30.04.2007

Il était un film de Loïc Prigeant...

J’ignore si Marc Jacobs s’était fait aussi beau tout spécialement parce qu’il savait que Loïc Prigeant allait tourner ce documentaire sur lui et que ce portrait serait de ceux qui restent, mais alors quelle allure, quelle dégaine… Qu’est-ce qu’il est beau Marc Jacobs…

Alors forcément, tout de suite on s’attache, très vite on a envie qu’il dure plus longtemps ce docu…


Décontractée, créatif, nonchalant, éternel adolescent, genre sale beau gosse, doué, bouillonnant et brouillon et pas dupe… et drôle… Tel est Marc Jacobs…


Brouillon et débordant d’idées, un peu comme cet ancien de Canal avec sa PD 170 qui le suit, le poursuit, l’interpelle puis court après les petites mains qui s’agitent dans les couloirs et se livrent à de drôles d’expériences…


Quand sont apparues sur le marché ces petits caméscopes Dvcam au piqué d’images absolument honorable, un peu plus crade et finalement plus intéressant, moins froid que l’image très vidéo, très plate, très froide des béta num, tout le monde ou presque s’est réjoui : les réals et les chefs op qui enfin avaient un outil pour réaliser une image plus piqué, plus film, et les producteurs qui enfin trouvèrent un outil pas cher avec un micro cam qui leur permettaient de virer les ingé son… Et l’on s’est retrouvé avec une caméra qui a le look et l’encombrement du camescope qu’utilise tonton Jean-Jacques pour filmer la bar mitzva du petit dernier et tout d’une grande c’est à dire une qualité broadcast…

 

Cela aurait été  difficile de faire Signé Chanel ou Marc Jacob –Louis Vuitton dans le passé… De même Stéphane Meunier n’aurait pas fait les yeux dans les bleu sans cette petite et voyeuse sony…

 

Parce que pour filmer ce genre de projet il faut une caméra de faible encombrement qui permette de se faire oublier, qui puisse réaliser des images lisibles dans de faibles conditions d’éclairages et l’on avait déjà tout ça dans une caméra 16mm, mais le dvcam ne coûte rien et l’on peut enregistrer jusqu’à 124 minutes sur une même bande quant en film le développement coûte un bras et toutes les 10 minutes on aurait dû couper et changer la bobine.. Quant aux Beta elles n’ont jamais atteint un tel niveau de compactisation…

 

Alors Loïc Prigeant court, il poursuit Marc Jacobs, il le harcèle mais l’américain est joueur… le tournage s’est probablement étalé sur plusieurs semaines personne ne semble s’effaroucher de cette caméra… Le cadre n’est jamais vraiment ni fait ni à faire, le point est parfois hasardeux, les mouvements un peu brutaux mais Loïc Prigeant s'en fout : son cadre est toujours juste, la caméra est toujours là où il faut être, une sorte de complicité s’est noué entre le sujet filmé et celui qui filme… L’histoire s’écrit au montage…

 

Il s’en passe de drôles de choses dans les ateliers de Monsieur Vuitton depuis l’arrivée de cet américain un peu foufou… Dans la javel on trempe les broderies, dans du papier de boucherie américain on demande à Monsieur Lesage de fabriquer des fleurs, et l’on coupe en dix morceaux les sacs Vuitton qui coûtent un bras et ensuite on les assemble entre eux «  i know that you think it’s ugly but it’s exactely what I want : something ugly… »

 

Est-ce que quand la mode ne se préoccupe plus d’être jolie elle devient un art ?

 

Si vous avez vu Marc Jacobs – Louis Vuitton sur Arte alors vous avez déjà une petite idée de la réponse, dans le cas contraire une petite cession de rattrapage en VOD s’impose…

Commentaires

Il était excellent ce docu! et comme c'est la première fois que je viens chez toi, je te le dis: il est chouette ton blog!

Ecrit par : brume | 30.04.2007

C'est drôle, je suis tombée dessus complètement par hasard (du coup j'ai loupé le début). J'ai adoré. C'est rare de pouvoir entrer dans les coulisses de la création.

Ecrit par : maïssa | 01.05.2007

j'ai râté j'étais en ouiken...
mais je vais trouver un moyen de le voir quand même avec mon pote internet ça devrait pouvoir se faire non ?!!!

Ecrit par : solenne | 02.05.2007

Ecrire un commentaire