03.09.2007

Factory girl - le film

 

 

b0c2470528d45eb2b71afef446a1fb43.jpeg

 

 

J’ai craqué. J’ai été incapable d’attendre sa sortie en salle, au mois de novembre je crois, et j’ai commandé sur ebay US le DVD de Factory Girl. Pas parce que subjugué par sa performance dans le film de Steve Buscemi j’ai décidé de découvrir l’intégralité de la filmographie de Sienna Miller, enfin les films qu’elle fait entre deux séances photos avec des paparazzi qui la poursuivent dans la rue pour savoir combien de jours (d’heures !) exactement elle va mettre pour shopper et porter  la petite robe ou la petite veste de kate. Non Sienna je m’en fiche, moi ma fixette ce sont les muses. Edie Sedgwick pas Sienna.


Et j’ai adoré.


Parce que maintenant je connais un peu mieux cette icône des seventies  dont l’aura est parvenu jusqu’à moi. Je n’ai jamais vu un seul des films de Warhol. Seulement quelques extraits. De Edie,  je connais essentiellement des photos, des pictogrammes. Les grandes lignes de sa bio. Et ça suffit. Ça a suffi pour créer une fascination… C’est ça une muse : une aura… Qui était cette femme et qu’est-ce qu’elle avait de plus que moi… Qu’est-ce qu’elle avait de si fascinant pour que des décennies après sa mort, on se souvienne encore d’elle… Elle n’était même pas une artiste. Juste une image… C’est ça en fait, elle était une œuvre d’art…


Parce que j’ai retrouvé Warhol exactement tel que je l’avais imaginé en parcourant son journal dont le film c’est je crois très largement inspiré au moins et c’est bien normal pour construire le personnage d’Andy.


Parce que Georges Hickenlooper abuse du split d’écran et que c’est parfaitement justifié, à la factory on fait plusieurs choses à la fois et en même temps, et pendant qu’Andy Warhol et Gerard Malenga travaillent sur des sérigraphies, Morrissey peut filmer Edie, alors que Ondine se fait un shoot et que brigid berlin fume une cigarette de marijuana… Georges Hickenlooper réussit à renouveler le genre établi par 24 heures… et en plus je trouve que le split d’écran finalement c’est très seventies…


Parce que j’ai fait gros craquage sur Dark Vador.

cab4e88a90bc0bbc049d4804c0b681c3.jpeg

 


EdieEdie Sedgwick – « poor little rich girl ». Son grand oncle paternel était l’un des signataires de la constitution américaine et du côté maternel ses ancêtres ont bâti New York. Son père s’appelle Fuzzi, il ests culpteur et sa mère est WASP, WASP ça suffit. Un jour ils ont quitté New York pour la côte Ouest. Edie a grandi dans deux ranches. Un jour, un photographe de Life magazine est venu au ranch pour faire des photos de la famille américaine idéale. Edie avait 8 ans. Elle se rappelait très bien de ce jour et tout sa vie elle détestera les photos de famille dans les magazines. Tout ça est tellement arrangé, tellement faux. En ce temps-là quand le photographe de Life n’était pas là, Edie qui avait huit ans essayait de trouver des idées pour que son père ne vienne pas la retrouver dans son lit. Quelques années plus tard, son frère Minty qui était gay et que son père détestait parce que c’était tout de même embarrassant pour la famille s’est tué. On l’avait retrouvé pendu à une corde. A son enterrement, personne ne pleurait,  Edie se souviendra qu’elle avait dû pleuré à la place de toute sa famille.



Andy ou bien Warhol - Andy Warhola. Il a une peau dégoûtante qu’il est obligé de cacher sous une épaisse couche de fond de teint. C’est pour ça qu’il a la peau si blanche et des cheveux si clairs. Il vit avec sa maman dans un petit appartement. Elle ne parle pas très bien anglais, elle a fui son pays la Slovaquie(je crois) pour suivre ce beau garçon qui voulait l’épouser et qui partait aux Etats Unis pour travailler dans les mines. Elle s’exprime dans un étrange sabir d’où il ressort qu’elle aimerait bien qu’Andy se trouve une fiancée. Elle pense que c’est à cause de ça, tous ces problèmes de peau. Andy est un garçon étrange, un peu à part. à la factory il a interdit la drogue mais dès qu’il a le dos tourné Brigit Berlin, ondine ou Gerard Malanga se shootent à travers les vêtements. Ou même parfois tout nus. Ça baise beaucoup à la factory, mais pas Andy. Andy , il aime bien qu’on lui raconte. Il passe des heures au téléphone dans sa baignoire. Il écoute les uns et les autres raconter le sexe, la drogue… Lui, il se confie surtout au prêtre. Il y a deux choses qui obsèdent Andy. L’argent et le succés. Andy est un radin notoire, si vous ne me croyez pas vous n’avez qu’à lire son journal intime, il y consigne tout le détail des additions et le coût du taxi et au moins 100 bonnes raisons de ne pas payer les gens qui travaillent pour lui à la factory. L’autre fixette d’Andy, c’est le succés. Andy ne se trouve pas assez reconnu. Il est envieux. Il n’a pas le succés de Jasper Jones, de Roy Lichtenstein, ou de Jackson Pollok. D’ailleurs il se demande : est-ce que Picasso sait même que j’existe ?



Un jour Edie qui étudie les arts plastiques à Cambridge quitte la fac et part s’installer à New York. En ce début des années 60, c’est à New York que les choses se passent. Elle veut voir Jackson Pollok  s’ennivrer à la vodka et jeter des couleurs sur de grandes toiles. Elle sait qu’il est fou et elle sait qu’il est intéressant. Comme Warhol. Elle dit que ces hommes sont en train de changer le regard que nous portons sur le monde et elle dit aussi que quand on est comme ça la vie est un moment difficile à vivre.

Et Edie rencontre Andy.

Andy est subjugué par cette fille qui danse peut-être parce qu’elle lui ressemble un peu, enfin elle ressemble à la fille qu’il aurait été s’il avait été beau. A ce moment de sa vie, elle est très Jackie avec ses cheveux noirs et longs, mais bientôt elle lui ressemblera un peu plus. Andy-gmalion. Il comprend tout de suite qu’elle est folle de lui. Bientôt elle aura les cheveux blonds et courts comme lui. Elle devient une super star, le prétexte à des films qui racontent une journée de sa vie, n’importe quoi… Il s’agit surtout d’imprimer de la pellicule… et Edie qui avait été une artiste devient une œuvre d’art.

 
Edie
- what do you expert me to do in your movie ?

Andy :
- Oh ! nothing you just have to be yourself ?

Edie :
- which one ?



Andy l’adore. Elle a des relations. Elle connaît des gens qui peuvent acheter les peintures.  Elle a beaucoup d’argent. C’est bien c’est elle qui paye le restaurant. C’est qu’il y a beaucoup de monde à la factory…


Et tout va pour le mieux, pour la première fois de sa vie peut-être elle est heureuse, emportée dans une spirale de films, de fêtes, d'achat compulsif, de drogue et d'art et puis il y a cette relation avec Andy dans laquelle se reflète une Edie qui lui plaît…

Mais un jour la muse s’autorise un petit écart.

 Il s’appelle Dylan, Bob Dylan. Mais dans le film on l’appelle pas. Parce que Bob a  collé un procès à la production, etc...  Il n’a semble-t’il pas aimé être montré comme le type qui arrive à la factory pour un tournage et qui demande à être payé alors que cela ne se fait pas et qu’il est immensément riche,  ou bien il n’assume pas trop le fait d’être le type qui ne comprend pas pourquoi une boîte de soupe Campbell peinte sur une toile peut coûter aussi cher ou bien alorsce qu'il n’assume pas c'est d’avoir abandonné Edie, lui aussi. Pourtant…

 Pourtant Dylan, enfin entre guillemets Quinn, a le beau rôle. Hayden Cristiansen est si sexy. Je n’avais jamais remarqué à quel point il était sexy Dark Vador.  Quinn, enfin Dylan puisque l’on est tout à fait sûr que c’est lui. La première fois qu’il apparaît il a un harmonica et  Edie lui dit qu’il est une sorte de prophète "ultra famous".  Dylan enfin Quinn c’est le prince charmant . Un prince charmant malheureux parce qu’en dépit de tous ses efforts il ne va pas réussir à réveiller à temps la belle au bois dormant… Lui qui aime tant ses dessins, il ne réussira pas à la convaincre. Elle n’échappera pas à son Pygmalion toxique. C’est impossible. Parce qu’elle est une poor little rich girl et que la factory est le seul endroit au monde où on lui a dit : « sois toi-même ». Personne n’est très normal à la factory et d’ailleurs personne ne vous encourage à être normal. « it’s so boring… ». Sois toi même c’est très bien surtout quand on est toute prête à être plusieurs personnes à la fois à défaut de savoir vraiment qui on est…

 
Edie
- what do you expect me to do in your movie ?

Andy :
- Oh ! nothing you just have to be yourself ?

Edie :
- which one ?


Et puis parce que je trouve ça très beau et que je ne sais pas très bien comment finir, l’une des plus jolis scènes du film, une new york telephone conversation parce que l’on se téléphone beaucoup dans Factory Girl…



Andy :
- I wonder if people are gonna remember us…

Edie :
- What ? When we’re dead ?

Andy :
- yeah…

Edie :
- I think people will talk about how you changed the world

Andy :
I wonder what they’ll say about you in your obituary… i like that word

Edie :
Nothing nice I don’t think

Andy :
- Ho no come on… it’d say… Edie Minturn Sedgwick beautiful artist and actress

Edie :
- And all around-loon

Andy :
- Remember for setting the world on fire

Edie :
- and escaping the clutches of her terrifying family

Andy :
- make friends with everybody and anybody

Edie :
- creating chaos and uproar wherever she went… Divorced as many times as she married, she leaves only good wishes behind

Elle rit…
 
Edie :
- Nice isn’t it ?








Commentaires

J'attendrai novembre, mais je ne louperai pas ce film. Je ne connaissais pas Andie. Je ne connaissais pas non plus Candy, autre muse warholienne, que j'ai découverte grace à la sublime pochette du non moins sublime I'm a bird now d'Antony & the Johnsons. Warhol, obsédé par la célébrité, qui nous en a promis un quart d'heure à chacun. Ces gens étaient fascinants dans une époque qui ne l'était pas moins.
Et sinon, heureuse de ton retour. Tu me manquais déjà.

Ecrit par : Frieda L'écuyère | 05.09.2007

merci :) j'aurais adoré avoir vingt ans dans les seventies...

Ecrit par : contessa | 05.09.2007

Sienna Miller a joué dans un film que j'ADORE: LAYER CAKE. Elle a un petit rôle dedans, mais elle est pas mal. Pour l'info, le nouveau James bond, Daniel Craig, a été repéré dans ce film ... Layer Cake est devenu un de mes films culte ! Un gangster à l'allure assez classe décide d'arrêter les traffics divers et de se mettre au vert. Oui mais autour de lui ... Tout le monde n'est pas vraiment d'accord ...

Ecrit par : Rosemary | 22.09.2007

Ecrire un commentaire