15.08.2008

Madrid - suite & fin

 

Ouais, ouais, ouais, la régularité de la tenue de ce blog laisse songeur, je sais… Mais puisque je m’étais plus ou moins engagée (vis-à-vis de moi-même au moins) à vous raconter ici mon petit week-end madrilène et qu’en cette veille du 15 août (putain c’est déjà le 15 août) j’ai encore eu la bonne idée de réserver un billet aux aurores pour profiter au maximum de mon séjour londonien (mais quel démon s’est emparée de moi pour me faire choisir entre tous les trains celui qui arrive à 8h28 en gare de st Pancras : Top shop n’est pas encore ouvert à 8h28, pas plus que la National Gallery et il est encore bien trop tôt pour un breakfast ! Mais bon puisque me voilà obligée d’écourter mon temps de sommeil pour aller prendre mon Eurostar dès potron minet je me suis dit qu’il était plus que temps de finir de narrer ici mon petit week-end madrilène, de toutes façons c’était ça ou ranger l’appart’ !

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Dimanche 13 juillet

Je crois que je n’aime rien tant que le clapotis de l’eau… Je m’étais allongé sur un banc dans le Parc du Buen Retiro, dans le ciel, le soleil encore haut à cette heure dardait ses rayons qui se faufilait entre les branchages d’un olivier pour venir caresser ma peau, ça picotte, ma peau brûle, je crame, je vieillis, je serais vieille et sèche demain, mais l’ombre toute relative de l’arbre, à travers les branches duquel se faufilait un vent léger et le bruit de l’eau, dans une fontaine toute proche, j’étais incapable de bouger : je suis un lézard, je suis bien, je suis tellement bien…

Tant pis je n’irais pas sans doute au Centro de Arte de la reina Sofia, je ne reverrais pas Guernica, pas aujourd’hui, pas maintenant, aujourd’hui j’ai juste envie de ne rien faire… Caravaggio et le Jardin des délices De Jerome Bosch au Prado, les Kokoscka de la galerie Bornemisza Thyssen tout proche ont suffi à étancher mon goût pour la chose artitistique… J’ai envie d’un mojito et d’une fontaine donc là le seul endroit au monde où j’ai envie d’être et qui est tout près mais alors tout près du Buen Retiro à la sortie du Parc face au Prado c’est le Patio du Ritz … Je vais aller bouquiner là bas, et siroter un mojito en plus j’ai une petite faim et les petites noix du Brésil et les noisettes et les amandes c’st parfait pour couper cette petite faim c’est mon régime d’oiseaux graines et oléagineux d’ailleurs il va falloir encore me battre avec les oiseaux du Ritz qui ne manqueront pas cette fois encore de venir transformer ce pur moment de farniente en un remake scatologique d’un vieil Hitchcock !

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Ce que j’aime bien dans les bars d’hôtel c’est le service qui y est si courtois, je suis venue ici hier déjà et le personnel m’y traîte en habituée, et une habituée on la laisse pas se débattre toute seule avec la volaille qui a élu domicile dans le patio moi je lis et je bois je n’ai pas que ça à faire alors jusqu’à ce que je lui fasse signe de laisser tomber et de retirer les noisettes le serveur reste à côté de moi c’est mon body guard, mon valeureux chevalier qui écarte les pigeons, repousse les amandes tout ça, je crois qu’il est sympa avec moi aussi parce que contrairement aux autres, moi je n’embête pas la chouette, et qu’il a l’air de bien aimer la chouette… Il est sympa le serveur , si j’étais capable d’aligner 3 mots d’espagnol je lui demanderais si il sait comment fait ce type en terre cuite pour se faufiler dans sa poterie et faire la statue chaque jour à deux pas du Prado (de l’autre côté de la Place donc), j’ai eu beau tourner autour du truc pas moyen de distinguer la supercherie : est-ce qu’un camion le dépose là chaque matin tout pétrifié dans sa poterie ou bien est-ce que le gilet est un trompe l’œil et est-ce un ou deux bonhommes mais bon j’ai eu beau chercher j’ai pas trouvé comment exprimer ça en langue locale !

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Alors j’ai commencé à rêvasser, j’ai repensé à ce danseur Flamenco admiré hier soir à la Casa Patas, la baïladora avait une p… de technique, mais ce mec là c’était la sensualité à l’état pur, une vraie gueule d’andalou, des abdos d’acier, un petit cul tout rebondi qui vous donne envie de vous y mettre tout de suite au Flamenco et cétait waouw… Je sais que ça peut faire peur le flamenco, le côté folklore et castagnette, un peu kitch mais il faut savoir quand même que le meilleur flamenco du monde aujourd’hui c’est à Madrid que ça se passe et la Casa Patas, c’est une valeur sûre , j’étais déjà venue ici il y a 10 ans un peu par hasard et déjà j’en avais pris plein les yeux et les oreilles, alors je vous le recommande chaudement, le restaurant vaut lui aussi le détour…

 

CARNET D'ADRESSE

Museo del Prado,

Paseo del Prado

Gallerie Thyssen Bornemisza

Palazio de Villahermosa

Paseo del Prado, 8

Casa Patas

Calle Canizares, 10

Cafe Gijon,

Paseo de Recolletos

A deux pas, c’est un peu le Flore local, un haut lieu de la culture madrilène

17.11.2007

Jeudi, vendredi & samedi à Positano


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Je dois avouer que je ne m’étais pas attendu à trouver autant de marches au paradis, sans quoi j’aurais laissé ma valise à l’hôtel à Naples pour n’emporter avec moi que mon maillot de bain, ma serviette, une crème solaire, deux petites robes, un paréo et La belle  Romaine de Moravia, car j’ai l’intution que je n’aurais besoin de rien d’autre ici.
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Le premier contact avec Positano c’est le petit centre commerçant qui au-dessus de spiaggia grande s’élance à l’assaut de la montagne qui plonge dans la mer… J’avais lu quelque part que l’on se croirait à Carnaby street dans les années 60, mais je dois dire que ce n’est pas ainsi que j’imagine Carnaby Street dans les années 60…. Les cotonnades et les crêpons sont à l’honneur, souvent hors de prix, pourtant je ne vois pas sur les portants de quoi se composer une garde-robe hippy chic… C’est un shopping de station balnéaire avec des fringues à porter à Positano et c’est tout…Et puis une boutique qui vend du Prada et du Dolce Gabbana… Et puis des citrons, des citrons savons, des citrons bougies, des citrons magnet’ et bien sûr du limoncello… Au-delà, le panorama est sublime, typique de la côte sorrentine…
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J’avais réservé une chambre dans une grande maison au dessus de la spiaggia del Fornilo, mais c’est à Spiaggia Grande que j’ai décidé de ne rien faire… La spiaggia del Fornilo est toute petite et très jolie, mais le soleil après 15 heures va se balader de l’autre côté de la colline laissant la plage à l’ombre de la falaise, ce qui récompense bien mal les efforts qu’il faut faire pour y accéder… car pour descendre à la plage del Fornilo il faut descendre des milliers de marches… mais c’est surtout le soir enfin après 15 heures donc que ça se complique, lorsqu’il faut affronter un dénivellé de… au moins… bref comme il n’y a pas écrit Catherine Destivelle, personnellement j’ai vite fait mon choix…
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A Spiaggia Grande, j’ai passé de longues heures étendue sur une chaise longue orange à bouquiner Moravia un drink posé sur la tablette à côté de moi, et protégé du soleil par un parasol orange aussi… Le confort des plages privées italiennes, j’adore… je n’ai jamais pu décoller…

Moravia et moi nous ne nous sommes pas quitté, on est allé de mon lit à la terrasse de l’hôtel, et du pullman piccolo à Spiaggia Grande et c’est tout… C’est tellement agréable de lire autre chose que le Lonely Planet… Je me sens en vacances, et c’est bien agréable le farniente…

Et puis lorsque j’ai eu fini mon gros pavé, j’ai repris le bateau pour Naples…


Une bonne adresse à Positano,

Da Vincenzo, sur la route principale, au milieu de la colline… les pâtes sont sublimes, l’insalata di fritta di mare est à mourir…

07.11.2007

Mercredi 12 septembre - Pompeï

Il était déjà tard, 11h31 lorsque j’ai franchi les grilles du mur d’enceinte de Pompeï. J’étais arrivée par le Circumvesuviano qui part toutes les 30 minutes de la gare centrale Garibaldi. Je pensais que deux grosses heures voire 3 me suffiraient pour faire le tour du site car l’Antiquité souvent m’ennuis et j’avais en tête de passer l’après-midi sur les pentes du Vesuve tout proche. Je voulais voir un volcan en vrai. Mais je ne suis jamais repartie de Pompeï, enfin si mais quelques heures plus atrd alors que le soleil déjà déclinait et que les portes du site allaient se refermer… En voyant les corps pétrifiés, l’émotion m’a saisi…

 

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Toutes ces vies, tous ces gens venus là pour se détendre et s’amuser, ont-ils compris, ont-ils vu… Le Vesuve les a surpris dans leur sommeil, et leur corps pris dans la lave est devenu leur tombeau… Celui-ci surpris dans son sommeil semble se réveiller d’un horrible cauchemar, celui-là dormait si bien qu’un volcan en éruption n’aurait suffi à le réveiller… Il y a ce corps encore recroquevillé sur lui-même, le bras recouvrant la tête, il semble vouloir échapper à l’horrible réalité : la lave brûlante qui avance et engloutit tout sur son passage.

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Plus personne ne se souviendrait de Pompei aujourd’hui si la lave en se pétrifiant n’avait protégé le site des outrages du temps… Le site en lui-même n’aurait aucun intérêt si la lave qui l’a enseveli ne l’avait protégé si durablement des outrages du temps, et même si les premières fouilles effectuées au dix-huitième ou dix-neuvième siècle dans un amateurisme total, puis les années d’abandon qui ont suivi ont causé des dommages irrémédiables, on reste tout de même saisi par la qualité des vestiges…

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J’ai déambulé des heures durant dans les allées d’une ville fantôme, je me suis arrêtée sur le seuil de cette maison où l’on lit encore cave canem (attention au chien), sur les façades de certains magasins les enseignes sont encore lisibles… il reste encore les lits dans certaines maisons… C’est d’autant plus émouvant que sans faire montre de trop d’imagination, on voit que la ville était entièrement dédiée au plaisir et que le volcan en traître, et sous le joug de je ne sais quel courroux les a surpris la nuit…

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Sur les murs du lupanar, des dessins très explicites racontent encore quelle était la spécialité de l’occupante… Et je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il en serait de notre sexualité aujourd’hui si l’église catholique n’avait pas existé… à quoi ressemblerait deux millénaires d’histoire de l’art si l’on n’avait pas durant des siècles représentés des saints, un christ crucifié, des papes, des rois, des princes, etc… à Pompeï, on se rend bien compte que le bordel faisait partie de la vie, il n’est pas écart de la cîté, il est au coin de la rue, près d’un bar à côté de la maison d’un prince, tout près de la villa d’un poête, il est dans la ville au même titre que le marchand d’alcool, de viande ou de légumes…



Une bonne adresse à Naples :


Da Ciro : à Mergellina ou à Castel dell Ovo, un à chaque bout du Lungomare, donc... Ne pas se laisser décourage par les nœuds papillons des serveurs, la déco tristounette, et l’accueil guindée, c’est une bonne adresse pour des fruits de mer ou des pâtes à Naples… côté prix, comptez l’équivalent de ce que vous auriez dépensé dans n’importe quel restaurant italien à Paris pour des produits de la mer d’une fraîcheur totale

05.11.2007

Mardi 11 septembre - à la découverte du vieux Naples


Il m’avait dit ne va jamais dans ces quartiers la nuit, et  puis ne va jamais dans ces quartiers tout court… mais comme il me connaît bien quand même, il avait dessiné sur mon petit moleskine un plan schématisée  de la vieille ville avec d’un côté les quartiers où l’on vole et de l’autre les quartiers où l’on tue  et puis les quelques incontournables : l’église Pieta Monte della Misericordia qui abrite derrière une façade modeste une époustouflante composition du Caravage, plus loin San Severo et son Christ voilé plus haut la cathédrale où coule le sang de San Genaro etc…

Il savait bien que je n’en ferais qu’à ma tête et que j’irais me perdre dans ces ruelles, parce que c’est ici que j’allais trouver « Naples » …

 

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et pour commencer un petit café, chez Gambrinus, le Flore local

 

Je flippais un peu quand même…J’avais laissé mon guide au fond de mon sac à main avec mon appareil photo et j’avais jeté mon blouson par dessus mon sac monogrammé pour ne pas trop attirer l’attention… et puis assise toute seule à l’intérieur de la petite Eglise de la Miséricorde, j’ai réfléchi et je me suis dit… Je ne vais tout de même pas revenir de Naples avec pour seul souvenir photographique une photo interdite des 7 œuvres de la Miséricorde, qui ne rendra jamais hommage à la force de la construction, aux couleurs, à la puissance du Caravage… Voyons si l’on laisse un tel chef d’œuvre, sans surveillance ou presque dans une petite église du quartieri, c’est que ça craint pas… qui pourrait s’intéresser à un sac en toile hors de prix, à un ixus qui ne vaudra plus rien dans quelques mois alors qu’à deux avec une camionnette on pourrait embarquer une toile de maître… e basta la prudence, de toutes façons avec tous les faux "spy", les faux Prada, les faux « Dix », les faux "bambou", les faux machins, trop cacher le monogramme pourrait attirer l’attention, quant à l’appareil photos et bien on n’a rien sans rien…

J’ai déjà l’impression d’être passé à côté de tant de clichés… Au fil des voyages, je m’aperçois que ce que je vais chercher ailleurs, ce n’est pas tant le dépaysement que le plaisir de voir en vrai une image, une histoire qui m’a touché, de retrouver intacte une émotion antérieure , sans que personne ni le peintre le plus génial, ni le photographe le plus doué, ni le cinéaste le plus talentueux, ni l’écrivain le plus sensible ne vienne se placer cette fois entre l’objet et moi… Je viens voir « en vrai ». Je voyage pour retrouver des clichés et j’éprouve un plaisir maniaque, compulsif, à les photographier…

De Naples, j’avais rêvé l’album photo d’une ville baroque, d’un volcan sur les flancs duquel s’élançaient des façades branlantes reliées entre elles par des cordes à linges chargés de draps, de taies d’oreiller, de descente de lit, de vieilles chemises, de culottes géantes et de maillots de corps… Il y aurait des gamins dépenaillés avec des grands yeux noirs et des cheveux bouclés qui joueraient au football sur le parvis des églises… Des familles entières juchées sur des scooters… Un autel dédié à Maradona… Un pizzaiolo jovial qui chanterait o sole mio, et moi et moi et moi…

 

 

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 Naples & Paris

 

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un guapo vero
 
 
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 c'est mal rangé quand même ! 
 
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les rues sentent la soupline... c'est vrai ! 
 
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ornementation urbaine napolitaine 
 
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là je ne sais pas quoi dire...
 
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-Maria, il te resterait pas un paquet de linguine ?
 
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il était ristretto, ristretto, bref napolitain l'expresso, un dé à coudre 
 
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 grouillante et bouillonante, vesuvienne...
 
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limoncello & pasta 
 
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cette odeur d'assouplissant bon marché, je ne m'en lasse pas... 
 
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 pizza & expresso...
 
 
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sur le parvis de la cathédrale, on cherche à reproduire de beaux gestes 
 
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hé ! mino mais tu es bien petit pour l'avoir connu de son vivant Maradona...
 
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ciao ! 

 

 

03.11.2007

Lundi 10 septembre - de Rome à Napoli !

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Ce matin j’avais décidé aux premières heures du jour, d’aller prendre quelques photos de la fontaine de Trevi avant que les hordes en short et en bob ne débarquent. Mais aux premières lueurs du jour, je décidais de rester au lit, et   à 9h00 il m’a fallu hâter le pas pour parvenir à la fontaine  à peine une minute avant ce car du troisième âge… J’ai pensé à André Dussolier : "p… de carte vermeil !" Et il y avait de toutes façons déjà une foule épaisse qui se pressait autour de la Fontaine où Anita Ekberg avait pris un bain de minuit…

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Et puis je suis revenue  à San Luigi dei Francesi, je voulais revoir avant de partir les 3 Caravages, et puis l’église des français se trouve à côté de Santa Agostino où se trouve un autre tableau de Caravaggio que je n’ai pas encore vu.

 

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Et puis, j’ai quitté Rome pour plusieurs jours et pour Napoli…

Il y a des gens qui ont des certitudes, moi je suis de ceux qui se construisent et avancent dans le doute, mais il y a une chose au moins dont je suis sûre : les trains italiens ne sont jamais à l’heure !

Et c’est donc avec une grosse vingtaine de minutes de retard que mon horrible train a fait son entrée en gare de Naples…

Pas d’eau, pas de toilettes, pas de clim’ et pas de panino vendus à bord de ce train… Le ticket n’était pas cher, c’est vrai mais ma stratégie du premier train en partance m’a un peu planté sur ce coup là… Ces deux heures se sont transformées en enfer, pas de place assise, deux heures sur ma valise dans un espace inter compartiment bondé… Une chaleur infernale, et j’appréhende un peu l’arrivée à Garibaldi que Riccardo m’avait recommandé d’éviter au profit de la gare de Mergellina, plus jolie et mieux fréquentée… De toutes façons dans l’état d’énervement où je suis je défie quiconque de se frotter à moi… Garibaldi ne me déçoit pas, l’enfer du touriste ressemble un peu à cette gare dont mon train n’était que le purgatoire… Je me félicite de m’être intéressé aux deux dernières coupes du monde, si j’étais restée totalement hermétique au foot je n’aurais pas su quoi dire au comité d’accueil qui s’est précipitée sur ma valise et moi à ma descente du train… Encore que « fuck » ça doit marcher aussi, mais une fille en robe avec un sac speedy qui dit « va fanculo ! » ça vous cloue un rabatteur sur place ça…  et j’ai pu comme ça choisir mon taxi…

D’abord il y a l’accent napolitain inimitable, sauf par mon chéri napolitain qui fait ça très bien… après mon chauffeur et moi on a eu une communication assez limitée mais quand il me montre le Vesuvio et qu’il me dit : «  e basta napoli »… Le ton est donné… Je crois qu’à cet instant je saisis l’esprit de la ville, Riccardo aime à dire que le Vesuvio donne son énergie à cette ville, qu’il en est le poul, mes yeux sont grand ouvert sur le golfe et sur cette ville qui semble s’être élancée à flanc de colline avec une fougue incroyable et puis s’être laissé aller à l’exercice du temps, à la fatalité parce que de toutes façons si demain le bouchon saute : "e basta napoli…"  alors à quoi bon… à quoi bon prendre soin de ces palazzo, de ces immeubles… Naples plus qu’une ville c’est un chaos…

Alors que mon taxi quitte lungomare pour s’engager le long d’une artère cossue, je me félicite d’avoir laissé mon autochtone choisir pour moi l’emplacement de mon hôtel, via Crispi… Le centre historique si pittoresque attendra un peu, ce soir j’ai envie de sérénité, de terrasses et d’un coucher de soleil…

 

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J’ai remonté la via Crispi vers le centre au bout de la Via Crispi, je savais que je trouverais la Piazza Amadeo et puis la Via Chiaia et la Via dei mil, les grandes artères commerçantes de Naples… je savais que dans le prolongement de celle-ci je trouverais la Via Calabritta, l’artère chic, l’avenue Prada-Vuitton et tout au bout le lungamare, alors j’ai fait à la napolitaine une spiasegiatto, je suis partie vers la villa communale et puis en revenant sur mes pas j’ai longé le lungamare jusqu’au Castel dell ovo…

Je pensais dîner Via Santa Lucia mais la pizzeria que m’avait recommandé Riccardo était fermé, alors je suis reparti en direction de la via Calabritta dans l’autre sens et au détour d’une ruelle j’ai fini par découvrir par hasard au tout début d’une ruelle une terrasse charmante où dîner d’une pizza…

Lorsque j’ai ouvert la carte, j’ai découvert que je m’étais assise à la terrasse de la maison Brandi, pas besoin de consulter le menu puisque j’étais assise dans la pizzeria où fût inventé la pizza pour célébrer la venue à Naples de je ne sais plus quelle Margherita qui avait épousé je ne sais plus quel Bourbon Sicile, il était exclu de commander autre chose qu’une Margherita ! Du reste, fréquenter un Napolitain m’a rendu assez exigeante en terme de pizza et je ne suis pas loin de penser que la pizza à la tomate, au basilic et à la mozzarella di Buffala est la meilleure d’entre toutes parce que la plus simple… quant à la maison Brandi disons qu’ils n’ont pas perdu la recette, et puis le vin, les chansonnettes napolitaines, la chaleur de l’été, une terrasse dans une rue pittoresque… ça le fait !

16.10.2007

Dimanche 9 septembre - Rome

 

 

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J’ai fait 10 000 plans et puis j’ai fait autre chose…  Trop d’art, peut-être… Aujourd’hui j’avais envie de vivre un dimanche romain, alors j’ai laissé à l’hôtel le wallpaper et le National Geo parce que je ne me baladerai sûrement pas avec ces trucs si je vivais la ville, et j’ai décidé de faire ce que j’aurais pu faire si j’habitais à Rome, les puces, un brunch et … on verra…

 

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J’ai pris un bus à termini qui m’a conduit au bout du bout du Trastevere là où se tient le marché aux Puces de la Porta Portese.

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Amateurs d’antiquité passez votre chemin mais si comme moi vous aimez chiner et dénicher pour quelques euros quelque objet charmant au milieu d’une pile de vieilleries sans valeur et le plus souvent cassées, vous pourriez faire quelques emplettes… Pour le prix d’une pizza et de quelques antipasto, j’ai acquis 4 longs sautoirs de perles, un petit blouson en daim avec des manches ballon et une blouse à lavallière en crêpe de couleur crème…Très Bunuel, très Saint-Laurent, très automne hiver 2007-2008 !

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Et puis, j’ai dû me forcer c’est vrai, mais avec moi le « ce serait dommage d’être à Rome et de ne pas avoir vu le Colisée », ça marche toujours –remplacez Rome et le Colisée parce que vous voulez ça marche toujours je vous dis…

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Il faisait beau, il faisait chaud alors j’ai décidé d’aller faire bronzette au Forum Romain… qui depuis le capitole vous mène au Colisée… à ma grande surprise, j’ai été émue par ces vieilles pierres, peut-être parce que pour la première fois, j’ai laisser mon esprit remonter le temps, j’ai imaginé la vie de ces gens dans ces maisons dans ces rues, dans ces temples… Il faisait si chaud que je me suis assise souvent, il fait si bon rêver à l’ombre des figuiers ou des oliviers…

 

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Jusqu’à arriver au pied du Colisée, que je n’ai pas visité par manque d’envie… cela aurait fait un peu trop d’antiquité romaine en une seule journée à mon goût, j’ai préféré m’offrir une petite gelatte, à la Cremeria Don Peppe, derrière le Colisée, la meilleure je crois de tout mon séjour à Rome… Figue, fraise des bois, citron… Une tuerie !

 

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Je n’ai jamais réussi à trouver la roche de Tarpée, mais c’est vrai que je ne l’ai pas beaucoup cherché, ce que je venais voir au Capitole c’était les trois Caravage de la collection.

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Et puis comme c’était dimanche, et que j’aime le dimanche observer certains rituels, je suis retournée à l’hosteria Romanica, sur la place de Campo di Fiori… J’aime bien l’idée d’avoir des habitudes, ailleurs… Les serveurs m’ont reconnu et salué comme une habituée, en me recommandant les lasagnes…

 

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Plus tard en retournant à l’hôtel, j’ai dévoré avec mes yeux un énorme gâteau de mariage avec tout plein de fioritures : la fontaine de Trévi… je n’ai pas pu me baigner il y avait encore une fois trop de monde !



14.10.2007

Un samedi après-midi au Trastevere

 

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J’ai flâné tout l’après-midi au Trastevere… J’avais envie de ne rien faire, simplement déambuler dans les rues le nez au vent, prendre un verre en terrasse, d’ailleurs j’avais faim… Il faisait chaud, très chaud, le Trastevere est réputé pour ses pizzas mais moi je rêvais de mozarella di Buffala, je sais que l’on n’en trouve vraiment qu’à Naples, tout à côté du site de production, là où les restaurateurs les plus consciencieux, la servent fraîche, très très fraîche… Mais Rome est si proche de Naples, ce serait un avant goût… En vrai j’avais envie de ne rien faire, pas de programmes à remplir, un après-midi à flâner, à me mêler aux gens, humer Rome, enfin…

 

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On décrit toujours le Trastevere comme un quartier très pittoresque, très romain, etc… et je craignais de débarquer dans une version pasolinienne du quartier de la Huchette, mais non… le Trastevere c’est très agréable pour y passer un après-midi, une soirée… Le Trastevere c’est Ménilmontant, aujourd’hui. Pas de petites gens, mais des bobo, des artistes, des wanna be… Moi qui vit à deux pas de Ménilmontant, je ne suis guère dépaysée, il ne me viendrait pas à l’idée de parler de pittoresque - franchement ils exagèrent, vous trouvez ça pittoresque vous un intermittent du spectacle… Ces romains-là, je les connais, ils ont le même genre d’envie et le même genre d’em… que moi, le même genre de vie, en fait…  Et en ce samedi après-midi, il semblerait qu’ils ont tous décidé de se marier, alors toutes les églises sont ouvertes, et leurs intérieurs sont charmants, il aurait été dommage de passer à côté… Même si à Sainte-Cécile au beau milieu de l’office, je n’ai pas osé chercher plus longtemps l’extase du Bernin que l’on dit pourtant sublime, à un moment le prêtre à tourné son regard vers moi, j’étais vu et j’avais moyennement envie d’essuyer une humiliation publique même en latin !



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Une bonne adresse pour une pizza au Trastevere, YVO, Via San Francesco à Ripa, 158. La Marguerita y est légère et goûteuse et l’addition scandaleusement bon marché : 10 euros avec le vin !

 

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Un musée : le palazzo Corsini, via della scalla,  à voir tout spécialement pour le Saint-jean Baptiste du Caravage, la Judith tenant la tête d’Holopherne de Gerard Seghers et Venere Sopra il Corpo di Adone de Giuseppe Ribera.

 

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 un des nombreux Saint-jean Baptiste peint par Caravaggio,

celui-ci est à Rome au palazzo Corsini, c'est un de mes préférés

 

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Venere sopra il corpo di adone, Giuseppe Ribera 

06.10.2007

La méthode à l'Italienne

Dans ce post je vais vous raconter comment un groupe d’une trentaine de personnes, en une dizaine de minutes peut doubler sans violence une queue d’environ quelques kilomètres, puisque le bout de la queue à 100 mètres s’avéra être en fait le bout de la rue, l’entrée des musées se trouvant à 3 rues de là…

Les plus opportunistes de mes lecteurs en tireront quelques conseils utiles pour resquiller à Monoprix ou au MK2, je vous conseille juste de ne pas essayer de jouer à ce petit jeu devant moi : à Paris vous vous faîtes tuer pour moins que ça !


Souvenez-vous dans le précédent post, alors que je m’affolais de cette queue interminable, un ange blond qui se présentait comme un guide m’avait proposé pour 29 euros de rejoindre au tout début de la  queue, un groupe qui avait eu à subir quelques désistements, pour une visite guidée de 2 heures… Je n’aime pas du tout ce genre de plan, mais d’un autre côté je n’arrrivais pas à me faire à l’idée de ne voir de Rome ni la Chapelle Sixtine, ni les Chambres de Raphaël, ni la Pieta de Michelangelo… Un jeune couple originaire de la banlieue parisienne, un américain et moi avions donc accepté de suivre la blonde… Perplexes et contraint…



L’agence était située à mi-queue. Un emplacement très judicieux : derrière nous des centaines et des centaines de mètre d’une queue épaisse, devant nous pareil jusqu'au coin de la rue et après le coin de la rue, combien de rues encore, combien de gens… Bref lorsque notre ange qui se révélait peu à peu pour ce qu’elle était une rabatteuse s’excusa dans un anglais parfait de ne pas savoir dire en anglais que les 13 euros de l'entrée ne sont pas incluues dans les 29 euros de la visite (tu dis no devant included chérie et ça devrait le faire) : on broncha à peine… 42 euros pour éviter 4 heures d’une inutile attente –puisque les caisses ferment dans une heure- et visiter l’essentiel du Vatican… d’une certaine façon c’est pas cher… + 10 euros de caution pour le prêt d’un audioguide, c’est à dire un casque relié à un émetteur qui nous permettra de rester en contact avec notre guide car dans une église un guide ne peut hurler comme une poissonnière à Louxor ! Et par ailleurs,  pour ce que nous nous apprêtons à faire, un minimum de discrétion s’impose, à son signal, nous devrons  réagir bien ensemble aux consignes chuchotées  de notre guide, sans quoi on pourrait quand même se faire attaquer par une horde qui elle patiente depuis des heures !


- Alors voilà susurre la brunette à nos oreilles interloquées, dans un premier temps nous allons rejoindre un autre groupe dans la queue… Pour des raisons de sécurité ( !), on va se séparer en petits groupes de 5 ou 6 personnes, un premier groupe vient avec moi et puis à mon signal un second groupe nous rejoint, pas plus de 6 personnes, c’est le règlement, mais vous allez voir c’est très rapide

 

à son signal, un jeune couple de français, un américain, deux personnes ayant fait vœu de silence et moi nous rejoignons l’intrépide brunette et le premier groupe parti avec elle à deux rues de là, à une trentaine de mètres de l’entrée.

Ils ne sont pas exactement dans la queue. Il sont en bordure de queue. En voie d’intégration, on va dire… Les gens qui nous entourent n’ont pas d’oreillette, nous ne rejoignons aucun groupe, on double c’est tout ! On a commencé à s’en douter un peu à l’agence quand nous nous sommes retrouvés à une trentaine   avec d’autres touristes amenés par d’autres « guides » qui s’excusaient dans un anglais très correct de n'être pas très à l'aise dans la langue de Shakespeare et de s’être mal exprimé sur le coût de l’entrée, une trentaine de personnes ça faisait quand même beaucoup de désistements dans ce « groupe constitué ». Je suis secouée par un immense fou rire… La méthode à l’italienne, j’ai hâte de raconter ça à mon italien à moi !

Toute l’astuce consiste à se tenir en bordure de queue suffisamment longtemps pour que l’on s’habitue à nous voir… Lorsque l’on commence à faire partie du paysage, entendez lorsqu’une bonne vingtaine de personnes sont passées devant nous… La resquilleuse en chef chuchote alors à notre oreille de prendre place dans la queue et d’avancer, comme si l’on se réveillait d’un long moment d’absence … C’est un jeu d’enfants en fait, derrière nous personne ne moufte : on imagine que nous nous sommes fait doubler par au bas mot une vingtaine de personnes, et que l’on reprend simplement notre tour dans la queue…

C’est dégueulasse, hein mais le monde est injuste et seuls les meilleurs rentreront à l’intérieur… je repense au jules américain de Julie Delpy dans « 2 days in Paris » quand dans la file du taxi gare de Lyon, il envoie un groupe de compatriotes fans du Da Vinci Code à pied au Louvre, juste au bout de la rue… qu’est-ce qu’il dit déjà,  peu importe… et place aux images…

 

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 et c'est ainsi que je me suis retrouvée à suivre un parapluie !

 

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inutile d'espérer un tête à tête avec les trésors du Vatican, cet espace est protégé par un cordon! 

 

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Cour intérieure du Vatican, un tout petit pays, mais en Italie tout de même ! 

 

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l'une des nombreuses fresques des chambres de Raphaël 

 

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Le Jugement Dernier, à l'intérieur de la Chapelle Sixtine 

 

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La Chapelle Sixtine, telle que vous ne la verrez jamais : vide 

les photos sont interdites à l'intérieur de la Chapelle de Michelangelo

 

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La Pieta, sublime, Michel Ange encore...

 

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à l'intérieur de la Basilique Saint-Pierre, une surprenante composition

05.10.2007

Un samedi matin à Rome...

Puisque ni mon National Geo –et encore moins mon Wallpaper- ni le gérant de mon hôtel, ni les quelques personnes avec qui j’avais eu l’occasion de m’entretenir sur le sujet n’était très clair sur les horaires d’ouverture du vatican et des musées, j’avais décidé ce samedi de me lever tôt… J’avais la très vague impression que les horaires d’ouverture et fermeture du vatican variaient avec l’humeur des gardes suisses et subissait de très légères variations selon l’horoscope du pape, bref je m’étais mis en tête de me lever tôt… Et j’avais exceptionnellement réglé la sonnerie de mon portable à 7h30 de façon à pouvoir profiter au maximum de la journée… Alors que je réglais l’horloge, l’idée  me traversa que ce bip le lendemain allait m’énerver, mais je décidais de me bipper quand même pour grapiller une demi-heure de Rome supplémentaire…  j’aime lorsque je voyage me coucher tôt et me lever tôt, c’est la curiosité, l’enthousiasme  qui me fait ouvrir l’oeil , et le soir je me couche remplie, fatiguée, satisfaite… Bref j’avais donc réglé le réveil…

Evidemment à 7h30 cette sonnerie qui me tirait des bras de Morphée, me fit tout juste hausser un sourcil agacé… et je décidais aussitôt de m’accorder une petite heure de sommeil supplémentaire… à 8h30, je me levais naturellement et sans effort parce que de la cour, j’avais laissé les fenêtres grandes ouvertes les bruits des voisins me parvenaient : le voisin du troisième cherchait son pull jaune qui était dans la machine à laver, le gamin du second hurlait parce qu’il ne voulait pas, je ne sais trop quoi au juste mais il n’était pas d’accord, dans la cour quelqu’un s’obstinait à faire démarrer une voiture dont le moteur semblait irrémédiablement noyé, et partout en cuisine on s’affairait, métal contre faïence, portes que l’on ouvre et que l’on claque… La vie quoi… Alors debout !

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 le castel Santangelo, un pont sur leTibre et tout au bout la coupole de San Pietro

 

Il était 8h30 et je réussissais encore à me convaincre en toute bonne foi que j’avais bien fait de m’accorder cette petite heure supplémentaire… Après tout j’étais en vacances et parfaitement dans les temps pour me faire un shampoing, parce que je n’aime pas trop mes cheveux ce matin, puis  marcher jusqu’à la place d’Espagne pour prendre un petit déj’ au Gréco avant de rejoindre le Tibre pour flâner le long de ses rives jusqu’au Vatican… Bon autant le dire tout de suite c’est le problème que j’ai avec moi, évidemment, si je prend la peine de faire le calcul, de façon tout à fait rationnelle je sais que 20 mn shampoing + après shampoing, plus 20 mn de marche, plus 15 mn au caffé greco, plus 40 mn de marche font 1h35 mn, et que par conséquent en admettant que de mon lit je saute directement sous la douche, sans prendre le temps ni de faire pipi ni de m’étirer comme un chat, il est tout à fait matériellement impossible en commençant à 8h30 d’être à 9h05 / 9h10 au Vatican, évidemment je le sais, mais je suis dôté d’un sens de l’abstraction suffisamment grand pour penser sitôt devant le miroir que je suis vraiment dans un bad hair day, et que j’ai même le temps de faire un masque (+ 20 mn donc).

Après la lumière était jolie… Je crois que l’on appelle ça un soleil radieux et un ciel si bleu, bref de photos en photos… Il était un peu plus de 10h00, pour être tout à fait exacte 10h00 bien entamé, voire presque 11h00, lorsque je suis arrivée au Vatican…

Et là heureusement j’avais chaussé mes Birkenstork parce qu’en découvrant l’immense cercle, la queue qui s’était formée sur l’immense place devant san pietro, je crois que je serais tombée du haut de mes stiletto !

 

 

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la grande place devant la basilique Saint-Pierre,

je suis  devenue experte en angle insolite pour zapper les shorts et les bobs tellement bien que désolé pas une seule photo disponible pour montrer à quel point la queue est grande -celle-là je la laisse c'est juste pour google

 

 

Quel peut bien être le diamètre de la place Saint Pierre… Bouh au moins… ok… que multiplient 4 à 5 personnes de large par une moyenne de 4 heures à l’intérieur du Vatican… Est-ce que cela vaut la peine… est-ce que j’ai une chance, en admettant que je me lance et décide de faire la queue de parvenir à entrer… Et est-ce que cette queue concerne uniquement saint pierre ou bien également les musées… Je me faufile derrière les statues du Bernin sous les arcades à la recherche d’un panneau, d’un garde… pour faire ce que j’aurais dû faire le premier jour, checker les horaires… Le samedi le vatican ferme à 12h30, après tout je me moque de la basilique, je décide de chercher l’entrée des musées, peut-être la queue y sera moins conséquente et j’aurais une chance d’entrer…

 

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Lundi je pars à Naples, je veux visiter la Rome antique, le Trastevere… Evidemment je peux encore bouleverser tous mes plans , mais maintenant que je suis là j’ai très envie de rentrer à l'intérieur, et aucune envie de faire la queue…

J’en suis là et là de mes réflexions  alors que j’ai pris place tout à la fin de la queue côté entrée des Musées (on passe aisément des musées à Saint Pierre) : est-ce que le bout de la rue à 100 mètres environ c’est le début de la queue ou simplement le coin de la rue et la queue continue après, etc…à quelle vitesse avance cette longue procession… est-ce qu’en me cantonnant à l’essentiel je peux raisonnablement toujours espérer visiter le vatican aujourd’hui… et c’est à ce moment-là qu’un ange vient me voir…

L’ange est un guide qui propose pour 29 euros de rejoindre un groupe qui se trouve tout en début de queue, et de visiter avec eux l’essentiel du vatican ; à savoir la chapelle Sixtine, les chambres de Raphaël et Saint-Pierre, après si on le souhaite on peut aussi traîner à l’intérieur jusqu’à environ 16h00 seules les caisses ferment à 12h30… L’entrée normale est à 13 euros, pour 16 euros de plus je gagne deux bonnes heures, je sauve mon programme et qui sait les explications de cette jeune femme se révèleront peut-être intéressante… habituellement, je fuis ce genre de plan, mais un coup d’œil à la queue me suffit et j’accepte, il serait trop idiot d’être venue à Rome et de n’avoir pas vu ni la Chapelle Sixtine, ni la Pieta… il y a de fortes chances pour que ce soit une arnaque mais j’en prends le risque, non sans lui demander de me garantir que nous aurions le temps…

 

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Dans un prochain post je vous raconterais la méthode à l’italienne ou comment un groupe de 30 personnes parvient à resquiller  sans se faire tuer une queue d’environ 1950 mètres de kilomètres…

04.10.2007

Les pizza, les Vespa et la Dolce Vita...

 

 

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Il y a ceux qui lorsqu’ils voyagent, recherchent le dépaysement… pas moi… moi je suis de ceux qui courent après les clichés… mon voyage il commence dans mes rêves, il se nourrit d’images et de mots, parfois d’une chanson… je cherche à retrouver une émotion familière, je rends visite à mes rêveries, à mon petit panthéon personnel, etc…

Je suis capable d’attendre environ 20 minutes qu’un scooter entre dans le champ pour appuyer sur le déclencheur… J’ai environ 12 millions de photos de vieux bus à impériale, à Londres et de tramways lisboètes sur mon disque dur… et… j’ai fait une très légère fixette sur les piaggio…

D’où me vient cette obsession pour les moyens de locomotion, hé bien j’avoue je ne sais pas bien… aucune envie particulière de photographier les rames vertes et blanches de la ratp, je me contrefous des bus et le vélib est interdit de séjour sur mon disque dur, mais les piaggio, je kiffe trop…

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Par ailleurs, j’avais décidé de mettre à profit mes vacances italiennes pour me forger ma propre opinion et distinguer le vrai du faux, enfin de l’exagéré dans ce que me dit mon italien préféré à moi… et notamment pour essayer d’y comprendre quelque chose en pizza…

Quatre ans bientôt… nous sommes presque un vieux couple avec ses habitudes, et avec le temps on finit par déteindre un peu l’un sur l’autre…

Moi par exemple, il y a quatre ans je pensais m’y connaître un peu en cuisine italienne, en nouilles et en pizza donc, alors qu’en fait non… J’ai été très surprise quand j’ai réalisé que les pâtes ne sont pas justes des pâtes  avec de fantaisistes variations dans la forme mais un goût unique… mon truc à moi c’était les penne, avec du parmesan, avec du thon, de la tomate, du pesto, etc… pffff…

Alors qu’en fait non, à chaque type d’accompagnement convient un type de pâte et un seul… on ne fait pas autrement en Italie… du moins à Naples, patrie de la pizza, déesse des nourritures de la mer, amen… alors je l’ai laissé s’installer aux fourneaux et je dois avouer que si l’on fait abstraction de son comportement d’ayatollah de la pasta, mon chéri aux fourneaux c’est quand même et de loin le meilleur resto parisien…

Et au fil du temps je suis devenue un peu psychorigide de la pâte… Le genre d’humains qui vous regarde d’un air apitoyé s’il vous vient à l’idée de saupoudrer vos linguine alla vongole avec du parmesan… Il n’empêche qu’à J+ 2 de mes vacances, j’ai eu une énorme envie de pizza… C’est vrai, je m’étais promis – limite jurée crachée- d’attendre Naples pour manger des pizza margherita, et de me concentrer lors de mon séjour romain sur les fettucine alla matricianna… en même temps si j’ai aucun élément de comparaison… Bref j’ai demandé au serveur une marguerite… Et lui il a accepté de l’apporter à ma table uniquement après que je lui ai fait une bise, ça se passe comme ça en Italie… Pâte ultrafine, très peu de sauce tomate et mozarella di buffala… moi j’avoue je trouve ça très bon , très léger mais en théorie sur la pizza je suis quand même très calée, quoique n’en ayant jamais mangé… et régularité de la pâte, épaisseur règlementaire de la sauce tomate, mmm… je suis obligée de reconnaître que c’est pas vraiment une pizza….. La vraie pizza a le bord cloqué, boursoufflé, irrégulier parce que p étri à la main, la pâte est bien cuite, etc… en fait si vous voulez être vraiment sûr essayer de demander au pizzaïolo où il est né : la vraie pizza est napolitaine…

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Via venetto… Au mur, une plaque discrête rend hommage au papa de la dolce vita, Federico Fellini… Mais les années 60 sont loin, les cars de tourisme déversent des hordes de sexagénaire aux abords de la fontaine de Trevi, Anita Ekberg à supposer qu’elle vive encore est peut-être parmi eux, et si elle y était qui la reconnaîtrait, cela fait quarante ans que plus aucun paparazzi ne la poursuit… Mastroianni a vieilli et il a mourru… Moi je m’en fous : un paparazzi ce n’est jamais aussi beau que Marcello…La Via Venetto me fait furieusement songer aux Champs Elysées, pourtant au harry’s bar on joue du jazz, pourtant la chanteuse a une jolie voix…Lorsque j’emprunte l’escalier qui mène aux toilettes, je remarque dans une vitrine un vieux rolleiflex, un Leïca et quelques rouleaux de pellicules défaits, comme un ruban qui ferait le lien avec une époque désormais révolue ou Rome était redevenue pour une décennie, le centre du monde…

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