui pleure aussi ?
La vie de Piaf c’est un roman, ça commence comme du Zola et ça finit presque comme du Lolita Pille, ou du Daily Mirror raconte Kate Moss, enfin c’est ainsi que la voit Olivier Dahan qui réussit à réaliser un film populaire et beau qui parvient à faire oublier ses manques… Le maquillage est grotesque comme l’était d’une certaine façon ce masque de Piaf qui surmontait une petite robe noire juchée sur des ergots… mais on s’en fout, parce que la photo est sublime, et que Dahan assume totalement la misère et la rédemption, le misérabilisme et l’académisme, le conte de fée et la légende, tout et son contraire et qu’il le fait avec grâce sans psychologie de comptoir laborieuse…
Enfin je ne suis pas en train de dire que c’est un grand film, très honnêtement je m’en fous, c’est un film qui m’a touché…
11:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille ; journal intime
13.02.2007
The it manteau
Samedi, alors que je shoppais dans Paris, j’ai repéré dans une friperie où je me rends régulièrement une très jolie veste en fourrure blanche. Très proche dans sa coupe, sa forme, son toucher soyeux de celle que je reluque depuis des mois sur la miss Moss photographiée à peu près chaque semaine avec cette veste dans Elle…
Je ne sais pas pourquoi, je ne l’ai ni essayé, ni acheté alors que j’étais dans une journée de fièvre shoppeuse, que ce genre d’articles est typiquement celui que je recherche dans les boutiques vintages intemporels, basiques porteur d’un minimum de glamour cinémathographique, et que son prix n’était même pas indécent… et même hyper raisonnable…
Alors pourquoi, pourquoi j’ai réfléchi… alors que réfléchir face à un modèle vintage est toujours une erreur… Lorsque l’on est face à un modèle presque unique on s’en empare, on s’en saisit… une vague histoire de saison, je crois m’a traversé la tête… Le printemps arrive, une petit blouson en cuir me trotte dans la tête, j’ai une envie de Burberry ultra cintrée coupée au genou, bref une fourrure blanche, je suis partie… Comme si j'étais femme à me soucier de ce genre de détails... pff...
Au coin de la rue déjà, j’ai hésité à faire demi-tour.. Mais j’ai poursuivi mon chemin… Samedi soir en voyant le manteau que portait Christa dans La Vie des Autres, j’ai reconnu cet esprit vintage de l’est et je me suis dit que c’était une erreur de ne pas avoir acheté cette petite veste en fourrure blanche… Mais dimanche, j’ai eu un doute sur l’ouverture du magasin le dimanche et comme je m’étais promis de rester à la maison pour travailler à mon roman… J’ai essayé de penser à autre chose…
J’ai écrit une dizaine de lignes consacrées à la garde-robe de mon héroïne, seulement voilà, le soir venu je n’avais pas atteint mon objectif des 5 pages et je n’avais pas non plus ma veste…. Hier prépa, aujourd'hui tournage... je suis empêchée... Pile au moment où enfin j'ai du travail, j'aurais autre chose à faire...
Je souffre de possession frustration… et l’efferalgan n’y fera rien… D’autant que hier en feuilletant mon Elle, j’ai découvert que Lindsay, Naomi et Sofia l’avaient aussi la petite fourrure blanche… Il est donc normal que j’ai cette petite envie en moi depuis des mois, des semaines… Je suis une fille, j’ai le sens du it bag et du it manteau very very now… Mais je ne suis pas une greluche, à savoir ce manteau moi il m’arrivera de le sortir encore l’hiver prochain ou dans 10 ans… parce que je le trouve glamour et hollywoodien… Il me le faut, il me le faut, il me le faut…
Comme si je n’avais pas assez de problème comme ça avec mon collier Jacky noir dont la vente se termine dans quelques heures sur ebay alors que je serais en tournage, sans aucun ordinateur à portée de main… ou alors je demande à me connecter pour consulter mes mails...
08:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille ; journal intime
11.02.2007
La Vie des Autres - le film
Je crois que c'est la première fois qu'il m'a été donné d'assister à ça... Lorsque la lumière s'est rallumée et que le générique de fin a commencé, quelques spectateurs ont applaudi...
Oh ! pas toute la salle... Oh! pas longtemps... Un petit groupe a commencé et quelques mains comme les miennes se sont alors laissées envahir par ce mouvement d'émotion collective et se sont retrouvées à fendre l'air pour venir taper l'une contre l'autre...
Oh ! pas longtemps... C'est un peu ridicule si l'on y songe d'applaudir au cinéma... C'était dans une petite salle à Saint-Germain des Prés, le metteur en scène n'était pas là, les acteurs non plus, mais on aurait voulu leur dire... Il y avait cette dame assise derrière moi qui essuyait ses larmes...
Le film s'appelle La vie des Autres, écoutez-la...
11:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille ; journal intime
Serial shoppeuse...
J'aurais adoré être styliste, pas fashion designer, shoppeuse pro... Dans mon métier de chargée de prod' parfois, c'est à dire en fait souvent, l'on est amenée à s'improviser pour quelques heures dans la vie pro d'un autre parce qu'il n'y a pas assez de budget, ou bien parce que l'on ne va pas embaucher quelqu'un pour faire si peu, alors il m'est arrivé de jouer ainsi l'accessoiriste, la casting director, l'intervieweuse, la maquilleuse, la régisseuse, etc... Et je dois le dire généralement j'aime bien ça... Aujourd'hui pour les besoins d'un tournage j'ai arpenté Paris pour shopper quelques vêtements pour habiller des comédiennes...
Faire du shopping pour soi c'est extrèmement bon pour le moral - bon certains mauvais jours c'est désespérant aussi ; mais faire du shopping pour habiller et aider à inventer la vie d'une autre c'est encore plus amusant... Comment s'habillerait une fille qui habiterait Limoges... Ou plutôt non c'est une pub pas un film néo-réaliste italien, il s'agit de rassurer la consommatrice de la France profonde sur l'achat très con qu'on voudrait qu'elle fasse et non je ne vous dirais pas ce que c'est... Alors la question ce serait plutôt qu'est-ce que c'est qu'être bien habillé pour une fille qui habiterait Limoges... ça voudrait ressembler à quoi une fille qui habiterait Limoges... Bon j'espère que je n'ai pas parmi mes lecteurs, et plus particulièrement parmi mes nouvelles lectrices de Elle à Paris - voilà ça c'est fait - des lectrices qui habiteraient Limoges mais j'ai dit ça c'est un exemple, j'aurais pu dire Niort par exemple... Et quoi qu'il en soit et d'où qu'elles viennents qu'elles soient les bienvenues ! Enfin quoi, moi j'ai dit ça simplement pour faire un exemple, parce qu'il n' y a pas H&M à Limoges, même pas un Zara, je suis sûre...
Bon, bref, je me suis éclatée et alors que j'essayais de remonter le moral à cette malchanceuse qui habite une ville sans Zara, sans Mango, sans H&M, j'ai shoppé pour moi une petite robe noire, avec un jupon très fifties "ce soir je serais la plus belle pour aller danser..." le twist... Il me manque seulement les chaussures car je ne suis pas rentrée dans un seul magasin de chaussure, mes comédiennes seront filmées en plan serré pour créer de l'intime, en clair elles peuvent venir en pantoufle si elles veulent on ne filmera pas leurs pieds... bref revenons en à ce que j'ai acheté et pas à ce que je n'ai pas acheté c'est un coup à créer une frustration soudaine... une petite robe pull grise toute simple à la longueur absolument parfaite, pour moi à savoir juste sous le genou... une paire de lunettes mouche très Jackie O et des colliers, des colliers et encore des colliers...
J'aurais adoré être styliste mais c'est un peu ruineux comme job, un peu comme lâcher un alcoolique dans une venta à la frontière espagnole !
01:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille ; journal intime
10.02.2007
Little Children - le film
Après une semaine professionnellement intense, j’avais envie d’un plateau sushi maki et d’un film efficace bien écrit et bien joué comme le cinéma américain en produit parfois / souvent … Une comédie pas forcément drôle avec un casting attrayant… Et parce que Little Children était programmé dans un Mk2 pas très loin du japonais, je me suis laissée tenter…
Et bien ce n’était pas forcément le meilleur choix, entendez non pas que je regrette de l’avoir vu mais que Little Children n’est pas exactement le genre de film que l’on regarde pour se défendre et évacuer le stress d’une semaine chargée.
Je suis… Je ne sais pas, disons que je ressens le besoin d’écrire tout de suite pour mettre un peu d’ordre dans mes idées… j’ai un drôle de goût amer dans la bouche, je suis mal à l’aise, ce film m’a dérangé sans que je sois vraiment capable de dire si je suis contente d’avoir été bousculée, interrogée ou si ce film m’a tout simplement agacée…
Little Children dans la lignée d’American Beauty ou de Magnolia est un film qui relève du genre suburban, un peu comme à une époque Hollywood produisait des westerns, il semblerait que depuis quelques années, depuis American Beauty ou encore la série Desperate Housewife, le "banlieusard" deviennent un genre en soi avec ses codes parmi lesquels on peut relever, un scénario construit sur le principe des destins croisés et une narration conduite par une voix off plutôt introspective.
L’histoire se passe dans une paisible banlieue de la côte ouest où des familles avec enfants font pelouses bien rangées et vies parallèles… Sarah Pierce diplômée de littérature est mal mariée à un homme riche qui la délaisse, elle s’ennuie à traîner chaque jour au square sa petite fille de 3 ans… kate Winslet prête à cette jeune mauvaise mère qui détonne dans cette banlieue de la moyenne bourgeoisie américaine son physique voluptueux, sa sensualité un peu molle, sa différence… Au square, elle rencontre Brad lui aussi mal marié, lui aussi père d’un petit enfant de trois ans, un petit garçon… Les mères parfaites que Sarah retrouve au square chaque jour ont surnommé Brad « le roi du bal », et on imagine bien que quelques années plus tôt, Brad (Patrick Wilson) était la coqueluche du lycée, il faisait probablement partie de l’équipe de foot, il avait probablement invité au bal la plus jolie fille du lycée, l’une des plus douées aussi et d’ailleurs il l’a épousé et voilà, quinze ans après il est père au foyer, toujours inscrit à la fac, et sexuellement frustré…
Quand Emma Bovary rencontre Emma Bovary évidemment une idylle naît… Todd Field prend son temps, il les précipite dans les bras l’un de l’autre, mais ensuite, il attend… Préférant exiber et raconter une intrigue parallèle, l’histoire de ce pervers sexuel récemment libéré et qui est revenu s’installer chez lui dans cette Wisteria lane, semant un vent de panique dans une communauté si tranquille… Un pédophile, un exhibitionniste dans une banlieue résidentielle, avec tous ces enfants, "c’est comme mettre un alcoolique dans un bar",dit-on…
Le pervers sexuel cristallise tout ce qu’ils ont perdu, l’envie, le désir, une libido en fait mais le réalisateur choisit d’incarner tout cela dans sa forme la plus… dérangeante, déviante… lui... Et lorsque l’on voit dormir tendrement enlacés les deux petits anges innocents dont les parents adultères (Emma Bovary et Bovary Emma, donc) sont occupés à forniquer dans la buanderie, on se dit… Mais qu’est-ce qu’est allée faire Kate Winslett dans ce film ???
Evidemment, alors que l’orage dehors tonne, le chatiment va s’abattre, les affreux pêcheurs vont être punis dans leurs chairs, enfin plus exactement atteint à travers leurs enfants… on le voit venir cet épilogue... et l’on se surprend à avoir peur nous aussi, et à trembler et à souhaiter que cet ex-policier qui s’est institué comité de défense des enfants du quartier et qui pourrit la vie de l’ex-taulard réussisse son coup et le tue, que l’on arrête d’avoir peur… et l’on se dit non mais c’est pas vrai voilà que je suis en train de me ranger à cette populace qui se réunit autour de la piscine pour chasser le loup de la bergerie… alors que je ne suis pas comme ça, moi… non je ne suis pas de ceux qui sont contre la peine de mort, sauf pour les assassins d’enfant… et en même temps lorsque tous les petits ont évacué le bain et que j’ai vu les policiers arrivés et que le pervers qui reluquait les gamines s’est retrouvé seul dans la piscine qu’est-ce que j’étais soulagée…
Bref Todd Field joue avec nos nerfs… Je ne sais pas si il le fait avec brio, mais il le fait avec une certaine efficacité… Et alors la fin, non mais la fin !! non mais… alors puritain ou pas puritain ce Little Children ?
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24.12.2006
Les habits du Père-Noël
À l’origine de ce look, il y a un homme, Saint-Nicolas, ce manteau rouge, cette barbe blanche et cette capuche en fait une mître car Saint-Nicolas était un évêque qui a vécu près d’Antalya en Turquie… bref tout ça, c’était déjà lui, mais la réforme protestante du seizième siècle si elle n’a pas réussi à faire disparaître cette charmante tradition d’un sinter klaas, Santa Claus qui amenait des cadeaux aux petits enfants chrétiens n’a pas admis que l’on accorde plus d’intérêt que cela à ce Saint-Nicolas…
Heureusement il est un pays où rêvent tout haut de grands enfants et en 1821, le poête Clement Clarke Moore dépoussière le look du vieux saint Nicolas avec sa mître sur son âne. La mître devient un bonnet rouge, moins guindé, plus douillet et beaucoup plus raccord avec les rondeurs joufflues du vieux bienfaiteur des petits enfants et des grands et The Night before Christmas, le Père Noël arrive dans un surperbe traîneau tiré par 8 rennes… Féérique…
Enfin en 1863, dans un journal New-Yorkais le harper’s Illustrated Weekly, Thomas Nast accessoirise le manteau rouge du père Noël d’un large ceinturon de cuir et d’un douillet col de fourrure blanche. Enfin, il habille le Père Noël d’un pantalon quand même plus pratique et crédible pour descendre par la cheminée et faire le tour du monde en traîneau !
Mais il faut attendre 1931 et Haddon Sunbloom pour que le Père Noël trouve une allure résolument contemporaine. Comme il s’agissait avant tout d’inciter les petits enfants à boire du Coca-Cola y compris pendant l’hiver, Haddon sunbloom s’acharna à rendre encore plus jovial encore le père Noël de Thomas Nast. Il commença par lui donner une taille humaine qui le rendrait nettement plus accessible et aussi plus convainquant. Un père Noël qui fait la même taille que papa on peut en voir « pour de vrai » par exemple à la sortie des grands magasins. Enfin pour mettre en valeur la silhouette ronde et moderne de ce papa Noël, New Look, Haddon Sunbloom a coupé dans le tissus et raccourci la robe de quelques bonnes dizaines de centimètres. Tunique, pantalon rentré dans les bottes, large ceinturon, bonnet c’est la nouvelle allure du Père Noël, le rouge reste sa couleur, sa signature – moi je n’ai que du noir dans mes placards, le Père Noël lui il n'a que du rouge, mais attention du rouge avec du blanc. Le blanc intervenant par petites touches pour souligner les poignets, les ourlets, l’encolure, le rebord du bonnet, comme un écho à l’épaisse et bouclée barbe blanche. Rouge, rond et blanc comme un bouteille de Coca-Cola…
10:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille ; journal intime
22.12.2006
De l'art ou de la soupe ?
Alors il avait dit oui…
Et à quelques mètres de la sur le même trottoir « just at the corner » l’épicier du coin avait mis un panneau sur lequel était écrit : « Ici vous pouvez en acheter 3 pour 60 cents seulement ! »
13:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille ; journal intime
20.12.2006
L’irrégulière Chanel - une bio d'Edmonde Charles-Roux
On raconte que lorsque mourut Gabrielle Chanel dans sa suite du Ritz, ses derniers mots furent : et bien voyez vous c’est cela mourir… C’est probablement faux et c’est peut-être vrai, à l’image de la vie de cette Coco qui passa son temps à brouiller les pistes, à nier, mentir et se contredire pour dissimuler comme elle l’a pu des origines modestes assez peu raccord avec la vie qu’elle s’était choisi…
Mais Edmonde Charles-Roux aime son personnage, de fil en aiguille, elle a suivi les histoires, emprunté les raccourcis, souligner les incohérences pour raconter la vie d’une femme au tournant d’un siècle qui débuta dans la tourmente…
Gabrielle Bonheur Chanel est né en 1883, elle est l’enfant hors mariage d’un couple de cabaretiers et de forains. Sa mère meurt lorsqu’elle a 12 ans et son père place les enfants à l’orphelinat. Gabrielle grandit dans un couvent très strict et rudimentaire qu’elle quittera à l’âge de 20 ans. Sa complice, sa comme-sœur et elle Adrienne sont alors placés comme commis chez un couple de commerçants qui confectionnent des trousseaux et de la layette et c’est ainsi que Gabrielle apprend à coudre…
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Les deux jeunes femmes sont jolies, elles sont même très belles et affranchies de toute tutelle parentale… Gabrielle veut être chanteuse, elle chante le soir dans un cabaret où se rendent de jeunes soldats en goguette… Elle chante un petit air qui fait "kirikikoko mais où est donc passée coco"… et les jeunes soldats l’interpellent en disant : "hé ! Coco !" Et c’est comme ça qu’un soir un jeune soldat, bien né, l’appelle à sa table, il s’appelle Etienne Balsan et il deviendra son premier protecteur.
Au contact de Balsan, Coco découvre un autre monde, un monde où l’argent n’est pas un problème, où l’on apprend aux petits enfants à reconnaître l’usage de chaque fourchette, où l’on sait comment réagir, que dire, que faire…
Gabrielle n’a pas cette science, mais elle a ce fichu orgueil, cette réserve, et ces doigts de fée qui vont lui permettre de s’en sortir, elle ne va pas chercher à faire comme "elles", l elle est différente et elle va s’habiller différemment… Gabrielle n’a pas les moyens de faire confectionner ses tenues chez un couturier comme les belles amies d'Etienne Balsan… Elle prend l’habitude de faire couper chez un tailleur des jodhpurs tellement plus pratique pour les week-end à la campagne et des vestes de domestiques ! Elle s’habille déjà comme un homme et confectionne elle-même ses chapeaux toujours très remarqués… Et elle ne parle pas à ces femmes, avec les hommes c’est différent, elle a du chien, elle est différente, elle plaît… Churchill lui même se souviendra d’elle…
Quelques années plus tard Balsan épouse une jeune femme de son milieu mais Gabrielle s’en fout, elle a rencontré Boy, Boy Capel peut-être son unique amour… Il l’installe à Paris dans une garçonnière où elle commence à confectionner et vendre ses premiers modèles…
En 1914, la guerre éclate… Paris est devenue dangereuse, son homme part au front, se battre au côté des troupes britanniques et il installe Coco à Deauville où elle ouvre une boutique d’accessoires… Mais bientôt l’armée allemande envahit la station balnéaire et les élégantes deviennent infirmières… Les hommes sont au front et les femmes travaillent, elles doivent les remplacer partout et la main d’œuvre commence à manquer… Les élégantes ne peuvent plus compter sur l’assistance d’une domestiques pour les aider à enfiler corsets, robes et atours… Gabrielle leur propose alors de s’habiller comme elle longue jupe et marinière d’homme, chapeaux de pailles nus…
Le changement est radical et le succés immédiat c’est si pratique et tellement joli… En 1915 Gabrielle ouvre une deuxième boutique à Biarritz où la clientèle a fui pour échapper aux feux, au barrages, à la guerre… C’est sa première maison de couture… Elle a acheté à Rodier un stock de tissus que l’on appelle jersey, une matière nouvelle réservée à la confection de sous –vêtements et qui n’existe que dans des coloris « lingeries », noir, beige, blanc… L’idée de Gabrielle c’est de parvenir à travailler ce jersey pour en faire des vêtements… Le tissu résiste, mais il finira par cèder… Aucune matière ne résiste vraiment aux doigts de fée de Chanel, aussi habile qu’une première d’atelier… Chanel ne dessinait pas, elle découpait et cousait sur le modèle. En 1921, la guerre est fini depuis quelques années maintenant et Gabrielle Chanel ouvre sa première maison à Paris, Rue Cambon… Elle lance son parfum, le n°5 dont le succés est immédiat…
Les hommes sont revenus de la guerre et ont trouvé les femmes bien changées, cheveux courts, longues silhouettes fluides et élancées, les garçonnes refusent de rentrer dans les rangs, à l’image de Gabrielle, elles paradent et jubilent si fières de tout ce qu’elles ont accompli en quelques années… Pour ces messieurs c’est difficile de retrouver leur place, et toute cette amertume se devine dans ces paroles de Paul Poiret, le grand couturier d’avant guerre qui fermera sa maison en 1925 et qui lorsqu’on lui parlait de Gabrielle disait : Chanel ? vous voulez parler de cette dame qui transforme les femmes en télégraphistes sous alimentées ?
Chanel se lie avec Misia sert, avec Cocteau, avec Diaghilev, avec Reverdy avec la diaspora russe exilée… Elle invente le tailleur, la petite robe noire… Elle façonne les femmes à son image et révolutionnent le vêtement, on ne s’habillera plus jamais pareil sauf pour quelques galas d’apparât…
En 1929, le jeudi noir sonne le glas d’une époque faste, les clientes sont ruinés et Gabrielle décide de leur proposer une mode plus flou, plus féminine et des bijoux somptueux… C’est tellement à contre-pied que ça marche, c’est irrésistible…
Mais en 1936, lorsque le front populaire fait souffler des idées communistes jusque dans ces ateliers de couture, Gabrielle se rend compte que sa jeunesse est loin derrière elle. Elle a vieilli et ses filles, ses premières et secondes d’atelier, ses ouvrières lui plantent un couteau dans le dos en se mettant en grêve, ces 4000 ingrates lui faire ça à elle qui n’est partie de rien et s’est faîte toute seule…
Elle le prend si mal… Sans doute parce qu’elle qui a tant menti sur ses origines sait qu’elle vient de ce monde-là… Bientôt la seconde guerre éclate et Chanel qui a dépassé la cinquantaine décide de fermer sa maison, elle conserve les parfums qui suffisent à lui assurer un train de vie confortable…
Le Ritz est occupé, on lui murmure de partir mais elle reste, elle s’amourache même d’un officier de la Kommandantur avec qui elle file le parfait amour en dépit des obus, des coups de feu et des rafles… Comme Arletty, Chanel a probablement considéré que son cul était international… Coco n’a rien compris à la guerre, elle a pris des risques insensés et en a fait prendre à ses amis lorsqu’elle s’est mise en tête de profiter de ses bonnes relations avec l’occupant pour songer à faire signer à Churchill qu’elle avait croisé mais qu’elle prétendait bien connaître un pacte de paix avec Hitler…
Le vieux lion se souviendra de cette femme très belle croisée plus de 20 ans plus tôt… Elle lui devra la vie et le souvenir cuisant d’un complot rocambolesque et ridicule, en 44, elle quitte Paris pour la Suisse… Elle y reviendra en 54 à la demande de ses investisseurs soucieux de redynamiser les parfums avec le grand retour de Coco…
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