08.06.2008

à propos de sex and the City, Yves Saint-Laurent et moi...

Un dimanche soir à la maison, un dimanche soir qui agonise… Ce week-end j’avais prévu de ne rien faire mais bien évidemment, ma to do list n’était guère plus courte que le week-end précédent… Le week-end est fini, j’ai toujours les sourcils d’emmanuel Chain or les sourcils à Emmanuel Chain n’ont rien à faire sur mon visage, ça ne me sied guère… Par ailleurs, mon appart a toujours l’air d’avoir été mis à sac par des cambrioleurs indélicats, d’ailleurs, c’est une idée, je pourrais peut-être appeler Starky et Hutch pour venir constater les dégâts, vous pensez que si je fais une déclaration de cambriolage, mon assurance me rembourserait les quelques heures de femme de ménage nécessaire à la remise en ordre de la chose… De toutes façons, il faudrait déjà que je trouve la femme de ménage, la perle suffisamment délicate pour que je lui confie les clefs de mon chez moi et suffisamment austère pour qu’elle m’impressionne au point que je n’ose pas mettre le souk chez elle, enfin chez moi, mais dans un nouveau chez moi bien rangé par elle… J’en ai marre d’être bordélique, vous ne pouvez pas savoir à quel point… ça heurte total mon sens de l’esthétique même si grâce à Elle, je sais maintenant que c’est un signe extérieur d’organisation, les bordéliques perdent moins de dossier que les ordonnées, voilà ça c’est fait… Et d’ailleurs c’est vrai moi je ne perds rien, c’est juste que je ne mets pas systématiquement la main sur l’objet que je cherche au moment où je le cherche…

 


J’ai toujours pensé qu’en grandissant j’allais devenir meilleure, que tous les petits trucs pas forcément fondamentaux mais parfois suffisamment insatisfaisant pour bien prendre la tête quand même, à force de travailler dessus, allaient rapetisser jusqu’à disparaître... Alors qu’en fait non 15 ans d’épilation en institut pour ouvrir l’œil et éclairer le visage, et au finish quoi deux semaines à n’avoir pas le temps de le prendre ce fichu rendez-vous, et tu te retrouves avec les sourcils à Emmanuel Chain… Si vous n’êtes pas convaincu par ce que je vous raconte allez donc voir Sex and the City le film , perso en sortant j’ai eu envie d’une énorme crêpe au Nutella , parce qu’une énorme crêpe au Nutella contient toujours moins de Nutella qu’un pot de Nutella, et que sur ce blog on est sensible à l’idée de modération même si ça se voit pas beaucoup… Parce que en gros qu’est-ce que ça nous dit Sex and The City que si on aime Big, et bien on aime Big mais qu’il va quand même falloir se préparer à en chier un petit peu quand même, parce que Big c’est l’assurance de vivre des moments avec un grand M, mais c’est aussi l’assurance de recevoir quelques claques cinglantes en retour quand même… Alors qu’est-ce qu’il faut faire, préférer à Big une lavette, ben pas sûr Miranda à essayer, première conséquence de l’amour avec une lavette pars en banlieue ma fille, oui oui je sais Montreuil, c’est très bobo, mais c’est très loin du Bon Marché aussi et quand tu vois la frénésie de la vie sexuelle de Miranda, transport en commun + sex appeal d’une lavette = les rendez-vous chez l’esthéticienne, ne plus même penser à les prendre, tu feras… Même Samantha a fini par s’empâter à se languir toute la journée de son jeunot et pourtant elle vit à L.A, je pensais même pas que c’était possible de s’empâter à L.A, moi… Ce film m’a ouvert les yeux sur des trucs… Bref, la seule qui s’en sort bien finalement c’est Charlotte, Charlotte elle a des rêves simples, pour peu que vous lui passiez la bague au doigt en posant un genou à terre, elle ne vous reprochera jamais d’avoir l’air niais, faut dire que Charlotte est elle-même un peu niaise… Et sinon, ben si le jules de Charlotte vous inspire juste une énorme envie de lui en coller une et ben : une crêpe au Nutella, une !

 

Non sans déconner Sex and the City le film est d’un hyper réalisme cru… Pas plus difficile à comprendre que le succès des chtis, mais pas vraiment le genre comédie à l’eau de rose avec des filles bien fringuées dedans, ça m’a achevé moi ce truc... Déjà que la semaine avait plutôt pas bien commencé avec la mort d’Yves Saint-Laurent pour m’inspirer quelques pensées mélancoliques… Qu’est-ce qu’il m’émeut Saint-Laurent, ce n’est pas tant le fait qu’il ait voulu nous voir toutes en smoking, qu’il ait transposé un tableau de Mondrian sur une robe de forme trapèze, qu’il ait osé ces see-through blouses que je n’oserais jamais porté mais devant l’audace desquelles je bave, ou qu’il ait inventé cette saharienne à lacet si follement classieusement portée par Verushka immortalisé par Rubartoli pour Vogue en 66… Non Saint-Laurent je l’aime pour ce talent pour la vie qu’il n’avait pas, je l’aime pour son côté albatros, pour ces ailes de géant qui semblent toute sa vie  l’avoir empêché de marcher… il y a une petite fille en moi que l’on choisissait toujours en dernier quand il s’agissait de former une équipe au basket, personne ne me choisissait d’ailleurs , c’est la prof en général qui se chargeait d’annoncer aux autres que j’étais avec eux, et dans ces moments-là il y a un truc que je me disais pour ne pas craquer , ce truc c’était, un jour, ils verront… De fait, ils ont pas vu grand-chose mais avec lui, ils ont vu, combien par la suite ont dû essayer de venir lui taper sur l’épaule pour lui rappeler à Yves Saint-Laurent ce vieux bon temps à Oran où ils venaient lui taper dessus, pire où ils l’ignoraient… Il y a aussi cette photo de Jean-Loup Sieff où il pose nu, avec ses cheveux un peu trop long, et ces énormes lunettes qui viennent lui manger le visage, sur cette photo, il a un faux air de mon pretty man, sauf que mon pretty man était plutôt le genre de garçon dont toutes les petites filles étaient amoureuses, Big quoi, mais Saint-Laurent à un moment de sa vie a été comme ça dandy, sexy, il faut le voir posant à côté de sa sœur ou encore avec Loulou, Victoire, ou Betty… Et puis vieux, l’air un peu niais, le corps encombré, Pygmalion un peu sot au milieu de ces cygnes, ces modèles au long cou, à l’allure de déesse… C’est bien simple, Saint-Laurent il réveille en moi, la mère juive, j’aurais aimé le prendre dans mes bras et lui expliquer qu’il n’y a aucune raison d’être triste quand on a contribué comme lui à rendre ce monde plus beau…

Commentaires

Très joli post ...Entre les rêves et les réalités ...

Ecrit par : Akme | 09.06.2008

tu sais quoi ? On sent que ce post là, il fallait que tu le craches ... Emouvant, humain, stylé, mais surtout nécessaire. Elle a l'air sympa la petite fille dont tu parles ...

Ecrit par : La Fée | 10.06.2008

Merci. Un grand merci, car avec ce début de semaine de m.... et mes p...... de poils sur les jambes pour lesquels je n'ai pas le temps de fixer un RDV chez l'esthéticienne et qui m'obligent à porter des pantalons par 35 degrés, j'avais bien besoin de rire, de pleurer aussi, alors pleurer de rire...

Ecrit par : gnd | 10.06.2008

c'est si juste ce que tu dis sur lui... je ne comprenais pas cette émotion qu'il faisait & fait toujours naitre en moi, à la simple vue de ses traits mélancoliques, & c'est surement comme tu le dis si bien parce qu'il me donnait envie de le prendre dans mes bras pour le bercer, me rappelant la mère que je ne suis pas & l'enfant que je ne suis plus...

Ecrit par : fanny | 13.06.2008

Très beau billet. J'en ai marre moi aussi d'être bordélique mais ne sais pas vivre autrement. Et moi non plus on voulait pas de moi au basket. Mais faut dire aussi que je ne voulais pas du basket...

Ecrit par : Frieda l'écuyère | 28.06.2008

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