23/02/2008

Ma soirée langue de p... a mal tourné... je vous explique...

Chaque année au mois de février, je me réserve une petite soirée à moi toute seule pour m’énerver. Enfin non, j’exagère un peu, plus jeune j’ai fait ma rebelle et plusieurs années de suite j’ai boycotté cette grande messe d’auto-congratulation du cinéma français. À cette époque, je voyais jusqu’à 5 à 6 films par semaine en salle, et j’étais rarement d’accord avec les palmarès que j’avais cessé de regarder en signe de désaccord et de protestation ; il faut dire qu’à cette époque, je voyais encore des films français, maintenant plus trop alors chaque année, ça me fait une petite cession de rattrapage… Bref, je m’informe…

Mais ce n’est pas de ça que je voulais parler, je digresse… Chaque année, au mois de février disais-je, depuis que j’ai atteint une certaine maturité, une certaine sérénité, j’aime à me réserver une petite soirée télé par an pour m’énerver… Je me prépare un petit plateau, j’enfile ma petite nuisette et hop ! au lit pour un samedi spécial cinéma français…

Alors déjà cette année, ils m’ont tout foutu en l’air, Les Césars c’était ce soir, vendredi donc. Pour un peu, je les manquais… Probablement que si j’avais bossé, enfin je veux dire si j’avais été employée par une société pour y fournir un certain travail contre rémunération, je serais passée à côté de l’événement… Mais comme en ce moment, je travaille à la maison, sur un projet qui peut-être n’aboutira jamais, ma petite pause c’est internet, l’équivalent du smirting pour qui peut fumer comme un pompier dans son bureau-lit, sans risquer d’avoir à s’amender de la modique somme de 69 euros (c’est ça ?). Bref , du coup, j’étais déjà en nuisette, j’ai juste eu à préparer le petit plateau tv et hop ! c’est parti pour la soirée-mamie.

Alors pour commencer, et avant que je ne vous parle de mes premiers signes alarmant de dégénéressence, les actrices sur le red carpet… où l’on découvre que le légendaire chic français s’est définitivement laissé surpassé par le chic US, ou bien – engagez des stylistes, les filles ! – parce que les robes RAS… C’est sans intérêt, comme chaque année…

J’ai bien aimé l’allure de Chiara Mastroianni, simplissime et chic dans son fourreau noir, cela reste très classique, mais j’adore ces cheveux lâchés et cette fille embellit de jour en jour, je trouve, on l’a connu post adolescence ingrate, la maturité lui va bien, je l’aime bien…

J’ai trouvé la petite Depardieu assez mal fagotée, dans son costume d’homme, d’une manière générale, je trouve Julie toujours assez mal fagotée, mais d’habitude ça lui va bien, et au final ça lui crée un style bien à elle, un peu notre Chloé Sevigny à nous quoi (bon, là je m’emballe un peu) mais, là, elle s’est juste ratée, je trouve… À côté d’elle, il y avait Ludivine Sagnier à qui elle a offert son César du meilleur second rôle , pas mal, pas très personnel non plus, pas mal…

Au moins cette année, personne n’avait songé à faire découper sa robe dans les rideaux de tata, encore que je reste plus que circonspecte sur le rose très acidulé d’Alice Taglionni, je sais c’est très tendance, mais sur une robe et sur du long ça reste too much pour moi, ou alors il faudrait que ce soit porté par une rousse, là ça deviendrait intéressant peut-être, mais avec un blond californien, c’est Reese Witherspoon dans Barbie à la fac, je crois même avoir vu de la dentelle, et là ça devient « Karlement » Miami – where is Don Johnson…

Puis vint la môme, et ses cheveux tout ébouriffés, je ne serais pas étonnée d’apprendre que la main d’un John Nollet se soit glissée dans ce fouillis, dans une petite robe rose poudrée très année folle, assez égale à elle même, mais son look ne m’interpelle jamais vraiment, j’ai toujours le sentiment qu’elle n’a pas piqué que son coiffeur à Vanessa Paradis, et que l’ensemble tomberait toujours mieux sur la brindille blonde, peut-être manque-t-il à Marion le it-boy à accrocher à son bras… Mais je crois surtout que ce qu’y manque à la plupart de ces filles, c’est la grâce, le chien, un petit truc en plus…

Un petit quelque chose de Jeanne Moreau, peut-être… Même affublée d’une drôle de robe noire dont je ne peux m’empêcher de me dire qu’elle la transforme en sarcophage, Jeanne Moreau, reste Jeanne Moreau… La lippe boudeuse et arrogante, la voix de tenancière de bordel, l’œil qui pétille, l’intelligence, putain quelle classe !

Et c’est là que, allez j’avoue, j’ai pleuré… Et là c’est terrible, je vous explique : je suis en train de me transformer en MA MÈRE… Maman, si tu venais un jour à lire ces lignes, ne le prends pas mal, simplement avoue que tu as la larme plus que facile, et moi aussi mais pas sur le même truc et avoue que, que je me mette à chialer parce que Jeanne Moreau après un discours intelligent et digne sur l’exception culturelle a choisi de transmettre ce César, comme une sorte de témoin, de relais, à la jeune Céline Sciamma réalisatrice d’un très beau, très sensible premier film nomminé mais non nommé La naissance des Pieuvres – j’ai pas dit « la jeune » Céline Sciamma, non j’ai pas dit ! Maman ! sors de mon corps ! ça suffit maintenant ! je ne peux pas avoir dit la jeune Celine Sciamma, alors que cette fille a à peu près mon âge ! c’est TOI qui parle comme ça, pas Moi, moi je suis jeune, c’est moi ta petite fille…

Maman j’ai pleuré, tu te rends compte, ok tu m'as fait, tu sais que je pleure devant sissi et la saga du dimanche après mide sur M6, mais ça avoue que ça normalement moi ta petite fille ça ne me fait pas chialer, dans le meilleur des cas celui-ci, je me tais, Jeanne Moreau, respect madame, dans un cas plus limite, je ne sais pas genre Judith Godreche ou Sophie Marceau se lançant dans un truc similaire, je me marre, si c’est Luc besson, je hurle, mais pleurer, non…

Mais enfin, jamais, jamais, moi ta petite fille, je n’aurais chialé pour un truc pareil… Mes cheveux blanchissent à vu d’œil, ok il faut que je refasse une couleur, ma peau se désagrège et les signes sont encore plus visibles depuis que je me fais du souci… Car je me fais du souci, c’est vrai. Je me fais ma petite fixette. Il faut que je vous remette dans le contexte. Il y a quelques jours, j’ai réalisé que dans quelques jours, un 4 va venir s’aligner derrière la première dizaine de mon âge. Que ça fait des années que je n’ai pas fêté mon anniversaire alors qu’il était encore avouable. Et que là c’est clair que dans les jours qui viennent il faut que je pense à virer mon année de naissance de mon profil face book avant qu’elle ne me trahisse, puisque d’ici quelques mois c’est sûr, je mens sur mon âge… J’aurais 34 ans pendant quelques années, c’est tout, c’est mon âge, je dis ce que je veux, pis c’est tout…


Vous trouvez que j’exagère ?

C’est parce que je ne vous ai pas tout dit… Quelques minutes plus tard, alors que j’avais déjà séché mes émotions, Alain Delon monte sur la scène : pourquoi est-il là, demande-t-il, "et bien tout simplement parce que c’était toi, parce que c’était moi, parce que tu aurais eu 70 ans cette année, parce que nous étions fiancés" et là paf ! une photo de Romy Schneider et Alain Delon apparaît sur le grand écran… Et ? Bis repetita, les larmes, vous savez ce truc incontrôlable qui monte et envahit vos yeux… Pourquoi ? Parce qu’elle était belle, parce qu’elle est morte trop tôt, parce que La Piscine, parce que qu’elle tête aurait-elle eu aujourd’hui… Et parce que vous avez vu quelle tête il a Rocco Le Guépard aujourd’hui ??


Je vous ai convaincu là…


Bon heureusement, il doit me rester encore deux trois neurones, et quand Clothilde Courreau, princesse italienne, en Sainte-Bernadette sous acide est venu nous réciter son couplet sur la grande famille du cinéma français, j’étais du bon côté, du côté de ceux qui ricanaient… À la décharge de Clothilde, une colombe semble s’être scratché sur son bustier juste avant la cérémonie, et il faut bien reconnaître que ça doit faire une drôle d’effet quand l’oiseau de la paix choisit votre buste pour mettre fin à ces jours. Nan ! Chuis méchante, je crois que je l’aime plutôt bien son bustier à plumes blanches porté avec une jupe noire taille haute, en revanche, j’espère pour elle qu’elle s’est fâchée avec son coiffeur parce que là il y aurait de quoi être furax…


Autre moment notable de la soirée la prestation de Claude Berri. Invité par Abdellatif Kechiche à monter avec lui sur scène pour récupérer le césar du meilleur film pour "La Graine et le Mulet"… Était-il bourré ? Malade ? Liquide ? il m’a paru en tout cas très diminué, ou très saoul…


Voilà ! c’est fini et vous remarquerez que je n’ai toujours pas parlé de cinéma. Et bien non les Césars, c’est pour les robes et les gossips, le cinéma, c’est dans les salles qu’il faut aller le voir. Et pour ceux qui ne les ont pas encore vu, je vous recommande vivement : "La Vie des Autres" (césar du meilleur film étranger), "Persépolis" (césar du meilleur premier film, et de la meilleure adaptation) et "La naissance des Pieuvres" de Céline Sciamma qui devra l’an prochain transmettre le César de Jeanne Moreau pour l’ensemble de sa carrière, à un auteur qui aura défendu à ses yeux l’exception culturelle française, sniff…


Pour ma part en cession de rattrapage, ce sera "La Graine et le Mulet", dont je ne comprends même pas comment il a pu m’échapper à sa sortie alors que j’avais adoré "L’Esquive"…

Commentaires

wouah wouah wouah !
effectivement, il vaut mieux être au top avec toi !

tu me mets la pression.
je viens de changer l'aspect de mon bog et surtout viens de poster le début de mon scénario pour les USA.

mon blog : j'écris des romans photos de street style dans Paris et durant les fashion weeks.

mon scénar : un mix entre Seinfeld, Sex and the City et Ugy Betty. Une série que je destine aux USA.

au plaisir d'y voir tes analyses.

Kamel LAHMADI
street style romancer of Paris

Écrit par : Style and the City - Paris | 23/02/2008

je viens d'aller faire un tour sur ton blog, tu as vraiment un bon sens du dialogue, tu sais je crois qu'ils auraient dû t'embaucher pour écrire les remerciements des vainqueurs, cela nous aurait eviter pas mal de "bon.. ben... heu... ", "j'ai la pression..", "hihihi...", c'est quand même incroyable que le seul truc qui était un peu la route c'était le discours du réalisateur de la vie des autres qui avaient pris la peine de s'exprimer en français, avec madame moreau of course, et la lettre d'amalric...

Écrit par : contessa | 23/02/2008

merci merci pour ton sympathique comentaire
ça me ferai plaisir que tu me le laisses dans mon blog car je me sers de vos commentaires, de vos critiques pour améliorer mon scénar et ensuite démarcher les studio en montrant que l'avis d'une communauté vaut 100 000 fois celui d'un directeur de fiction sorti de l'ENA et à qui ont doit navarro, Julie Lescaut et autre navets.

Je recherche des photographes pour me donner un coup de pouce sur la fashion week. ça te tente ?

Écrit par : Style and the City - Paris | 23/02/2008

Moi aussi, j'ai pleuré.
Jeanne Moreau, je l'aime depuis toujours...

Et Romy...avant même la photo, je savais que c'était elle...la plus belle d'entre les belles...mini a côté de moi m'a jeté un regard oblique "mais tu pleures maman...." et bien oui je pleure...."c'était qui Romy ? " alors nous avons abondonné la cérémonie des césars, et je lui ai raconté...

Écrit par : esther | 23/02/2008

kamel : i did it!
les coulisses du défilé Céline, tu penses bien que c'est très tentant, tu peux m'en dire plus je t'envoie un mail...

esther : on est des midinettes, en fait :)

Écrit par : contessa | 23/02/2008

Ok, toi je t aime!

Écrit par : miss chacha | 24/02/2008

Tiens c'est drôle, je voudrais pas faire une remarque trop genre "on est trop pareils toi et moi" (sinon Garance va encore se foutre de moi et de mes commentaires chez toi) mais je signerais ton post volontiers presque sans en retrancher ou y ajouter un mot (excepté peut être pour Clothilde Courreau et aussi puis pour l'indignité obscéne sur la fin de Delon avec ses "mon amour etc" que tu ne mentionne pas ...).

Écrit par : Daubie Daubie | 26/02/2008

miss chacha : ok un césar pour toi
daubie daubie : je sais pas moi la fin j'ai pas entendu je pleurais !

Écrit par : contessa | 28/02/2008

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